Enfants réfugiés : coeurs blessés en quête d’espoir

· 31 août 2016

Le drame que vivent les enfants réfugiés ainsi que leurs familles va bien au-delà d’un désastre humanitaire dont on ne devrait jamais revoir le visage.

Leurs coeurs blessés convoitent l’espoir, sans aucun doute, mais leurs esprits d’enfants ainsi que les traumatismes psychologiques auxquels ils auront à faire face laisseront une trace en eux qu’ils ne surmonteront probablement jamais .

Nous ne devons pas oublier que les enfants partent intuitivement du principe que leurs parents sont capables de les protéger de tout danger.

Quand cela n’arrive pas, quand ils perdent des membres de leur famille et que le monde s’effondre autour d’eux pour ne plus laisser place qu’à l’atrocité et le chagrin, quelque chose se rompt dans leur esprit.

 


Des réfugiés, arrachés à leur pays d’origine, à leur foyer, à leurs racines… Des adultes qui emmènent avec eux ces enfants qui veulent seulement avoir un futur, voir un souffle d’espoir sur ces visages qui ont oublié de sourire et qui se souviennent à peine de ce qu’est le bonheur.


 

Le soutien psychologique doit également faire partie de cette aide humanitaire indispensable dont ont besoin tous les camps de réfugiés actuellement établis sur nos frontières.

Les adultes, mais surtout les enfants en bas-âge et les adolescents, ont besoin d’un soutien mental grâce auquel ils puissent panser ces blessures qui ne se voient pas sur la peau, mais qui peuvent rester pour toujours dans leur esprit, dans leur âme…

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Le drame des enfants réfugiés

Une minute de journal télévisé ne suffit pas pour comprendre la situation qu’en sont arrivés à vivre ces enfants et leurs familles.

Les réfugiés syriens, par exemple, portent un poids bien plus lourd que celui des rares affaires qu’ils ont pu conserver et prendre avec eux.

En effet, ils portent aussi ce fardeau indélébile de massacres, de viols, de bombes, de franc-tireurs et de quartiers entiers n’étant alors plus que des décombres.

Nombreux de ces enfants quittent leur pays d’origine avec leur famille en direction de la mer Méditerranée sur un simple radeau empli de gens et munis d’un gilet de sauvetage de mauvaise qualité.

Voilà les seuls moyens dont ils disposent pour atteindre ce monde meilleur dont leur ont parlé leur mère, leur père ou leurs frères et soeurs.

Or, la mer est trompeuse, et, parfois, un nouveau traumatisme s’ajoute alors à leur esprit d’enfant déjà bien fragmenté et habité par trop de caves obscures.

Jan Kizilhan, expert en psychologie infantile, a déclaré dans la Société Allemande de Médecine Infantile et Juvénile de Munich qu’un enfant réfugié sur cinq souffre de stress post-traumatique et que la plupart d’entre eux auront des séquelles psychologiques à vie.

Voyons maintenant cela plus en détails.

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Les effets de la guerre et du déplacement des enfants réfugiés

Des organismes, tels que l’International Medical Corps, ont effectué il y a quelques mois des tests psychologiques auprès de 8000 réfugiés syriens qui se trouvaient à la frontière jordanienne.

En voici les résultats :

  • 28% des adultes étaient si désespérés qu’ils se sentaient presque paralysés. 25% ont déclaré qu’ils ne voulaient plus continuer à vivre. Le reste a affirmé que toute la force qu’il leur restait venait du besoin d’offrir un futur à leurs enfants.
  • De leur côté, les enfants qui étaient dans des camps de réfugiés souffraient de migraines, de diarrhées, d’incontinence urinaire et faisaient des cauchemars ; tout autant de symptômes évidents d’un grave stress post-traumatique et de maladies psychosomatiques que leurs parents ne savaient pas comment soigner.
  • Le cadre clinique des enfants réfugiés est presque toujours le même : renfermement sur soi, graves troubles du sommeil, dépression et un stress qui mène à revivre des faits traumatiques jusqu’au point de ne plus pouvoir faire la différence entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.

Comme on peut donc le voir, la mauvaise santé mentale de toutes ces personnes et surtout des plus petits est quelque chose qui va au-delà du froid et de la faim.

Il est ici question de blessures internes qui perdureront à l’âge adulte et qui forgeront un caractère basé sur le désespoir : et il n’y a rien de plus désolant qu’un enfant qui ne se souvient pas de ce qu’est un sourire ou qui ne peut pas voir son futur avec espoir.

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Comment mener à bien le soutien psychologique des enfants réfugiés

La société ainsi que la politique internationale sont les seuls qui puissent faire le premier pas et apporter une solution réelle et réalisable à ce problème.

Le soutien psychologique qui peut être offert à un enfant et à sa famille sur le camp ne sera pas suffisant pour atteindre une amélioration sur le long terme.

  • Les enfants réfugiés ont besoin de stabilité, d’un environnement de vie sûr, d’habitudes et d’un quotidien au cours duquel ils puissent commencer à avoir confiance en eux.
  • Quelque chose d’aussi essentiel que de pouvoir aller à l’école de nouveau et normalement ainsi que de se forger des habitudes leur permettra de pouvoir arrêter de s’inquiéter pour leur famille et pour eux-mêmes. Ils doivent retrouver une « sensation de sécurité et de contrôle » sur leurs propres vies.
  • Une fois ces besoins essentiels satisfaits, on pourra commencer à travailler avec eux sur leurs peurs, leurs souvenirs, et bien sûr, leurs traumatismes.
    Certaines stratégies, telles que le dessin, par exemple, peuvent les aider à canaliser bon nombre de ces horribles souvenirs logés dans leur esprit.

Tous les enfants disposent de cette qualité appelée résilience, grâce à laquelle ils peuvent surmonter cet horrible passé.

Par le biais d’une psychothérapie adéquate couplée à la tendresse familiale ainsi qu’une société capable d’accueillir, de mélanger et d’intégrer, on pourrait sans doute leur offrir une seconde chance.

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Nous espérons que la politique actuelle prenne des directions plus adéquates, de façon à ce que la gestion de nos ressources naturelles soit davantage axée sur un bien-être global plutôt que sur le bien-être individuel de chaque pays, chaque maison ou chaque individu de façon compétitive et féroce.

Car l’horreur n’a pas de patrie ni de drapeau, et la souffrance de toutes ces familles ainsi que de leurs enfants est un appel que l’on ne devrait pas négliger.