Il y a des amours qui sont comme un œuf sans sel

3 mars 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Il y a des amours qui sont comme un œuf sans sel, des amours insipides sans substance qui s’ancrent dans une situation monotone qui, à la longue, les étouffe. Une réalité qui affecte de nombreux couples, bien que ceux-ci l’aient peut-être acceptée comme une situation habituelle, quelque chose qui “doit se passer”.

Nous pouvons changer cela, dès que nous le voulons. Récupérer ce printemps qui nourrissait notre amour et s’éloigner de cet automne qui se rapproche de plus en plus de l’hiver. La tendresse ne vieillit pas, contrairement à nous. Si elle le fait, c’est parce que nous lui permettons de le faire. Nous sommes peut-être fatigué-e-s de la maintenir, de la cultiver.


« L’impulsion affective doit être en action constante pour ne pas mourir. »

-Walter Riso-


Nous commettons l’erreur de laisser les caresses, les câlins et les mots doux dans un coffre qui appartient désormais au passé. Avant, il était important pour nous de démontrer à la personne que nous aimons encore tout ce que nous ressentions pour elle. À quel moment avons-nous cessé de lui répéter et quand sommes-nous tombé-e-s dans le confort simple des suppositions ?

Amours insipides, amours vieillis

Nous avons très souvent pu écouter que l’amour se termine, meurt et change avec le temps… Nous rejetons la faute sur le passage du temps pour nous sentir mieux avec nous-mêmes et ne pas acquérir la responsabilité du fait que nous ne faisons pas bien les choses.

Il ne s’agit pas seulement de s’abandonner soi-même : nous laissons aussi de côté ce pour quoi nous avons fait tant d’efforts et avons mis tant de passion quelques années plus tôt. Désormais, puisque nous l’avons, nous arrêtons de faire des efforts ? D’abord ce fut l’un, puis ensuite l’autre. Au final, nous nous sommes transformé-e-s en deux personnes qui ont permis que leur amour s’évanouisse et réside maintenant dans un simple souvenir.

C’est à ce moment que surgissent les suppositions, que l’on a déjà mentionnées. Celles qui provoquent tant de confusion dans nos relations interpersonnelles. Mais elles sont encore plus redoutables dans les relations de couple. Il vaut mieux répéter les choses et être fatigué-e-s de toujours dire la même chose que de compter pour acquis ce qui ne l’est peut-être pas tant.

« Pourquoi devrais-je dire à mon mari/ma femme que je l’aime s’iel le sait déjà », « il n’est pas nécessaire de l’embrasser, iel sait que je le désire », « nous sommes trop vieux/vieilles pour nous faire des câlins en public »… Ces phrases, qui ont la forme de pensées, vous sont sûrement familières. Beaucoup de couples en font l’expérience.


Il y a des couples qui ne ressentent rien, ne souffrent pas, qui sont superficiels et uniquement guidés par la monotonie.


Cependant, dans le passé, cela ne vous dérangeait pas de dire “je t’aime” un nombre infini de fois à l’amour de votre vie. Vous l’embrassiez toujours lorsqu’iel partait pour aller au travail. Vous ne vous demandiez pas s’il était approprié de lui donner la main ou de le-a prendre dans vos bras sans le-a prévenir. Cela venait de vous, vous vouliez vous sentir proche de votre compagnon/compagne. Vous vouliez lui montrer, encore et encore, ce que vous ressentiez pour lui.

Nous laissons mourir l’amour

La flamme ne s’éteint pas, nous l’éteignons nous-mêmes. Nous pouvons continuer à la raviver en échappant à cette situation à laquelle nous nous sommes habitué-e-s. Tout cela parce que nous sommes devenu-e-s paresseux-ses de répéter à notre moitié ce que nous ne cessions de lui dire par le passé. Fatigué-e-s de faire des efforts pour ce que nous considérons comme acquis.

Beaucoup de personnes donnent tout au début des relations. Elles sont comme un ballon gonflé. Malgré tout, une fois qu’elles ont obtenu ce qu’elles voulaient, elles se dégonflent peu à peu, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de tout ce qu’elles avaient réalisé. En agissant de la sorte, vous vous demandez encore pourquoi vous n’avez plus autant d’intimité qu’avant, pourquoi tout a changé ?

Les amours succombent en raison de nos mauvaises attitudes. Nous cessons de penser à l’autre personne et nous nous centrons sur nous-mêmes. Nous nous justifions en disant “iel le sait déjà”, ce qui prouve notre incapacité à continuer à tout donner.


Je sais que l’amour est là, mais de manière silencieuse, à peine présent. Un amour timide, peut-être, qui me fait parfois douter.


La relation ne tourne pas toute seule, elle n’est pas auto-suffisante. Elle a besoin d’être constamment alimentée, jour après jour, avec plus d’attention au fur et à mesure du temps parce qu’il y a aussi plus de circonstances qui menacent de l’user. Vous regardez avec envie toutes ces vieilles personnes qui se promènent main dans la main, qui se respectent, qui ne cachent pas leur tendresse en public et vous vous demandez… Comment ont-ils fait ? En prenant soin et en étant à l’écoute de ce sentiment si sincère, si recherché, si espéré qu’est l’amour.

Un sentiment réciproque qui ne comprend pas les répétitions et les réflexions rationnelles. L’amour s’affaiblit à partir du moment où nous supposons, pensons et croyons. Il doit être libre pour pouvoir être ressenti et pour pouvoir le vivre dans toute sa splendeur. Il ne connaît pas l’ennui, nous le délaissons nous-mêmes. Il ne devient jamais insipide, nous-même le rendons beaucoup trop simple.

Les amours tiennent si les mains qui le soutiennent sont sûres et disposées à tout donner, aujourd’hui, demain, jusqu’à l’infini… Peu importe le nombre d’années. Seule l’attitude compte.

Images de Jarek Puczel

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