9 types d’anxiolytiques : les médicaments contre l’anxiété

· 31 août 2017

Nous savons que la souffrance psychologique se résout difficilement avec des médicaments (même si on peut y trouver un soulagement momentané) et que les anxiolytiques ne font pas disparaître ce « chef toxique » qui nous pompe de l’énergie, les envies et la joie. Mais, ils aident, ils réduisent le mal être émotionnel et facilitent l’efficacité de la psychothérapie et l’approche pluridisciplinaire.

Les sociologues disent que nous vivons dans une société dystopique. Nous sommes dans un monde où l’on vend des millions de livres sur les meilleures manières d’être heureux-ses. Nous aimons mettre des filtres sur nos photos pour offrir aux autres une image de perfection absolue. De sourire parfait, de bonheur idéal. Car être heureux-se fait vendre. C’est ce à quoi nous aspirons tou-te-s et pourtant, en nous et dans la pénombre de notre maison, les démons et les peurs nous rongent, et l’ombre de ses anxiétés nous rattrapent.

« Nous traitons le deuil et la peur avec des médicaments comme si c’était des maladies. Ce n’en sont pas. »

-Guillermo Rendueles, psychiatre-

L’industrie pharmaceutique essaie de créer des médicaments psychotropes de plus en plus sophistiqués, avec moins d’effets secondaires et à l’action plus immédiate. À tel point qu’il existe plusieurs types de médicaments pour chaque douleur de la vie, ceux que les médecins traitants nous prescrivent parfois trop facilement au point de générer des dépendances chez des personnes qui, peut-être, auraient résolu un problème ponctuel via une stratégie non-pharmacologique.

Mais le problème est bien présent. Il y a des pathologies d’origine endogène au caractère réactif provoquées par le stress et qui sans aucun doute, demandent une stratégie psychologique. Quoi qu’il en soit, les anxiolytiques sont indispensables dans de nombreux cas, sans aucun doute, mais toujours pendant un temps déterminé pour éviter de tomber dans une spirale médicalisante. Une spirale où les effets secondaires sont parfois plus nocifs que la symptômatologie.

Aujourd’hui, nous allons parler de tous ces types d’anxiolytiques présents sur le marché pharmaceutique et qui ont pour objectif de traiter des processus liés à l’anxiété, à l’insomnie, aux troubles de la panique etc.

Les principaux types d’anxiolytiques

Les personnes qui ont eu besoin ou qui ont besoin d’un traitement pharmacologique pour réduire leur anxiété savent qu’en général, il est fréquent de devoir essayer plus d’un médicament, de changer la dose de temps en temps et de réaliser un suivi de ses sensations et des possibles effets secondaires.

  • Chaque personne réagit différemment à un type d’anxiolytique. Ainsi, il est conseillé de compter sur la supervision de bons professionnels pour qu’ils nous guident dans le processus.
  • Les anxiolytiques, les sédatifs et les hypnotiques sont des médicaments qui fonctionnent sur le système nerveux central pour soulager l’anxiété ou nous aider à trouver le sommeil.

De même, il est important de se souvenir du mécanisme d’action des anxiolytiques :

  • Ce sont des sédatifs, ils ralentissent les fonctions du corps.
  • Ce sont des médicaments psychotropes qui agissent sur le système nerveux central. C’est-à-dire que non seulement il détendent mais que nombre d’entre eux ont aussi des effets sédatifs, anti-convulsifs et amnésiques.
  • Leur mécanisme d’action est en général simple : ils augmentent l’effet d’une substance chimique cérébrale appelée GABA (acide γ-aminobutyrique). Il s’agit d’un type d’inhibiteur cérébral qui détend et réduit l’activité des neurones.

Voyons à présent en détail quels sont les principaux types d’anxiolytiques.

1. Les benzodiazépines

Les benzodiazépines font partie de la « famille » des anxiolytiques les plus courants et utilisés de nos jours. En plus d’agir sur la substance GABA, ils ont aussi un impact sur le système limbique, inhibant l’activité de la sérotonine dans cette région du cerveau.

  • Les médicaments les plus fréquents dans cette typologie sont sans aucun doute le diazépam, le lorazépam, le bromazépam, le alprazolam ou le clorazépate, que nous allons décrire par la suite.
  • La plupart d’entre eux entraînent une relaxation, un soulagement de la tension cognitive et un effet plus ou moins sédatif selon le type de médicament.

De plus, selon leur durée et leur effet sur notre organisme, nous pouvons réaliser le classement suivant :

Les anxiolytiques à vie courte (leurs effets peuvent durer jusqu’à 8 heures) :

  • Bentazépam
  • Clotiazépam
  • Cloxazolam

Les anxiolytiques à vie moyenne (leurs effets durent de 8 à 24 heures) :

  • Alprazolam
  • Bromazépam
  • Camazépam
  • Clobazam
  • Lorazépam
  • Oxazépam
  • Oxazolam
  • Pinazépam

Les anxiolytiques à vie longue (leurs effets durent plus de 24 heures) :

  • Clorazépate dipotassique
  • Clordiazépoxide
  • Chlordiazépoxide + pyridoxine
  • Diazépam
  • Halazépam
  • Medazépam
  • Prazépam

Il faut savoir que les effets secondaires liés au benzodiazépines ne sont pas aussi graves que ceux qui avaient lieu avec les premiers anxiolytiques : les barbituriques. De plus, sachez que l’administration et la consommation de ces médicaments psychotropes ne doit jamais excéder 4 ou 6 semaines. Sinon ils peuvent déclencher une dépendance.

D’autre part, les effets secondaires liées aux benzodiazépines sont les suivants :

  • La somnolence
  • Les nausées
  • La confusion
  • Le manque d’équilibre (surtout chez les personnes âgées)
  • Les troubles de la parole
  • La fragilité musculaire
  • La constipation
  • La bouche sèche
  • La vision floue

2. Les barbituriques

Nous en avons parlé : avant que n’arrivent sur le marché les benzodiazépines, les barbituriques étaient les seuls anxiolytiques dont disposait la population pour le traitement de l’anxiété. Depuis que le prix Nobel de chimie Emil Fisher a découvert le barbital en 1902, il est devenu une ressource dangereuse mais efficace, capable d’agir comme un sédatif du système nerveux central de manière immédiate.

Plus tard, en 1963, l’entreprise « Roche » a lancé le fameux valium et avec ce médicament, l’ère des benzodiazépines s’est déclenchée. Une année avant que Marylin Monroe se suicide -supposément- avec une ingestion élevée de barbituriques.

Mais, pourquoi a-t-on cessé d’en prescrire pour le traitement de l’anxiété ?

  • Les barbituriques et tous ces médicaments qui contiennent de l’acide barbiturique génèrent une forte dépendance psychologique et physique.
  • De même, la ligne qui sépare ce que l’on considère comme une dose normale d’une dose toxique est très fine.
  • Son mécanisme d’action se base sur le fait d’empêcher le flux de sodium d’accéder aux neurones. Aujourd’hui, son usage est réservé aux chirurgies et pour traiter les convulsions.

Voici les types de barbituriques les plus courants :

  • Amobarbital (Amytal)
  • Aprobarbital (Alurate)
  • Butobarbital (Nembutal)
  • Secobarbital (Seconal)

3. La buspirone

La buspirone a des avantages et des inconvénients. Mais c’est toujours un type d’anxiolytique très intéressant. Son principal avantage est qu’elle n’a presque pas d’effets secondaires, elle n’interfère pas sur d’autres substances, elle n’affecte pas le rendement cognitif et n’entraîne pas de sédation.

  • C’est un médicament très courant dans le marché pharmaceutique et qui plaît beaucoup grâce à ses menaces peu nombreuses.
  • Mais son inconvénient c’est qu’elle agit lentement. De fait, le patient commence à ressentir les effets au bout de 15 jours. Cela peut-être très compliqué quand la personne souffre d’un type sévère d’anxiété, qu’elle veut se sentir mieux rapidement, et avant tout, dormir. Ce médicament ne s’avère donc pas utile dans ces cas.

Cependant, les experts nous affirment qu’elle est très efficace pour les cas d’anxiété pas trop intenses, et qu’elle est recommandée pour les personnes âgées.

Lisez aussi : Dépression majeure : qu’est-ce qui la cause et comment se traite-t-elle ?

4. L’alprazolam

L’alprazolam est l’un des anxiolytiques que l’on prescrit le plus. Beaucoup le connaissent sous le nom de trankimazin, qui est dérivé des benzodiazépines et qui est utilisé avant tout pour le traitement des crises d’angoisse, comme l’agoraphobie, les crises de panique et de stress intense.

Sachez également qu’il a des principes antidépresseurs puisque ses principaux chimiques ressemblent beaucoup à ceux des antidépresseurs tricycliques.

  • C’est un médicament à forte puissante et à l’action immédiate, à la différence de la buspirone. Il a des propriétés sédatives, hypnotiques et anti-convulsives, mais l’effet le plus notable est l’effet anxiolytique.
  • D’autre part, il faut savoir que le potentiel addictif de l’alprazolam est aussi très élevé. Pour éviter l’accoutumance, son administration doit être limitée et ponctuelle.

5. Le diazépam

Le diazépam ou valium est sans aucun doute l’un des anxiolytiques les plus connus. C’est également un dérivé des benzodiazépines que l’on administre souvent dans les hôpitaux et les centres médicaux.

  • C’est le médicament le plus efficace pour traiter les spasmes musculaires, d’où le fait que l’on ne l’utilise pas uniquement pour le traitement de l’anxiété, mais également pour les troubles psychosomatiques, les torticolis, les delirium tremens, les crises de panique, la dyspnée… et même pour les classiques sédations préalables aux interventions chirurgicales.
  • Il faut aussi savoir que cet anxiolytique génère aussi une forte dépendance quand on utilise des doses élevées pendant des périodes prolongées.

« La consommation régulière d’anxiolytiques crée une addiction à long terme, au lieu de traiter le problème ou la maladie. »

6. Le lorazépam

La plupart d’entre nous avons déjà entendu parler du lorazépam ou simplement de l’orfidal. Il est très puissant et est utilisé pour traiter les affections suivantes :

  • Les troubles de l’anxiété
  • Les troubles du sommeil et l’insomnie
  • Les états de tension
  • Les maladies psycho-somatiques et organiques
  • Le syndrome du côlon irritable
  • L’épilepsie
  • Le traitement des nausées et des vomissements générés par la chimiothérapie ou par l’agitation provoquée par l’abstinence de l’alcool

Il est intéressant de savoir que le Lorazépam a un effet immédiat, atteignant son pic maximum de bio-disponibilité au bout de 2 heures. De même, ses effets secondaires ne sont pas excessivement graves, ne génèrent pas de dépendance élevée, mais il est tout de même recommandé de limiter l’usage dans le temps.

7. Le Bromazépam

Le bromazépam est aussi connu sous le nom de lexatin. Il est utilisé à de faibles doses pour traiter l’anxiété et les névroses phobiques. Si on en donne en doses plus élevées, il agit comme un relaxant musculaire, sédatif et hypnotique efficace.

Il faut savoir que le bromazépam est un médicament dangereux, il génèrent des dépendances rapides et interfère avec différentes substances. Si on le mélange à de l’alcool, il peut même être mortel. Il faut donc suivre exactement les règles des professionnels pour que son effet soit adapté.

8. Le clorazépate

Le Clorazépate est un médicament psychotrope aux multiples usages :

  • Il traite l’anxiété
  • Il traite la névrose
  • Il traite la psychose
  • Il est très efficace dans l’abstinence à l’alcool et aux drogues
  • Il permet de lutter contre l’insomnie
  • Il est également utiliser pour traiter le syndrome du côlon irritable.

Le clorazépate peut être pris pendant 3-4 mois. Au-delà de cette période, il génère de la dépendance et peut perdre en efficacité.

9. Les anti-histaminiques

Il est très possible que plus d’un de nos lecteurs soit surpris de trouver les anti-histaminiques sur cette liste. Ne sont-ce pas des médicaments utilisés pour traiter les allergies ?

Sachez qu’il existe différents types d’anti-histaminiques. En général, la plupart d’entre eux bloquent l’histamine. Cependant, on peut aussi y trouver de l’hydroxyzine, qui, en plus de soulager les démangeaisons provoquées par les allergies de la peau, réduit l’activité cérébrale et atténuent l’anxiété et la tension.

Les anti-histamitiques ne sont pas les médicaments les plus indiqués pour traiter l’anxiété, de fait les psychiatres ne les recommandent pas si le/la patient-e souffre de crises de panique.

Pour conclure, on peut ajouter à cette liste sans aucun doute beaucoup plus de noms et d’options, comme les médicaments bêta-bloquants, parmi lesquels il existe aussi des alternatives naturelles et aux faibles effets secondaires. Cependant, nous avons décrit ici les plus communs, ceux qui sont le plus prescrits et qui sont très présents sur nos tables de nuit et dans nos sacs.

Rappelons une fois de plus que les anxiolytiques ne guérissent pas l’anxiété, ne font pas disparaître les crises de panique, les névroses ou ses ombres ponctuelles qui altèrent nos vies à un moment donné. Les médicaments traitent, soulagent, détendent, nous offrent du repos et même s’ils sont bons et nécessaires, ne résolvent jamais le problème de fond, puisque ce n’est pas une maladie d’origine endogène, comme certaines dépressions.

Utilisons donc les anxiolytiques ponctuellement mais toujours associés à la psychothérapie. Car même si on nous a toujours éduqué avec l’idée que « nous sommes ce que nous mangeons », nous sommes en réalité « ce que nous pensons ». Modifions donc notre approche et ne médicalisons pas trop les situations qui ne sont pas pathologiques.

Lisez aussi : Les médicaments recouvrent les symptômes mais ne résolvent pas les problèmes

Références biobliographiques :

Hardman J. G., Goodman L. S., Gilman A. (1998), Bases Pharmacologiques de l’Utilisation des Médicaments

Robert Whitaker, (2011), Anatomy of an Epidemic: Magic Bullets, Psychiatric Drugs, and the Astonishing Rise of Mental Illness in America

Sophie Billioti, Yola Moride Thierry Ducruet (9-09-2014) Benzodiazepine use and risk of Alzheimer’s disease: case-control study. British Medical Journal, 349, pages 205-206

Eugene Rubin, Charles Zorumski, (2015) How Many People Take Benzodiazepines? Psichology Today https://www.psychologytoday.com/blog/demystifying-psychiatry/201505/how-many-people-take-benzodiazepines