Comment transformer un enfant en expert émotionnel

· 5 juillet 2018

Nous prenons des centaines de décisions au quotidien. Beaucoup sont prises de façon automatique tandis que d’autres s’appuient sur une réflexion. Si les émotions influent effectivement sur chacune de ces décisions, les émotions intenses peuvent parfois nous pousser à agir contre nos valeurs ou intérêts. Pour éviter que cela ne se produise, il faut être un expert émotionnel… Et c’est précisément ce que nous devons inculquer aux enfants. Nous devons les éduquer en émotions.

Les émotions nous motivent à agir. Elles nous poussent à entreprendre une action. Nous commençons à noter leurs effets au cours de l’enfance, même si peu d’enfants -et d’adultes- s’arrêtent un instant pour y songer. Cette étape est donc propice à l’établissement de bases et à l’acquisition d’outils pour améliorer la gestion émotionnelle.

Ainsi, les émotions ne gouverneront pas l’enfant. Celui-ci, bien au contraire, en pratiquant l’auto-contrôle, mettra l’énergie qui naît de ses émotions au service des comportements en accord avec ses valeurs.

Première étape

La première étape consiste à connaître les émotions basiquesCeci implique, en plus de savoir quelles sont ces émotions, d’être au courant de leurs fonctions. Les émotions basique qu’il faut connaître pour être un expert émotionnel sont : la peur, la colère, la tristesse, la joie, la curiosité, le dégoût, l’amour et, pour les enfants un peu plus âgés, la honte.

Certaines de ces émotions, comme la colère, vont pousser les enfants à donner des coups, à insulter ou à attaquer. En revanche, d’autres émotions comme la joie augmenteront la probabilité de les voir plus ouverts, motivés et généreux.

enfant et chien

Deuxième étape

La deuxième étape vers la transformation en expert émotionnel consiste à reconnaître les émotions. Nous devons être capables de reconnaître nos émotions et celles des autres. Sans l’étape précédente, ce processus est impossible.

Nous ne pouvons pas reconnaître ce que nous ne connaissons pas. Si nous connaissons les gestes, les regards et les comportements qui créent les émotions basiques, nous allons pouvoir les reconnaître rapidement. Il est donc essentiel que les enfants apprennent à identifier les émotions qu’ils ressentent. Par exemple, nous pouvons les aider à être conscients de leur état avec des phrases comme « tu as du mal à rester en place parce que tu es content » ou « tu as envie de frapper ton frère parce que tu es en colère ».

Troisième étape

L’étape suivante consiste à légitimer les émotions que les enfants ressentent. En d’autres termes, nous devons autoriser leurs émotions et les surveiller. Nous pouvons leur dire « il est normal de se sentir ainsi », « je comprends que tu souffres », « nous nous sentons tous frustrés quand nous n’atteignons pas ce que nous voulons » au lieu de « ne pleure pas, ce n’est pas si grave » ou « je ne comprends pas que cela te fasse peur ».

Pour les éduquer émotionnellement, nous devons nous mettre à leur place, avec leurs circonstances. Être empathiques signifie accepter leurs émotions, en leur fournissant aussi des alternatives pour les canaliser, au-delà des comportements tentants et impulsifs induits par l’émotion.

Quatrième étape

Si nous sommes arrivés à ce point, cela signifie que nous sommes prêts à réguler les émotions. Nous ne pouvons pas les stopper mais nous pouvons gérer le comportement qui en découle et le dialogue interne qu’elles mettent en place. Pour gérer un comportement, il faut d’abord établir une différence entre émotion et comportement.

L’émotion est ce que nous ressentons ; le comportement, ce que nous faisons. Ressentir de la colère ne justifie pas le fait de faire du mal à un autre. Nous devons apprendre aux enfants que notre conscience a une marge de décision entre l’émotion et l’action. Et c’est précisément cette marge qu’ils devront travailler.

En continuant avec l’exemple de la rage ou de la colère, nous pouvons leur enseigner des exercices de relaxation ou des façons de se corriger pour ne pas reproduire un comportement nocif.

visages différents : faire de l'enfant un expert émotionnel

Cinquième étape

Réfléchir est un acte mental propre aux humains. Pour être un expert émotionnel, il faut réfléchir aux émotions que nous ressentons et aux sensations, aux pensées et aux actions qui en découlent. Ceci constitue la cinquième étape. Aider les enfants à faire une pause et à réfléchir à ce qui leur arrive va leur permettre de mieux connaître leurs émotions. Ils pourront ainsi mieux les réguler.

Sixième étape

En continuant sur ce chemin, nous découvrons que les émotions ne sont parfois pas adaptativesPar exemple, si nous décrochons une bourse alors que notre amie n’en obtient pas, exprimer notre joie ne sera pas adaptatif.

Dans ce cas, il faut faire preuve d’empathie pour détecter les émotions des autres. Même si notre émotion est différente, nous devons adapter notre comportement à la situation. C’est pour cela qu’il faut enseigner des manières plus efficaces de gérer les émotions aux enfants. Surtout si elles sont désagréables.

Septième étape

La dernière étape consiste à donner un sens ou une explication à ce qui s’est produit. Comme si l’on racontait une histoire. Si une petite fille fait un cauchemar et se réveille en criant et en pleurant, il faut lui dire qu’elle a fait un mauvais rêve et qu’elle a eu peur. Il est essentiel de faire comprendre aux enfants que les cauchemars n’ont aucune raison de se produire dans la réalité.

Passer par ces sept étapes pour transformer un enfant en expert émotionnel n’est pas une chose simple. Cela demande du temps, de la patience et de l’empathie. Cependant, il faut bien penser que quand nous apprenons aux enfants à gérer leurs émotions, nous contribuons à leur offrir un meilleur futur. Nous leur fournissons des ressources pour qu’ils évitent des confrontations et bénéficient d’une meilleure santé émotionnelleNous les éduquons pour qu’ils soient de véritables experts émotionnels.