7 types de vampires émotionnels qui affectent notre bien-être

28 juillet 2017 dans Psychologie 686 Partagés

Les vampires émotionnels ne boivent pas notre sang mais notre vitalité, notre entrain et notre énergie. Ils sont toujours à l’affût, dans n’importe quel contexte, pour créer de façon progressive des environnements dysfonctionnels où l’on se retrouve épuisé-e-s, isolé-e-s et cerné-e-s par un type d’interaction usant qui peut sérieusement endommager notre santé physique et psychologique.

Bien que le terme de “vampire émotionnel” ne soit pas vraiment scientifique et qu’aucun manuel de diagnostique n’ait établi un protocole pour son identification, c’est la “psychologie populaire” qui a motivé la définition d’un profil très concret. Il n’est cependant pas connu de tou-te-s. On a beaucoup écrit à propos des vampires et une infinité de livres se trouvent à notre disposition. Malgré tout, il est nécessaire d’éclaircir un peu toutes les nuances que l’on retrouve.


“Si quelqu’un cherche une poubelle pour y jeter ses ordures, faites-en sorte que ce ne soit pas votre esprit.”

-Dalaï Lama-


Pour commencer, attardons nous sur “l’énergie”. On dit des vampires émotionnels qu’ils “absorbent notre énergie vitale”. Bien, mais si nous retirons ce voile à la Edgar Allan Poe, nous découvrirons en réalité quelque chose de plus profond et de très inquiétant. Quand nous établissons des relations et des contacts avec les gens qui nous entourent, nous effectuons un échange harmonieux de stimuli, d’efforts, d’informations, d’émotions et de sensations.

Cette magie des interactions humaines génère toujours une série de changements au niveau cérébral, qui seront à leur tour accompagnés d’une récompense, d’une charge chimique positive grâce à nos neurotransmetteurs. Mais quand nous nous trouvons face à un vampire émotionnel, il n’y a pas d’échange. Le contact se fait toujours dans une seule direction, il n’y a pas de flux de communication, pas de “tu me donnes et je te donne”, pas de réciprocité positive que notre cerveau reconnaît comme saine et significative.

Que se passe-t-il vraiment ? La charge d’émotions négatives que nous accumulons au quotidien provoque une hyper-stimulation cérébrale et une sensation corrosive de stress avec laquelle deux choses peuvent se passer : ou l’on se retrouve dans le coin de la vulnérabilité après avoir été “invalidé-e-s”, ou on se voit obligé-e-s de fuir.

Les vampires émotionnels et leur effet sur notre santé

Nous disions au tout début que le terme de “vampire émotionnel” vient de la psychologie populaire. En réalité, cette dynamique et ce type de profil se retrouvent de plus en plus dans le travail quotidien d’un grand nombre de psychologues. Nous ne pouvons oublier que “l’énergie” dont nous parlons, là où se retrouvent notre motivation, notre entrain et notre estime de nous-mêmes, est celle qui nous permet de pratiquer n’importe quelle activité.

Ainsi, toute interaction négative et constante dans notre quotidien suppose une usure progressive et irrémédiable. Il faut par ailleurs savoir que l’impact des vampires émotionnels est désormais beaucoup plus intense, à cause d’un fait très concret : les nouvelles technologies. Ce téléphone que nous n’éteignons même plus la nuit est un outil habituel pour le vampire énergétique qui, grâce à WhatsApp, Facebook ou Twitter, est présent beaucoup plus constamment.

La contagion du vampire émotionnel et ses conséquences

Il y a beaucoup de “races” de vampires émotionnels. Le collègue de travail qui nous parle toujours de ses malheurs, qui nous susurre des rumeurs négatives ou des ragots malicieux, ou même le père ou la mère toxique, ces parents qui nous contrôlent à travers le victimisme, qui nous soumettent à leurs pièges asphyxiants, à leurs univers dépourvus d’empathie et de respect.

Nous pourrions donner mille exemples mais ce ne serait pas suffisant. Nous avons tous à l’esprit un vampire émotionnel qui, volontairement ou non, nous fait perdre notre calme, aspire notre joie et nous soumet à sa course vers la démotivation. Tous ces stratagèmes font effet grâce à un élément merveilleux que nous possédons tous : les neurones miroirs.

Ce sont elles qui interviennent dans cette contagion émotionnelle. Elles nous obligent à prêter attention au vampire émotionnel et à être sensibles et réceptif-ve-s à tout ce qu’il nous transmet : de la peur, de la haine, du malheur, de l’amertume, de la préoccupation… Plus la charge négative est importante, plus l’usure est intense, de même que la surexcitation dans notre cerveau, le stress et la faiblesse.

Voici les symptômes que nous noterons peu à peu :

  • Fatigue.
  • Paupières lourdes.
  • Céphalées.
  • Baisse de la motivation.
  • Sensation de vouloir fuir.
  • Problèmes de concentration.
  • Faible rendement au travail.

Types de vampires émotionnels

Judith Orloff est une psychiatre reconnue et une écrivain nord-américaine qui a écrit plusieurs livres et mené plusieurs études sur le thème de l’empathie, de la contagion émotionnelle et des vampires émotionnels. Dans ses travaux, on apprend très rapidement que toutes les personnes qui correspondent à ce profil ne sont pas conscientes d’être des vampires émotionnels : elles ne se rendent pas compte que leurs interactions et leurs comportements ont un impact négatif sur les personnes qui les entourent.

D’autres, en revanche, le savent très bien et cherchent précisément à l’être, dans un but très concret : procéder à la domination et au renforcement de leur propre estime d’elles-mêmes. Soumettre pour se sentir grandi-e est une stratégie habituelle chez les vampires émotionnels. Examinons maintenant les 7 typologies.


“Il était comme un coq qui croyait que le soleil s’était levé pour l’entendre chanter.”

-George Elliot-


1. Le/La narcissique

Sa devise est “moi d’abord”. Tout est relié à lui/elle. Les narcissiques recherchent l’admiration, la reconnaissance et veulent toujours se sentir “validé-e-s”. Iels manquent d’empathie et feront toujours en sorte que chaque chose et chaque aspect qui nous entourent soit dirigés selon leurs attentes, leurs principes et leurs opinions. Iels ne reconnaissent quasiment pas les autres, ne les prennent pas en compte et ont une capacité très limitée à leur offrir une tendresse authentique, une amitié réelle ou un amour véritable.

Comment s’en protéger ?

  • La clé réside dans la communication. Nous devons leur fixer des limites, en étant sincères et en leur révélant leur ego immense ainsi que leur faible capacité à prendre en compte les gens qui sont autour d’elleux.
  • Nous devons éviter de laisser notre estime de nous-mêmes entre leurs mains. Il faut savoir les observer objectivement, en étant conscient-e-s de leur pauvreté affective et relationnelle.

2. Celui/Celle qui critique

Rien de ce que vous ferez, direz, penserez ou évaluerez ne conviendra à la personnalité critique. Rien ne sera suffisamment bien pour son goût très fin, pour son sage concept de la vie et pour ses connaissances infinies. Cependant, faites attention car celui/celle qui critique est très doué-e pour vous parler avec une attention subtile et un paternalisme ironique, dans le but de vous faire sentir inférieur-e à lui/elle.

Comment s’en protéger ?

  • Ouvrez votre parapluie protecteur et désactivez le pouvoir que ces critiques peuvent avoir sur vous.
  • Ne laissez pas le vampire émotionnel vous dominer. Si vous lui faites clairement comprendre que ses opinions vous importent peu et que vous savez très bien ce qui est bon pour vous ou non, vous affaiblirez la personne critique.

3. Le parleur infatigable, celui/celle qui n’écoute pas

Le parleur inépuisable n’est pas intéressé par ce que vous avez à lui dire, par vos pensées ou vos sentiments. Il veut seulement que vous soyez là pour l’écouter, pour être ce “conteneur” dans lequel il peut tout enfouir, tout vider, comme une personne qui jetterait ses ordures pour les recycler.

Si vous avez un parleur infatigable à vos côtés, l’épuisement physique et émotionnel sera très intense et manifeste.

Comment s’en protéger ?

  • Ces individus ne répondent pas aux signes non-verbaux. Par conséquent, vous n’avez pas d’autre choix que de les interrompre de façon ferme mais polie, en leur disant que vous n’êtes pas là pour écouter toutes leurs histoires, que vous n’êtes pas leur journal personnel, leur boîte à désastres, leur corbeille à papier. Vous êtes une personne qui veut établir un dialogue, qui a aussi des besoins et qui veut aussi être écoutée.

4. La victime

On reconnaît immédiatement la victime constante, celle à qui il arrive toujours les pires choses, celle que le monde a abandonné -selon elle- dans le coin des marginaux, car son discours est toujours négatif. Les victimes se voient elles-mêmes comme des poupées vaudou qui sont constamment blessées.

Comment s’en protéger ?

Derrière ces personnes se cache une faible estime de soi. Nous devons bien garder cela à l’esprit. La chose la plus adéquate à faire est donc de rationaliser toutes leurs tragédies, dans la mesure du possible. Il faut éviter d’être dur-e-s avec elles et leur faire comprendre petit à petit que tout a une solution, qu’elles doivent prendre les commandes de leur vie et faire preuve de responsabilité.

5. Celui/Celle qui contrôle

Ces personnes essayeront de contrôler chaque aspect de votre vie de manière presque obsessionnelle. Elles manipuleront vos émotions pour vous discréditer, vous étouffer, vous priver de positivé, d’estime de soi et même d’identité. Elles nous invalident jusqu’au point de nous convaincre que nous avons juste besoin d’une chose : d’elles.

Comment s’en protéger ?

  • Le secret de la réussite pour écarter une personne qui contrôle tout est l’assertivité et la confiance en soi. Ne vous laissez jamais faire, ne vous laissez jamais convaincre d’une chose. Suivez vos propres conseils, faites comprendre à cette personne que vous n’écoutez que vous et que cela vous a toujours été très utile.

6. L’agressif-ve

Les vampires émotionnels qui se servent de la colère et de la violence verbale ou physique sont les plus dangereux. Parfois, un malentendu suffit pour déclencher -on ne sait pas vraiment comment- une fureur, un mépris immense ou une rage insensée qui nous effrayent et nous laissent sans voix. Ces vampires sont comme un territoire plein de mines qu’il est presque impossible de contrôler afin d’éviter qu’il n’explose.

Comment s’en protéger ?

  • Il existe deux types de stratégies très utiles face à ce type de profils. Quand une personne au comportement violent se trouve à nos côtés, nous ne pouvons que lui recommander de demander de l’aide pour gérer ses réactions. Si elle ne le fait pas, n’y arrive pas ou ne veut pas le faire, la solution la plus saine -et nécessaire- est de vous en éloigner.

7. Le/La sarcastique

Certain-e-s voient le sarcasme comme un outil sophistiqué du langage qui permet d’ajouter un peu d’ironie à la vie. Tant que nous le voyons comme ça, il n’y a pas de problème. Cependant, à partir du moment où l’on fait usage du sarcasme pour ridiculiser les gens, pour les humilier de façon élégante et pour grimper sur le podium du génie portant la couronne de la cruauté et le sceptre de la grossièreté, il faut bien se dire que c’est l’oeuvre d’un vampire émotionnel.

Comment s’en protéger ?

  • Le sarcasme est une arme subtile que nous ne voyons pas arriver. Cependant, faites bien attention : au moment où nous nous sentons humilié-e-s et où notre estime de nous-même est touchée, il faut absolument fixer des limites. Le plus tôt possible.
  • Nous devons bien faire comprendre, à voix haute, que nous n’avons pas apprécié la phrase qui vient d’être dite. Face aux rires et au “ce n’était qu’une blague”, nous devons répéter avec assertivité que ce n’est pas drôle et que cela peut blesser.
  • Si la personne sarcastique ne voit pas l’effet de ses actes ou ne change rien à son comportement, il vaut mieux s’en éloigner.

Et si j’étais un vampire émotionnel ?

Maintenant que nous sommes arrivés à ce point, cette question est presque inévitable, voire même obligatoire… Et si nous mettions nous-mêmes en pratique des comportements d’usure et de vampirisation émotionnelle envers les autres ? Bien au-delà de ce que nous pouvons penser, nous avons tou-te-s, en majorité et à un certain moment de notre vie, utilisé l’un de ces comportements. Que ce soit parce que nous avions une faible estime de nous-mêmes ou parce que nous étions en train de traverser une mauvaise passe.


“L’égoïste est celui qui s’entête à parler de lui alors que vous mourrez d’envie de lui parler de vous.”

-Jean Cocteau-


Malgré tout, il est toujours bon de réfléchir à certains indicateurs qui peuvent nous avertir de la présence d’une vampirisation.

  • Pensées négatives et catastrophistes.
  • Besoin de tout contrôler, en particulier les personnes qui nous entourent.
  • Besoin de nous confier aux autres, sans prendre en compte leurs préoccupations, leurs opinions ou leurs commentaires.
  • Besoin de critiquer les autres.
  • Sensation constante de ne jamais rien réussir et d’avoir tous les éléments contre nous.
  • Conscience des choses négatives dans nos vies mais refus de nous faire aider. Nous nous mettons en colère quand quelqu’un essaye.

Si ces réalités vous sont familières, n’hésitez pas à y réfléchir. Vous avez besoin, dans un premier temps, de renforcer votre estime de vous-même, d’améliorer votre gestion émotionnelle et vos capacités de communication. Malgré tout, n’hésitez pas à demander de l’aide à un-e professionnel-le car une dépression peut parfois se cacher derrière tous ces aspects négatifs.

Il existe beaucoup de types et de souches de vampires émotionnels. Cependant, et pour conclure, une grande partie d’entre eux peut être à nouveau humanisée avec une aide adéquate et une orientation plus sensible et juste.

Bibliographie

-Albert J. Bernstein (2011) Vampires Emotionnels

-Judy Orloff (2017) Empath´s Survival Guide. New York: Harmony Books

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