Pour oublier, il faut se souvenir

2 novembre 2016 dans Psychologie 3 Partagés

Il y a de nombreux épisodes appartenant à notre passé que l’on essaie d’oublier.

Cependant, pour mettre fin à cette souffrance, il nous faut nous souvenir de ces moments ; pas tant pour laisser dans l’oubli ce qui est arrivé, mais plutôt pour faire une place à tous ces souvenirs dans notre vie actuelle, avec l’enrichissement que cela suppose.

Tout processus par lequel nous passons au cours de notre vie implique des changements, et suppose pour nous de devoir faire des deuils de tout type.

Les changements impliquent des pertes, et par conséquent des adieux, de la souffrance ainsi qu’un certain renoncement.

Il semble que l’on essaie d’éviter cela et de ne faire aucune place à nos souvenirs douloureux dans notre histoire, même si cela suppose un effort qui nous noie dans la souffrance, puisqu’en adoptant une telle attitude, on se lance dans une lutte perdue d’avance.

Puisque les deuils font partie de notre vie, ils ont un sens important pour notre propre développement personnel.

Non seulement ils nous aident à changer et à accepter l’inévitable, mais ils nous préparent aussi à faire une place à de nouvelles expériences très importantes.


Accepter la transformation du deuil n’implique pas de devoir oublier, mais plutôt d’intégrer, afin de renaître à chacune des étapes de la vie.


Pardonner davantage qu’oublier

C’est dans le pardon que réside notre lutte incessante emplie de rancune, de culpabilité et de reproches.

Quand le pardon arrive, l’acception, qui mettra fin au deuil, se met en place. Il en va de même pour les amours frustrées.

On essaie d’oublier avant même de pardonner, et c’est ainsi que l’on maintient vive la souffrance qui nous envenime.

Le pardon requiert l’acceptation, qui nous permettra alors de tirer les leçons nécessaires de nos expériences et de les introduire dans notre développement personnel.

C’est un processus qui nous mène jusqu’à la paix et la tranquillité, et donc à avoir la conscience tranquille.

Le chemin du pardon est comparable à celui de l’amour, puisqu’on se sert de ce sentiment pour se manifester.

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Sûrement avez-vous pensé plus d’une fois à la fameuse phrase que l’on emploie souvent : le temps guérit toutes les blessures.

Or, une telle philosophie est erronée, puisque le temps en lui-même ne guérit rien.

C’est ce que l’on fait de ce temps qui nous aide à mûrir, à apprendre et à grandir intérieurement afin de résoudre nos conflits et nos difficultés.


“On ne peut pas plus oublier le temps que s’en servir.”

-Charles Baudelaire-


Apprendre à dire adieu

Dire adieu, c’est une constante inévitable dans notre vie. Nous avons plusieurs fois à faire des adieux déchirants, soient-ils formulés envers des personnes (ruptures amoureuses, éloignement d’amis et de membres de notre famille, décès, etc) ou bien envers des circonstances (travail, santé et diagnostic d’une maladie, attentes qui ne sont pas satisfaites, finalisation d’étapes de notre vie, enfants qui prennent leur indépendance et qui partent de la maison, etc).

Au cours de chaque période par laquelle on passe au cours de notre vie, on doit laisser derrière nous les choses irrécupérables.

Nous devons permettre le changement afin de pouvoir avancer. C’est ainsi que l’on apprend à dire adieu, et à prendre conscience du fait que toutes les relations importantes que nous avons entretenues avec les autres ont laissé une trace chez la personne que nous sommes aujourd’hui.

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Au moment du deuil, surtout s’il s’agit de celui de votre compagnon/compagne, il est nécessaire de ne pas garder sous les yeux tout ce qui vous rappelle cette personne : ainsi, il sera moins difficile de surmonter cette épreuve.

Une fois le deuil surmonté, on peut alors se rendre compte du fait que les souvenirs que l’on a de cette personne ne nous affectent plus ni ne remuent nos émotions.


“Conserver quelque chose qui m’aide à me souvenir de toi, ce serait admettre que je ne peux pas t’oublier.”

-William Shakespeare-


Vivre le moment présent sous oublier le passé

Notre bien-être dépend de la façon que l’on a de se situer par rapport au présent. On ne peut pas changer ni contrôler le passé-

La seule chose que l’on puisse contrôler, c’est notre attitude, ainsi que notre façon d’affronter notre passé dans le présent.

C’est pourquoi notre travail personnel ne consiste pas vraiment à oublier notre passé, ni les personnes qui comptaient pour nous, mais plutôt à pouvoir intégrer toutes ces expériences dans notre présent, en guise d’expérience et d’apprentissage.

Pouvoir tenir compte de ce que nous avons été et de ce que nous avons vécu, qu’il s’agisse des choses agréables comme des choses désagréables, nous permet de mieux savoir ce que l’on veut aujourd’hui.

Nous portons alors un regard plus lucide et sain sur les choses, en prenant en compte l’ensemble des expériences que nous avons vécues.


“Marcheur, seul compte
le chemin que tu parcoures ;
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.
C’est en marchant que chemin se fait,
Et c’est en regardant derrière soi
que l’on voit le sentier qu’on ne doit
plus jamais fouler de nouveau.
Marcheur, il n’y a pas chemin,
mais seulement des traînées dans la mer”

-Antonio Machado-


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