Appréciez les bonnes choses de chaque personne, car le kit complet est dur à obtenir

11 juin 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Nous faisons face à une multitude de contradictions. Il est difficile que celles-ci soient uniquement et exclusivement liées à notre identité seule. Même si nous le faisions en nous isolant ou en essayant de le faire dans un lieu éloigné de la planète pour oublier tout et tout le monde, nous-mêmes sommes d’ores et déjà une partie de ce que nous avons vécu avec eux.

En un seul jour, nous pouvons vivre une authentique montagne russe d’émotions dans notre relation avec les autres. Tout cela peut nous paraître infiniment ridicule, absurde, incohérent ou incroyablement stimulant, et cela a des implications cognitives et émotionnelles.

En prenant en compte ce que nous venons de dire, nous soulignerons une célèbre phrase que Sigmund Freud prononça un jour : “La névrose est l’incapacité à supporter l’ambiguïté.” De cette observation, nous pouvons comprendre que la réalité devient difficile avec trop d’éléments contradictoires, mais notre santé psychologique dépend de l’acceptation et de la tolérance de ceux-ci. Nous allons analyser comment y faire face.

L’ambiguïté constante dans notre relation avec les autres

Un jour ordinaire, vous vous levez et vous commencez à parler avec une vieille copine d’école. Vous êtes content-e de pouvoir lui reparler, tout paraît couler à la perfection. Tout du moins, c’est ce qui semble être le cas, parce que de tout à coup, vous entendez un avis inattendu à propos du sujet des réfugié-e-s.

Vous voulez vous éloignez de ce moment, de ce commentaire malencontreux différent de votre façon de penser, vous voulez continuer à la voir de la même manière. Mais ce commentaire vous a perturbé-e et vous ne pouvez vous empêcher de repenser à ce qui vient de se passer.

D’un autre côté, vous avez rencontré un garçon. Il ne pourrait pas être plus proche de vous au niveau idéologique. Vous partagez les mêmes valeurs, mais dans les distances courtes, la relation est loin d’être idéale. Les silences s’entrecoupent, les regards se fuient dans un mal-être froid, et le temps devient trop long.

La relation, sur le plan intellectuel et virtuel, semblait plus intéressante. Les valeurs présentées “a priori” ne supplantent pas le manque de bons comportements. La fermeté et la conviction qui, de loin, vous paraissaient excitantes, ont laissé place à la brutalité du désenchantement. Vous avez été victime de la désillusion des attentes.

Les attentes : le prélude de nos déceptions

Nous sommes plongé-e-s dans une contradiction constante entre ce que nous pensons des autres, ce que nous espérons qu’il arrive et ce qui se passe finalement avec les gens. Nous fabriquons en permanence des attentes qui s’écroulent l’une après l’autre sans nous laisser l’opportunité de ne pas nous décourager.

Il semble que face à tant d’ambiguïté, la névrose est une issue irrémédiable. Que faire à part réfléchir, quand rien ne coïncide ? La question suivante est : pourquoi les choses doivent-elles coïncider ? Jusqu’à quel point faut-il faire évoluer nos positions par rapport aux autres pour parvenir au bonheur ? Est-ce que la relativité morale est le début du manque de principes ou, au contraire, le premier pas pour rendre tout plus agréable ?

Mujer sola mirando el mar

Des questions et des questions pour arriver à ce que la complexité mentale se traduise en un comportement plus simple. Substituer notre frustration cognitive par un vrai engagement civique, un activisme social ou une coopération citoyenne. Vous ne pouvez changer le monde, mais parfois, aider quelqu’un en difficulté peuvent vous permettre de garder un bout du meilleur de lui. C’est acquérir le kit complet.

L’origine de notre névrose par rapport aux changement et aux différences personnelles

Si nous ne sommes pas prêt-e-s à accepter la diversité, cela vient d’une éducation basée sur la peur, sur la censure, sur le fait d’imposer des règles constantes pour éviter le chaos social. Nous augmentons les ressources de l’éducation pour éviter des catastrophes, pas pour créer des paradis où il est normal de vivre tranquillement et où il existe une possibilité de se réfugier si une catastrophe arrive réellement.

Voilà pourquoi nous évitons et nous censurons ce qui ne nous convient pas chez les autres. De cette manière, nous avons l’air de nous protéger et de nous définir, mais nous ne parvenons en réalité qu’à nous éloigner et à rester déprimé-e-s et frustré-e-s. Nous finissons par devenir amer-ère-s et à gâcher la vie des autres. Quelquefois, nos grands principes se traduisent par un comportement quotidien qui laisse beaucoup à désirer.

Nous voulons le kit complet, mais accepter les autres nous confère de la tranquillité

Nous voulons le kit complet et parfait d’une personne, mais dans la réalité, nous nous rendons compte que quand nous l’avons, il ne règle en rien nos “défaillances”. Laisser de la place à quelque chose qui ne nous plaît pas est excitant, enrichissant, et c’est l’essence de ce qui fait le monde : la diversité dans le sens le plus complet du terme.

Accepter la diversité ne veut pas dire cesser d’être qui nous sommes et avancer vers là où nous voulons aller. Pour sortir de la névrose, il nous faut nous poser une série de questions :

  • Croire en des principes ne peut pas se traduire par un mauvais traitement envers les autres. Que nous ayons des avis divergents sur de nombreuses questions ne peut pas nous transformer en des êtres capables de préserver des règles d’éducation basiques. Si nous percevons de l’offense ou du mépris, il ne nous faut pas pour autant agir de la même manière. Garder de la distance n’est pas seulement rester cordial, dans ces cas-là, c’est faire preuve de sagesse.
  • Chaque fois que vous vous laissez envahir par le mal-être à cause de commentaires qui ne sont pas en votre faveur, vous laissez moins de place à tout ce qui vous passionne et aux personnes qui, à ce moment de votre vie, vous apporte en revanche du bien-être.
  • Explorez de nouveaux chemins de compréhension avec les personnes avec lesquelles vous avez des différences notoires. Personne ne découvre de nouveaux chemins en empruntant ceux qui sont déjà tracés ou qui comportent déjà les mêmes “décors lourds” que d’autres fois.

Comme dernière réflexion, il faudrait nous demander s’il ne faudrait pas tracer une échelle dans laquelle nous positionnerions ce que nous ne tolérons pas du tout et ce qui provoque chez nous seulement quelques doutes. Si une personne qui maltraite un animal n’entre pas dans la même case que quelqu’un qui vous a mal parlé un jour, alors il vaut mieux convenir qu’il existe une différence entre l’insupportable et le dérangeant. Face au premier type d’ennui, l’intransigeance peut nous aider, mais pas face au second.

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