Quand la bouche se tait, le corps parle

16 septembre 2016 dans Psychologie 0 Partagés

Parfois, nous ne trouvons pas les mots pour exprimer notre douleur et c’est notre corps qui le fait.

Nous ne savons pas nommer exactement ce qui nous arrive pour que les autres puissent nous comprendre.

Cette incapacité à faire coïncider nos mots avec nos émotions est connue, en psychologie, sous le nom d’alexithymie.

Cette incapacité trouve souvent son origine dans un système de communication familiale inexistant ou déficitaire.

Beaucoup des maladies de type psychosomatique nous donnent une piste sur les besoins non comblés de la population : écoute, empathie, affection.

Somatiser signifie transformer une douleur émotionnelle en une douleur physique, peut-être à cause de l’incapacité à exprimer correctement la première.

Une incapacité qui doit être comprise et traitée comme l’origine d’un problème qui a une fonction : communiquer avec le corps ce que notre esprit veut exprimer et ce que notre voix est incapable de retranscrire.

Origine psychologique, symptômes physiques réels dans notre corps

Que les troubles psychosomatiques aient une origine psychologique ne veut pas dire qu’ils ne se manifestent pas dans des symptômes physiques réels.

Ce sont des symptômes qui sont douloureux, gênants et qui interfèrent dans la vie d’une personne et dans son développement.

Il n’est pas étonnant que dans les troubles du moral comme la dépression, on observe des états végétatifs, un changement dans le modèle de sommeil habituel et beaucoup de plaintes somatiques : on somatise la tristesse.

Il existe de nombreux types de dépressions, certains sont caractérisés par l’attitude agressive du patient alors que d’autres par une attitude passive.

Dans les deux cas, on ne communique pas ce que l’on ressent ou on ne communique pas suffisamment et cette sensation se transforme en un mal être psychologique et physique.

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Le prix de la force à toute épreuve mène à la somatisation

Quand nous ne communiquons pas, nous pensons implicitement que nous ne serons pas écoutés, nous ne comptons pas sur les stratégies sociales pour nous faire comprendre ou nous pensons que nous serons rejetés, directement.

Dans un monde où on nous dit qu’être fort est la qualité suprême, personne ne veut traîner des chaînes à ses pieds.

Beaucoup de gens n’expriment pas leur mal être car ils ne trouvent pas les mots pour ou tout simplement car on leur a enseigné que le faire les « exposera ».

Nous ne rejetons pas la faute uniquement sur les parents ou les tuteurs, mais sur la société en général.

On nous apprend tout type de matières, de disciplines, mais celle de nous connaître émotionnellement est souvent mise de côté.

Et soudain, un jour, nous nous sentons paralysés. Nous nous demandons d’où provient tant de douleur et pourquoi notre corps ne nous donne pas des raisons claires qui l’expliqueraient.

Les raisons sont dans l’esprit, mais elles sont anesthésiées.

Le résultat de cette idée est assez évident : nous évitons d’exprimer ce que nous ressentons et quand nous souhaitons nous y pencher, nous ne savons plus pourquoi nous nous sentons mal.

Nous souffrons alors d’une amnésie rétrograde qui nous empêche d’arriver à la véritable racine du problème, et de comprendre pourquoi cette douleur est présente et d’où elle vient.

Le traitement des patients qui somatisent par les professionnels de santé

L’attention complète envers une personne qui vient consulter pour un trouble de somatisation est assez mauvaise en général. Ces personnes ont besoin d’une attention médicale et psychologique certaine.

Parfois, elles sont accusés d’histrioniques, de simulatrices ou de factices alors que cela n’a rien à voir.

À la différence des personnes hypocondriaques, ici la personne n’est pas convaincue qu’elle souffre d’une maladie, mais elle ne sait pas ce qui lui arrive.

Peut-être qu’elle a un système amplificateur des symptômes et se concentre énormément dessus.

Par exemple, une personne au fort degré de neuroticisme peut avoir tendance à rechercher et à vérifier en permanence l’origine de ses symptômes.

Ainsi, cette personne, peut-être plus centrée sur ses symptômes.

Mais pourtant les symptômes sont présents, ils sont réels : maux de tête, mal être gastro-intestinal, fatigue chronique persistante etc.

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Le patient doit être écouté INTÉGRALEMENT, en tenant compte des caractéristiques psychologiques qui peuvent influer sur ses symptômes physiques.

Il faut également évaluer comment ses symptômes physiques empirent le cadre psychologique.

Souvent, quand une maladie somatique n’est pas traitée correctement, elle devient chronique et les conséquences peuvent être terribles pour la personne qui en souffre.

La maladie fait que la personne évite toute activité sociale ou qui altère sa routine, croyant qu’elle évitera ainsi le mal-être et que ses symptômes seront davantage sous contrôle dans son quotidien.

Petit à petit, la personne laisse de côté sa vie pour ne vivre que pour ses symptômes.

Les maladies psychosomatiques sont réelles et ont besoin d’un traitement spécifique et ajusté aux caractéristiques du patient.

Une fois que les maladies biologiques ont été écartées, les professionnels de santé doivent réussir à comprendre ce que veut dire le corps car la bouche se tait, incapable d’exprimer la raison pour laquelle le corps souffre.

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