Il y a celleux qui râlent sur tout et celleux qui vous font rire de tout

22 juillet 2017 dans Psychologie 188 Partagés

Il y a des personnes qui l’ont l’art de défaire les nœuds des problèmes et de vous faire rire jusqu’à ce que vous en ayez mal au ventre. Elles le font parce que c’est comme ça, parce que la vie, pour elles, est emplie de musique, de rimes et de simplicité. En revanche, il y a des gens qui passent leur temps à râler, à s’offusquer de tout, et qui ne voient que des murs là où d’autres remarquent surtout des ponts ; ces gens attirent les tempêtes lors des belles journées d’été et des crises de colères n’ayant pas le moindre sens.

Pourquoi les relations humaines sont-elles si complexes ? Nous pourrions dire ce qu’on nous répète tout le temps ; qu’il vaudra toujours mieux éviter, dans notre quotidien, les personnes qui aiment altérer notre équilibre psychologique, et choisir de rester avec celles qui nous offrent des moments de joie. Cependant, ce principe de santé élémentaire ne peut pas toujours être respecté car pour cohabiter dans une société, il faut savoir comprendre les points de vue des autres et, surtout, apprendre à survivre en tout lieu, qu’il soit habité par des êtres nobles ou des dragons en colère.


« Il faut prendre la vie avec amour et humour. L’amour permet de la comprendre et l’humour, de la supporter. »


Parfois, celleux qui se disputent à propos de tout peuvent traverser un épisode dépressif. D’autres fois, celleux qui rient de tout applique en réalité un humour agressif ou même auto-destructeur. Tout style comportemental a ses extrêmes et, par-dessus tout, ses sens. Nous devons les comprendre, nous devons être de sages lecteur-trice-s et traducteur-trice-s de ces mondes étrangers qui gravitent autour de nous, nous influant par leurs éclipses et leurs marées…

Celleux qui nous font rire de tout… sont-iels vraiment heureux-ses ?

Peter McGraw est un psychologue de l’Université de Colorado, connu pour avoir créé le « laboratoire de l’humour ». Dans ce département, on étudie par exemple l’impact de l’humour en tant que thérapie et l’usage du rire en tant que « médicament » pour améliorer la qualité de vie de malades chroniques ou de malades du cancer. La science appuie ces initiatives, même s’il a bien été démontré que, bien plus que le rire, c’est l’attitude, l’optimisme et la force interne des patient-e-s qui fait que leur quotidien s’améliore.

Ainsi, le docteur McGraw a établi dans sa théorie la différenciation de 4 types d’humour. Car parfois, beaucoup de ces personnes qui nous font rire de tout ne sont pas heureuses et ne reflètent pas un bien-être intérieur adéquat. Il vaut la peine d’étudier ces catégories avec attention pour mieux comprendre ce type de dynamiques que nous rencontrons au quotidien.

  • Humour agressif. Cette pratique est très banale chez celleux qui nous font rire à travers l’ironie et le sarcasme plus cynique, à travers lesquels des tierces personnes sont ridiculisées ou chosifiées.
  • L’humour comme amélioration personnelle. Ce type d’humour est l’un des plus sains car il est très utile au moment de gérer le stress. C’est quand quelqu’un est capable de rire de soi-même pour relativiser à propos d’une mauvaise journée, d’une erreur commise, pour ironiser sur un défaut qu’iel n’arrive pas à changer ou même pour enlever de la tension à un moment donné.
  • Humour auto-agressif. Ce serait sans doute l’autre face de la pièce de l’humour qui cherche à améliorer quelqu’un. Dans ce cas, on utilise l’agressivité contre soi-même, que ce soit à cause d’une faible estime de soi, d’une dépression ou parce qu’on cherche à se victimiser et à attirer l’attention des gens qui se trouvent autour de nous.
  • L’humour affiliatif. Voici l’expressivité de l’humour le plus vivifiant, utile et merveilleux, celui qui provient de quelqu’un qui nous fait rire dans le but de renforcer le lien qui existe entre nous, de construire une complicité, d’apporter du bonheur, une connexion et un bien-être réel.

Ainsi, en fonction de cette classification, il est clair que quand nous disons que quelqu’un a un « grand sens de l’humour », nous avons réellement besoin de savoir quel type d’humour est pratiqué et comment il touche les autres. Nous avons tou-te-s vécu un moment où quelqu’un nous faisait rire mais où la sensation qui nous imprégnait était étrange et perturbante, comme si nous remarquions sur le champ une ombre pleine de mauvaises intentions.

Celleux qui râlent sur tout… sont-iels content-e-s de compliquer la vie des autres ?

Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie positive à Harvard, est connu pour être le « gourou du bonheur ». Ses nombreuses publications sur les émotions et les états d’âme sont toujours une référence intéressante lorsqu’il s’agit de mieux comprendre certains comportements, comme par exemple : que se cache-t-il derrière ces personnes qui râlent tout le temps et qui semblent être ravies de se compliquer la vie, ainsi que celles des autres ?


« La mauvaise humeur nous rend tout petits. »

-Doménico Cieri Estrada-


La réponse est très simple : de l’insatisfaction. Derrière ce triste mot – personne ne mérite de plonger dans un tel abîme -, on trouve tout un kaléidoscope de dynamiques qui n’ont pas été gérées, affrontées, résolues. Par exemple : une faible capacité à tolérer la frustration, des stratégies pauvres pour résoudre des problèmes, des attentes peu réalistes, une impression de vivre dans un tunnel, un manque de réflexion, une faible estime de soi, une intelligence émotionnelle presque nulle…

Nous pouvons tou-te-s traverser de mauvaises périodes, des instants vitaux complexes qui finissent par nous affaiblir et nous faire voir des problèmes à chaque instant, à baisser les volets de notre positivité et à transformer chaque conversation en dispute. Nous pouvons tou-te-s tomber dans les limbes de la démotivation et les profondeurs du mal-être, c’est tout à fait respectable et compréhensible. Cependant, il est obligatoire d’émerger de ces eaux toxiques pour être à nouveau nous-même.

Pour y parvenir, nous avons besoin de volonté et d’auto-contrôle. Il ne faut pas tomber dans le victimisme, il s’agit de récupérer les morceaux qui ont été brisés et de réparer chaque coin avec le ciment de l’estime de soi et le vernis de la motivation, comme s’il s’agissait d’une pièce d’artisanat. De cette manière, nous comprendrons aussi que celleux qui rient de tout ne sont pas tou-te-s heureux-ses et que celleux qui râlent sur tout ne sont pas des causes perdues. Nous pouvons tou-te-s être guéri-e-s, nous pouvons tou-te-s trouver l’équilibre et le bonheur.

A découvrir aussi