Les médicaments recouvrent les symptômes mais ne résolvent pas les problèmes

· 29 novembre 2016

Nous sommes la société des « problèmes » de travail, des problèmes avec les enfants, des problèmes avec les voisins, des problèmes avec l’alimentation, avec l’ordre, avec les objets vitaux…

Nous les appelons problèmes mais en réalité, nous pourrions les qualifier d’expériences inévitables. Nous sommes de plus en plus habitués à leur donner un nom négatif, malsain et plein de désespoir.

Ce mot général nous met en position de victimes et nous fait penser que nous avons besoin d’une aide extérieure pour sortir de cette situation « pourrie » dans laquelle nous nous trouvons.

Aujourd’hui, les recettes des psychotropes, surtout les anxiolytiques et les antidépresseurs, sont de plus en plus nombreuses. On prescrit des médicaments pour des faits de la vie qui se nomment ‘problèmes’.

Mais pensez-y un instant ? Est-ce que l’antidépresseur est capable de résoudre le fait que votre conjoint vous a quitté ? Est-ce que ce médicament est capable de rendre meilleure votre relation avec votre chef ?

Une étude récente, publiée dans la revue médicale The Lancet nous fait amplement douter des effets des antidépresseurs, aussi bien chez les enfants que chez les adultes.

Dans l’étude, à laquelle ont participé plus de 5000 personnes dépressives et dans laquelle 34 essais et 14 traitements antidépresseurs différents ont été employés, la conclusion a été qu’ils n’apportaient aucun bienfait.

De fait, les participants souffraient de multiples effets secondaires, et parmi elles, la hausse des pensées suicidaires.

La dépression ne se guérit pas avec des comprimés

Avant tout, il est nécessaire de faire une distinction entre dépression endogène et exogène. La première est provoquée par des déséquilibres biochimiques dans le cerveau, notamment de sérotonine.

La deuxième est réactive aux changements, aux « pertes de vie » importantes ou aux renforcements négatifs.

Par exemple, si l’on est licencié d’un travail, si quelqu’un de notre famille meurt ou si l’on change de lieu de résidence.

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Cependant, les cas de dépression endogène sont très rares. Les plus courants sont les autres. Le problème vient du fait que dans les consultations médicales, on traite ce type de dépressions réactives via des médicaments antidépresseurs qui ne produisent aucun bienfait au patient, puisque l’amélioration qu’il peut ressentir est due à un effet placebo ou au passage du temps, plutôt qu’au médicament.

L’antidépresseur en sait pas ce qui vous arrive, ce que vous êtes en train de traverser, ne vous écoute pas et ne se met pas à votre place.

Ce que fait le médicament, c’est qu’il provoque un effet d’analgésie dans votre organisme. Et c’est pour cela que vous pouvez remarquer que vous souffrez moins, mais ce n’est pas la solution à votre problème rée.

Culturellement, les psychotropes se sont énormément popularisés et c’est le propre patient qui, lorsqu’il se rend à une consultation, demande un antidépresseur sans envisager d’autres options.

La peur de souffrir et ne pas être heureux est tellement grande que nous préférons opter pour la voie rapide et facile, mais qui fonctionne à peine. 

Il est donc nécessaire que le professionnel de santé s’efforce d’étudier son cas concret et vérifie s’il le patient a vraiment besoin d’un médicament ou s’il pourrait être mieux assisté lors d’une psychothérapie.

C’est ici que le médecin doit savoir dire « non » à son patient, malgré les réactions que cela peut produire chez lui. 

La psychothérapie est la bonne alternative

Pour sortir d’une dépression exogène, la principale alternative est la psychothérapie. Pourquoi ? Comme nous l’avons dit, l’antidépresseur agit seulement au niveau physiologique, en contrecarrant les déséquilibres chimiques cérébraux.

Mais les changements neurochimiques liés à la dépression ne sont même pas bien connus. On les attribue à la sérotonine, mais les études ne confirment pas si la baisse de ce neurotransmetteur dans le cerveau est la cause ou la conséquence du mal.

Le médicament ne peut rien vous montrer et vous ne pouvez rien apprendre lui. Il ne va pas vous donner les outils qui vous permettent de sortir de ces problèmes, et vous ne pourrez donc pas comprendre la cause profonde de votre dépression.

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Un thérapeute est une personne, comme vous. Il a déjà eu des problèmes, comme vous. Il peut ressentir de l’empathie pour vous, se mettre à votre place, vous apporter une épaule sur laquelle pleurer, et une fois que vous avez drainé votre blessures émotionnelles, il pourra vous apprendre une multitude de stratégies pour que vous vous aidiez vous-même à sortir de ce puits sombre. 

C’est plus lent, cela demande beaucoup d’efforts de votre part, car ce qui en vaut la peine, est souvent plus difficile.

Mais cela vous permettra, petit à petit, de changer votre manière de vous voir vous-même, le monde et le futur, ainsi que votre manière d’affronter la vie.

Souvenez-vous : les problèmes sont inévitables, ils font partie de la vie. Ils se transformeront en désespoir uniquement si vous en décidez ainsi.

La souffrance est désagréable mais ce sera pire si vous ne la tolérez pas. Médicaliser toute la vie, c’est la remplir de rustines, pas de solutions.