Dans la vie, il me suffit de peu, mais ce peu doit combler l’âme

28 avril 2017 dans Emotions 494 Partagés

Pour être heureux-se, il suffit parfois de peu. Mais, ce peu ne signifie pas des miettes, ni les restes que les autres laissent pour alimenter un amour intéressé. Ce peu doit nous combler l’âme, il doit nous rendre dignes en tant que personnes et ainsi, jamais nous ne devons nous satisfaire des morceaux brisés que d’autres nous offrent comme si c’était des palais royaux. Nous savons qu’aujourd’hui, les approches à mi-chemin entre psychologie positive et spiritualité sont en plein essor, et montrent le besoin d’apprendre à valoriser les petites choses ou d’être heureux-se avec peu, avec le plus élémentaire. Des idées telles que « le bonheur, c’est se rendre compte que rien n’est trop important. » peuvent sans aucun doute nous embrouiller un petit peu.

« Dans la minute où vous êtes satisfait de moins de ce que vous méritez, vous obtenez encore moins que ce dont vous êtes satisfait. »

-Mauren Dowd-

Tout a des nuances et dans ce type d’énoncé, les nuances sont grandes. Tout d’abord, il faut savoir que ce n’est pas une bonne idée de se satisfaire de moins que ce que l’on mérite. Parfois, nous convaincre que « le minimum est suffisant » peut nous amener à sombrer dans des terres en friches. Il y a celleux qui se disent à eux-mêmes que la terre est bonne, et que tôt ou tard, des graines germeront, desquelles sortiront des fleurs spectaculaires.

Cependant, notre vie se transforme souvent en une antichambre de rêves qui n’arrivent jamais, d’objectifs qui ne s’atteignent jamais, de fleurs qui ne fleurissent jamais. Se satisfaire de peu, ce n’est pas vivre de miettes, et le bonheur ne signifiera jamais « se convaincre que rien n’est trop important ». De fait, c’est tout le contraire : nous savons savoir CE QUI est vraiment important.

Nous vous proposons de réfléchir à cela dans cet article.

Significations et objectifs de vie

Les professionnel-le-s de la santé mentale se plaignent très souvent car les modèles actuels ont pour objectif de traiter la dépression, et ne donnent pas toujours les résultats espérés. Les programmes échouent et souvent, l’approche qui consiste à mélanger traitement pharmacologie et psychothérapie offre une amélioration qui est souvent temporaire.

Le docteur Eric Maisel, psychothérapeute et auteur d’une longue liste de livres sur la dépression et les émotions, nous parle de la nécessité de reformuler certains aspects. Les psychiatres d’aujourd’hui continuent à se concentrer de manière presque exclusive sur l’analyse des symptômes du/de la patient-e, sans investir de temps ni de ressources dans la recherche de la véritable racine du problème.

Iels prescrivent des antidépresseurs comme on proposerait des pansements contre la douleur de la vie. Pourtant, il faudrait plus, plus d’approches et moins d’étiquettes pour traiter toutes les personnes de la même manière.

Selon Maisel, aujourd’hui, ce dont nous souffrons en plus grande mesure, c’est d’une profonde et dévastatrice angoisse existentielle. Nous avons oublié nos objectifs de vie, au point de ne pas apporter de valeur à nos émotions, nos pensées ou nos décisions. Notre quotidien est comme un décor habité de brouillard, où rien n’a de signification réelle.

Nous pourrions dire, quasiment sans nous tromper, que nous nous sommes habitué-e-s à vivre avec beaucoup moins que ce que nous méritons. Car il ne s’agit pas d’être heureux-se avec peu, il s’agit de savoir quelles sont nos priorités, quels sont nos objectifs de vie, quelles sont nos valeurs, et à ce moment-là, alors nous pourrons apprendre à harmoniser notre musique intérieure. Sans bruits de l’entourage, sans artifices.

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Le peu, s’il est bien, pèse moins lourd

Visualisons un moment une personne qui essaie de traverser une rivière avec un sac à dos sur le dos. Le soleil est intense, rude et parfois aveugle. On ne sait pas vraiment où l’on veut aller, on sent seulement que l’on doit traverser cette rivière, quoi qu’il arrive… Même si le sac à dos que l’on charge sur son dos est trop lourd et que l’on peut à peine avancer. Il faut faire quelque chose.

« La tentation la plus grande des humains est de se satisfaire de très peu. »

-Thomas Merton-

Notre protagoniste se voit obligé-e de s’arrêter et de prendre des décisions. Iel enlève son sac à dos et l’ouvre : il y a des pierres, beaucoup de pierres, certaines très grosses d’autres plus petites. Les plus volumineuses sont les plus belles et les plus spectaculaires : elles représentent ses valeurs, ses besoins, ses vertus, les choses qu’iel aime le plus et qui l’identifient.

Les petites pierres font référence aux besoins des autres, aux inquiétudes que d’autres lui mettent sur le dos, aux critiques, aux faussetés, aux obligations de plaire, de satisfaire les autres, d’être comme iels veulent qu’iel soit. Il est nécessaire de prendre une décision tranchante, et notre protagoniste le fait : iel choisit d’enlever de son sac à dos toutes ces petites pierres gênantes.

Quand iel le fait, quand iel les retire une par une, iel se rend compte de quelque chose d’étonnant : elles sont des milliers et elles représentent le triple en poids de ses pierres les plus grosses, ses préférées. Lorsqu’iel a fini et qu’iel remet son sac sur son dos, iel est surpris par sa légèreté. Quand iel commence à marcher à nouveau, le chemin est plus dégagé. Iel se sent fort, iel se perçoit courageux-se et avec plus de volonté pour traverser cette rivière.

Les pierres qu’il porte sur son dos sont très peu, elles sont grandes, sans aucun doute, mais leur beauté est telle qu’elles l’inspirent chaque jour avec leurs formes et leur éclat. Petit à petit, et grâce à leur merveilleuse influence, iel se souvient quel était son chemin et quel est son destin. Et iel n’hésitera plus à l’accomplir.

Commencez à faire cela vous aussi. Allégez vos poids et ne gardez que ce qui est vraiment significatif et enrichissant.

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