Théorie du sociomètre : à quel point accordons-nous de l’importance à ce que les autres pensent de nous ?

16 avril 2019
En quoi consiste cette théorie ?

Quelle importance donnons-nous à ce que les autres pensent de nous ? Généralement, nous sous-estimons cette opinion. En fait, même si cela peut nous sembler incroyable, nous semblons bénéficier d’un mécanisme qui nous permet d’adapter notre comportement à l’information de cette variable. Pour approfondir un peu plus cette idée, nous allons aujourd’hui vous parler de la théorie du sociomètre.

Cette théorie nous parle d’un mécanisme psychologique qui nous aide à minimiser la probabilité de rejet. Elle serait liée à l’autorégulation de notre comportement en compagnie ou envers d’autres personnes.

Ce mécanisme régulateur semble répondre aux changements de valeur relationnelle. Il nous fournit un cadre à partir duquel nous pouvons analyser des phénomènes comme l’estime de soi et la sensibilité au rejet, tout comme les troubles de personnalité et de nombreuses autres réactions.

Cet indicateur psychologique peut même nous donner des informations très précieuses sur ce qui se produit quand les personnes s’autorégulent de façon dysfonctionnelle. Cette forme d’autorégulation nuit encore plus à leurs relations avec d’autres personnes. Ce sociomètre affecte également la régulation de nos émotions; il a une influence sur elles.

Bases évolutives de la théorie du sociomètre

Baumester et Leary ont développé la théorie du sociomètre de l’estime de soi. Un peu plus tard, cette théorie a été élargie par Gardner, Pickett et Brewer. Ils se sont appuyés sur l’idée selon laquelle l’être humain est pratiquement incapable de survivre et de se reproduire sans maintenir un minimum de relations sociales. C’est pour cela qu’ils ont développé un système qui permet d’avoir de bonnes relations. Ce système contrôle les réactions des autres devant notre comportement, et surtout les réactions à des actions qui peuvent aboutir à un rejet social de notre personne.

Il alerte l’individu sur les possibles changements d’inclusion ou de baisse d’acceptation sociale dans son statut. Ce scanner d’évaluation de l’état de nos relations est celui qui nous motive à adopter des comportements qui améliorent des situations nuisant à nos relations. Il nous alerte aussi à propos des comportements qui peuvent mettre nos liens sociaux en danger. En d’autres termes, l’être humain a développé un mécanisme psychologique qui surveille l’environnement visuel indirect pour trouver des indices qui aide à améliorer les relations d’une personne.

théorie du sociomètre

 

Les émotions : des outils de mesure

Selon la théorie du sociomètre, l’estime de soi est un indicateur de la qualité de nos relations sociales. Lorsque les personnes maintiennent des comportements qui les poussent à être rejetés par le groupe, leur estime de soi sera touchée et baissera. En revanche, si leurs comportements sont liés à des émotions positives, leur estime de soi augmentera. Nous pourrions donc dire que l’estime de soi a un rôle émotionnel important.

Tout au long de notre évolution, la nature nous a dotés d’un système d’alarme qui marque, avec de la douleur, les choses que nous devons éviter. Et elle a aussi marqué, grâce au plaisir, les choses que nous devrions répéter. Lorsque les besoins d’une personne ne sont pas comblés, des sensations d’aversion apparaissent. Le but est que l’organisme réagisse et trouve une solution à cette situation désagréable ou menaçante. Ceci s’applique également dans le cas de besoins d’appartenance. Les émotions sont là pour nous alerter à propos d’événements qui jouent un rôle considérable sur notre bien-être. Toutes les émotions sont adaptatives.

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Comment fonctionne ce système ?

Ce système de contrôle semble agir hors de la conscience. Il nous permet d’évaluer si notre valeur relationnelle est basse ou diminue. C’est à ce moment que l’individu prend conscience de la situation. Si la personne a récemment vécu une expérience de rejet, elle sera plus sensible à l’opinion des autres gens sur sa personne. Et elle utilisera davantage de ressources cognitives pour réfléchir à ses situations sociales.

Cette théorie, en réalité, nous explique que l’estime de soi est un indicateur. Par conséquent, essayer de la contrôler n’aurait aucun sens. Le psychiatre Pablo Malo a effectué une comparaison entre ce phénomène et la jauge d’essence d’une voiture :

« Pour une personne avec une faible estime de soi, vouloir l’élever serait comme vouloir manipuler l’aiguille de la jauge d’essence d’une voiture pour avoir plus d’essence. Or, en réalité, si nous voulons avoir plus d’essence, nous devons seulement aller dans une station-service et remplir le réservoir ».

Cela nous mène à penser que l’estime de soi, en réalité, se renforce avec l’acquisition d’habiletés sociales et le développement de capacités qui facilitent notre adaptation sociale. Elle semble donc être influencée par la façon dont nous nous adaptons à notre environnement et dont nous évaluons cette adaptation.