5 différences entre tristesse et dépression

· 9 septembre 2018

Une bonne partie du langage psychologique s’est retrouvée dans le domaine populaire. Cependant, ce processus ne s’est pas fait de manière précise et les équivalences adéquates n’ont pas été mises en place. L’un des exemples classiques de ce problème est la difficulté que beaucoup de gens éprouvent au moment d’établir la différence entre tristesse et dépression. L’inclusion du mot « dépression » dans le langage populaire a souvent donné lieu à des confusions et à un rejet de cette dernière en tant que maladie.

Un certain mépris de ces états d’âme s’est même développé. Surtout de la tristesse. C’est pour cette raison que certains préfèrent dire qu’ils sont déprimés au lieu d’avouer qu’ils se sentent tristes. La dépression a en effet un côté plus technique; la tristesse, elle, est davantage liée à la fragilité humaine.

Il faut cependant savoir qu’il y a de grandes différences entre tristesse et dépression. La première, et la plus importante de toutes, est que la tristesse est un état d’âme, une humeur; la dépression, en revanche, est un trouble et doit être traité en tant que tel. Il est donc essentiel de bien différencier ces concepts.

« Vos émotions ne doivent pas vous paralyser. Elles ne doivent pas vous empêcher d’être tout ce que vous pouvez être. »

-Wayne W. Dyer-

1. La durée, un facteur décisif

La durée des phénomènes psychologiques n’est pas une donnée exacte. Malgré tout, il s’agit bien d’un point qui, rajouté à d’autres, nous permet de faire une approximation plus précise de ce qui arrive à une personne. Par définition, une émotion a une courte durée.

L’une des grandes différences entre tristesse et dépression est que la première est une émotion passagère tandis que la seconde est relativement chronique (sauf si l’on intervient de manière adéquate). Une personne doit ressentir de la tristesse pendant six mois et de manière continue pour que nous puissions soupçonner l’existence d’une dépression. C’est du moins ce qu’indiquent les critères diagnostiques.

tristesse et dépression

2. L’apathie, un facteur qui marque des différences entre tristesse et dépression

L’apathie est, pour le dire simplement, une difficulté ou une résistance à l’action. Lorsqu’une personne est triste, elle se sent moins motivée pour réaliser certaines activités. Elle réduit un peu sa vie sociale, dédie moins de temps à son travail ou à d’autres tâches qu’elle avait l’habitude de faire. Mais elle reste active.

Une personne déprimée, en revanche, est écrasée par cet abattement. Elle néglige ses obligations et ne se sent capable de rien. Elle parle fréquemment de sa fatigue et réduit ses activités au maximum pendant une période de temps relativement longue. En termes cliniques, la dépression ressemble beaucoup à un trouble de l’anxiété.

3. Le degré d’isolement

Une autre différence entre tristesse et dépression se reflète dans le degré d’isolement qui se trouve dans chacun de ces états. Il est habituel de voir une personne triste chercher la proximité de personnes de confiance pour parler de ce qu’elle ressent. Elle recherche une consolation auprès d’autres personnes, même si elle peut maintenir un certain degré d’isolement social. Cela dépendra de la personnalité et des stratégies d’affrontement de la personne.

En ce qui concerne la dépression, nous voyons apparaître un rejet constant du contact avec les autres. La personne déprimée garde ses sentiments pour elle et, même si elle ne se sent pas bien en étant seule, préfère cela à la présence des autres. Elle s’isole progressivement, même de ses proches.

femme vivant la tristesse et la dépression

4. Le niveau de fonctionnalité

Un facteur qui marque de grandes différences entre tristesse et dépression est le niveau de fonctionnalité. Dans le cas d’une personne triste, son humeur ne modifie que légèrement son train de vie habituel. Elle est peut-être moins dynamique ou plus réservée mais, en général, elle réalise toutes les activités qu’elle réaliserait lors d’une journée normale.

En revanche, quand une personne souffre de dépression, sa routine habituelle est fréquemment altérée. Elle a beaucoup de mal à remplir ses obligations professionnelles, familiales, sociales, affectives, etc. Il n’est pas rare de la voir inventer des excuses à répétition pour dissimuler son manque d’engagement ou sa démotivation. Elle ne parvient pas à s’ajuster à une routine « normale ».

 

5. Le désespoir

Une personne peut être triste pour différentes raisons. Celles-ci sont presque toujours associées à une perte ou à une situation conflictuelle qui est difficile à régler. Même si elle ressent une grande douleur émotionnelle, elle est aussi capable de rire, de penser au futur et de faire des plans. Elle n’a peut-être pas toutes les réponses à ses questions mais elle sent que l’avenir peut lui réserver de bonnes choses.

Dans le cas de la personne déprimée, nous retrouvons seulement du désespoir. Lorsqu’elle envisage son avenir, elle ne voit qu’un tunnel noir. Elle ne ressent aucun intérêt, aucune envie et est incapable de se projeter dans le futur. Comment le pourrait-elle alors qu’elle a déjà du mal à vivre dans le présent ?

Comme nous le voyons, il existe des différences importantes entre la tristesse et la dépression. Cette dernière doit être surveillée et traitée par un professionnel de la santé mentale. Il s’agit en effet d’un trouble qui ne va pas disparaître tout seul et qui, par conséquent, nécessite une intervention spécialisée.