Cessez de souffrir, cela ne fait pas de vous une meilleure personne

· 9 novembre 2016

Toute ma douleur sera récompensée. La vie remettra tout le monde à sa place, surtout ceux qui ont trahi. Je dois souffrir car c’est ainsi que j’obtiendrai une récompense un jour.

Peut-être qu’aujourd’hui, je ne profite pas tellement de la vie mais un jour, l’opportunité arrivera car l’univers -ou même Dieu- sait par où je suis passé.

Toute la tristesse qui m’a accablée est utile car les bonnes personnes souffrent mais ce sont elles qui finissent pas gagner.

Peut-être que ces phrases vous parlent et nous pourrions dire qu’elles font partie d’un discours répété maintes et maintes fois pendant des années.

Elles sont si populaires que vous les avez sûrement un jour adoptées ou vous en avez eu la tentation.

C’est la croyance que le bonheur sera récompensé par notre souffrance, non pas par des actions que nous faisons de manière active et agréable.

C’est l’hérédité émotionnelle de nos racines judéo-chrétiennes. Qui est bon souffre, pour lui-même et pour les autres.

Dans le champ clinique de la psychologie, il existe un grand pourcentage de patients dépressifs avec cette idée complètement irrationnelle activée dans tout ce qu’ils font dans leur vie.

C’est ce que l’on appelle « le mensonge de la récompense divine », qui n’est rien de moins que de croire que nos « bonnes » actions seront récompensées comme par magie.

Vos actions sont plus puissantes que ce que vous appelez karma

Il ne faut pas attendre les opportunités, il faut les créer, en profiter et en tirer le maximum de profit.

Cela demande de la persévérance, de l’auto-détermination et de la fermeté. Dans la vie, il faut mettre des limites aux abus : ceux que les autres commettent avec vous et ceux que vous vous infligez à vous-même.

La douleur et le découragement font partie de la vie et les accepter comme tels vous apportera une bonne santé émotionnelle.

Lorsqu’on sait les tolérer, les affronter, éviter qu’ils ne deviennent des sentiments chroniques et dysfonctionnels, on est en meilleure santé. Pourtant, on adopte parfois la souffrance comme une véritable manière de vivre.

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Nous nous installons dans la plainte et le victimisme, car nous sentons que la vie ne nous offre pas ce principe de réciprocité.

Parfois, lorsque nous faisons un câlin, c’est un coup qui nous revient en pleine figure. Comme si la vie était à la merci de nos désirs, comme si la vie n’était pas une source de faits imprédictibles et arbitraires qui surviennent selon ses propres lois, étranges et indéchiffrables.

Si le karma était vraiment plus puissant que nos actions justes et correctes, les personnes qui font du mal et qui manipulent constamment souffriraient plus que celles qui se font malmener.

Jetez un œil autour de vous et vous vous rendrez compte que le monde est bien loin d’être juste et de récompenser ceux qui souffrent. Alors, comment agir ?  

Souffrir ne nous rend pas forcément plus forts

Croire que si vous passez un mauvais moment ou si vous souffrez, la vie vous apportera tout le bon dont vous avez besoin et que vous méritez, c’est comme penser que l’on peut prendre un papier et affirmer qu’il s’agit d’argent.

C’est une croyance délirante et destructive, d’une certaine manière, que nous nous imposons à nous-même, comme si souffrir était une sorte de bénédiction.

Beaucoup de gens ont peur lorsque les choses sont calmes et vont bien. Ils sont dans un état d’alerte et d’insatisfaction continu, comme si c’était l’attitude qui allait leur apporter plus de bienfaits.

Comme si penser continuellement aux mauvaises choses qui pourraient arriver augurait d’un meilleur bonheur futur.

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Dans la perspective systémique de la psychologie, on analyse l’ancrage de cette manière de penser et d’agir, qui est souvent présente à l’échelle de toute une famille.

La punition n’apprend rien de bon aux enfants si elle n’est pas accompagnée d’une pratique restitutive ou positive.

L’enfant doit comprendre que pour remédier à quelque chose qu’il a mal fait, il doit réparer ce qu’il a abîmé ou faire quelque chose de positif qui compense cet acte, en rapport ou pas avec le mauvais comportement.

Si on ne fait que le punir pour qu’il souffre, il comprendra que la réparation des dommages n’est qu’endurance à la souffrance que la punition lui inflige. Nous intériorisons depuis tout petits le fait que souffrir passivement est correct.

Remplacez l’auto-punition par des actions précieuses

Si vous souhaitez un mieux dans votre vie, mettez en marche les stratégies et les compétences que vous possédez pour que cela arrive.

Attendre assis que le monde identifie votre douleur pour vous récompenser est une idée fausse.

La dépression est souvent basée sur cette sensation de manque de défense appris : nous croyons que quoi que nous fassions, rien ne changera car cela n’est jamais arrivé. C’est le moment de réfléchir aux stratégies que l’on a mises en place précédemment.

Si vous aviez une attitude passive face aux adversités et que vous abandonniez dès la première difficulté ou si vous les affrontiez de manière active.

La souffrance a tendance à amener plus de souffrance, c’est une question d’inertie. Elle fragilise notre système immunitaire, qui n’a plus d’énergie pour les situations de danger réel, car nous nous situons constamment dans une optique d’alerte, de méfiance et de tension.

Une douleur intérieure que nous aimerions changer. Mais il ne faut surtout pas attendre que les choses arrivent pour nous récompenser après avoir vécu quelque chose de difficile. Si vous voulez des renforts, vous devez sortir dehors pour aller les chercher. La tristesse et l’inactivité sont des états addictifs.

Cessez de souffrir, cela ne fait pas de vous une meilleure personne. Cela n’apporte que douleur, à vous à et votre entourage.