Vous avez le droit de vous énerver, de protester et de ressentir un mal être

19 avril 2017 dans Emotions 1441 Partagés

Même si on veut vous convaincre du contraire, vous avez ce droit : vous pouvez vous énerver. C’est d’ailleurs un besoin émotionnel. Ressentir la contrariété, l’indignation et la colère de la confusion est la première étape pour affronter un problème. Pensez que si vous vous limitez à ravaler votre colère encore et encore sans affronter ce qui vous fait du mal, vous altérez gravement votre estime de vous-même. Que ce soit bien clair : se permettre de ressentir de l’énervement, ce n’est pas perdre le contrôle, ni montrer sa fragilité. Souvent, influencé-e-s par d’autres, nous avons tendance à confondre termes et idées. Nous savons que quiconque nous énerve nous domine, mais ce n’est pas pour cela qu’il faut désactiver cette émotionnalité négative pour la cacher, la refuser et la nier. Les colères ont un objectif très clair : nous inviter à résoudre une menace concrète.

« Les gênes les plus douloureuses sont celles desquelles nous ne pouvons pas nous plaindre. »

-Marquis de Custine-

D’autre part, nous savons tou-te-s que le quotidien met toujours à l’épreuve notre équilibre émotionnel. Il y aura des personnes qui vivront éternellement offensées et celles qui ne prendront jamais rien de personnel. Chacun d’entre nous avance via un filtre déterminé, avec lequel on laisse passer ou pas certaines émotions et pensées.

Cependant, tout a une limite et une frontière infranchissable. Nous parlons de cette barrière qui intervient souvent de manière arbitraire pour vilipender notre estime de nous-même, pour défaire notre intégrité émotionnelle ou pour nous manipuler. L’énervement a une raison d’être et l’exprimer de manière respectueuse au moment adapté et à l’instant le plus adéquat est quelque chose de cathartique et de très sain.

Nous vous proposons de réfléchir à cela.

S’énerver, protester et donner de la voix à ses émotions aide aussi

Aussi curieux que cela puisse paraître, les livres qui nous expliquent ou argumentent à propos des bienfaits de l’énervement ou de l’indignation sont très peu nombreux. Traditionnellement, on a toujours associé ce type d’émotion à la colère et au manque de contrôle, au manque de tempérance, de tact et de discernement au moment de gérer une certaine contrariété.

Mais il faut savoir que, tout comme dans le processus de deuil, il est nécessaire de franchir le cap vers l’acceptation de ses propres émotions, avant de les canaliser, de les transformer. Savoir ce que je ressens et pourquoi je le ressens est vital pour résoudre une croisade émotionnelle. Nous disions que la bibliographie sur ce sujet est mince, mais il existe heureusement un livre aussi intéressant qu’éclaircissant : Annoying (2011), des scientifiques Joe Palca et Flora Lichtman.

Dans ce travail, on approfondit sur le sujet de l’énervement à partir d’une approche pluridisciplinaire où la neuroscience, la sociologie, l’anthropologie et la psychologie sont présentes. La première chose que ces chercheur-se-s nous révèlent, c’est que l’on compare souvent les énervements à la colère, à la frustration ou à la répugnance envers quelqu’un ou quelque chose. Ce n’est pas vrai et les expert-e-s proposent ici de comprendre les énervements comme des émotions uniques et exclusives.

Un énervement n’arrive jamais à cause d’un acte ponctuel. C’est une accumulation de ‘beaucoup de petits actes qui forment un tout’. C’est comme un moustique qui vole dans notre chambre chaque nuit, à tel point que nous n’arrivons plus à dormir et nous sommes incapables de focaliser notre attention sur autre chose que ce moustique. Cependant, et c’est ici qu’intervient le plus important : sans gêne, il n’y a pas de possibilité de changement. C’est-à-dire que cette émotion négative a un objectif : elle veut que nous agissions.

S’énerver de manière intelligente

Charles Darwin a dit un jour que les émotions négatives, comme la peur et la colère, sont des avertissements qui nous conduisent à mettre en marche des comportements appropriés afin d’éviter ou de se défaire d’un danger. Prêter attention à ce qui nous gêne, nous indigne et nous fait perdre notre calme est une preuve de compréhension de soi. Agir en cohérence avec ces émotions démontre sans aucun doute notre intelligence émotionnelle.

« Éloigne-toi des petites gens qui souhaitent rétrécir votre vie et vos ambitions : ce sont les plus dangereux. »

-Mark Twain-

Voyons à présent comment nous devrions agir dans ces cas et quels sont les aspects qu’il est important de délimiter pour comprendre cela.

Les 4 lois de l’énervement intelligent

La première loi et pas la moins importante consiste à comprendre que quiconque vit éternellement offensé-e est voué-e à un malheur éternel. Il y a des batailles qui ne méritent pas d’être livrées, il y a des aspects qui ne méritent pas notre attention et des conversations qu’il vaut mieux ne pas commencer ou ne pas alimenter.

  • Énervez-vous pour ce qui menace vraiment votre équilibre personnel, mettez de la voix face à ce qui attaque votre estime de vous-même et défendez-vous avec fermeté quand quelqu’un ose vous faire du mal.
  • La seconde loi fait référence à quelque chose d’évident : se défendre avec respect est possible. Se disputer de manière assertive et sans agresser verbalement celui qui se trouve face à nous est essentiel. Quelque chose que l’on peut et que l’on doit faire via l’Intelligence Émotionnelle.
  • La troisième loi a des étapes très claires qu’il faut intérioriser : écoutez, ressentez, éclaircissez et agissez. Autrement dit, écoutez tout d’abord la stimulation qui vous offense ou vous fait mal. Ensuite, prenez conscience de vos émotions, et ressentez l’énervement. Plus tard, respirez et mettez en ordre vos priorités.

« Je dois agir et mettre des limites en signifiant que je ne veux que l’on me traite de cette façon. Je ne dois pas laisser l’énervement m’immobiliser au point de m’empêcher de penser. Je l’utiliserai pour agir de manière intelligente. »

  • La quatrième et dernière loi pour s’énerver intelligemment est l’apprentissage. Chaque situation résolue, affrontée ou chaque besoin défendu doit nous apprendre que l’inactivité, le silence et le fait d’avaler des émotions fait mal et rend malade.

Il ne faut pas avoir peur des émotions négatives. Au contraire, les comprendre et les gérer est la clé authentique de notre croissance personnelle.

Images de Nicoletta Ceccoli

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