Une meilleure communication passe par le silence

· 23 novembre 2016

Généralement, nous pensons que le silence de l’autre dans une discussion nous donne raison, mais ce qui est certain, c’est que ce silence nous permet de réfléchir et de nous écouter, surtout si notre discours est plein de reproches.

Tenez compte du fait que qui ne dit mot ne consent pas toujours, mais que parfois le silence vous permet de vous rendre compte des dégâts pouvant être causés par les mots que vous lancez sans y réfléchir au cours d’une dispute.

Se taire et écouter ne devraient pas être des signes de faiblesse mais plutôt d’intelligence, de respect et de compréhension envers l’autre ; si tout le monde crie, alors personne n’écoute ni n’apprend.

Si tout le monde crie, nous perdons la raison, nous parlons sans peser nos mots, qui perdent alors tout leur sens ou, pire encore, qui deviennent des projectiles emplis de critiques qui ne nous apportent rien, et qui ne font que nous blesser.

 


« Le chemin vers toutes les grandes choses passe par le silence »

-Friedrich Nietzsche-


Nous sommes esclaves de nos mots

Souvent, les mots ne sont pas portés par le vent, mais s’enfoncent comme des poignards dans le coeur de celui à qui ils sont adressés.

N’essayez pas de panser un coeur blessé, percé par vos mots, taisez-vous avant qu’il soit trop tard, réfléchissez et mettez-vous à la place de l’autre.

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Quand les disputes se ressemblent et se répètent sans qu’on n’arrive jamais à un accord, bien souvent, se produit ce qu’on appelle une « escalade émotionnelle ».

Cette escalade consiste à reprocher la raison de votre colère sans pour autant cesser d’écouter le point de vue de l’autre.

Finalement, le ton votre « adversaire » monte, ses réponses prennent la même forme que les vôtres, et la communication effective est alors rendue impossible.

Si l’un se tait, il écoute mais ne se montre pas soumis ; il réfléchit, essaie de faire preuve d’empathie, et parviendra à améliorer la communication.

Pour ce faire, le silence peut être un grand allié. Dîtes-vous qu’une personne qui sait communiquer a recours au silence afin de voir en quoi elle s’est trompé et comment elle peut améliorer sa prochaine réponse.

 


« Le silence est le bruit le plus fort, peut-être le plus fort de tous les bruits. »

-Miles Davis-


Dans le silence, les mots acquièrent la valeur qu’ils méritent

Le silence, si tant est qu’il ne soit pas mal interprété, permet d’apaiser les tensions. Il y a déjà eu un temps pour la réflexion, et on a déjà cherché un point de rencontre avec l’autre, ce qui nous mène à communiquer avec l’autre et à lui faire part de ce qui nous dérange.

C’est alors que nous comprenons que notre point de vue n’est pas le même que celui de notre « adversaire communicatif », et qu’on ne ressent pas la même chose parce que nous sommes tous deux des personnes différentes.

C’est pourquoi nous devons expliquer notre façon de voir les choses le plus clairement possible, et exprimer nos émotions sans blesser l’autre. Pour ce faire, le recours aux « messages-je » est très utile.

Les messages-je ne comportent aucun reproche, mais viennent de ce que nous (je) ressentons, pensons, opinons ou désirons. Ainsi, on met de côté la culpabilisation de l’autre sans pour autant cesser de manifester ce que nous ressentons.

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Par exemple, un message-je peut se traduire par des formules telles que « je pense/je sens/je crois que… », qui viennent dont remplacer les typiques « parce que tu as fait/tu as dit/tu m’as fait ressentir… ».

Ces messages sont des moyens de communication complète.

Autrement dit, on peut commencer par décrire la situation ou ce que fait l’autre sans pour autant porter un quelconque jugement, puis introduire le message-je, et enfin terminer avec une éventuelle forme alternative de ce qui est arrivé.

Voici un exemple complet :

  • Description de la situation : hier soir, quand nous avons dîné avec nos amis à la maison, tu ne m’as pas aidé à mettre la table.
  • Message-je : j’ai l’impression d’être un enfant à ton service plutôt que ta femme.
  • Forme alternative de ce qui est arrivé : j’aurais aimé que tu mettes la table avec moi.

Adopter un tel mode de communication, c’est une question d’habitude. Ecouter, réfléchir un moment en silence et répondre, cela ne sera pas automatique pour nous au départ sans un minimum d’entraînement.

Si on passe toute notre vie à communiquer différemment, il n’est pas étonnant qu’au départ, cela ne soit pas naturel pour nous.

On peut même avoir l’impression de perdre quelque chose, mais avec le temps, nous serons en mesure d’établir des relations avec les autres bien plus ouvertes et bien plus fluides.