De quoi est faite notre identité sociale ?

· 1 décembre 2017

L’identité sociale est le degré auquel nous nous identifions à un groupe. Il s’agit de l’importance que revêt un groupe auquel nous appartenons. Plus nous nous identifions au groupe, plus ce groupe définira notre personnalité. Les normes et les valeurs du groupe vont être partagées par les membres dudit groupe ; par ailleurs, plus elles sont considérées comme étant importantes, plus elles seront respectées.

Mais l’identité sociale est-elle quelque chose d’aussi simple que l’importance d’un groupe ? Non, l’identité sociale n’est pas seulement l’importance du groupe et l’assimilation de ses normes et valeurs. L’identité sociale de tout groupe est un amalgame de différentes parties. Plus précisément, l’identité sociale est composée de deux facteurs au niveau du groupe et de cinq au niveau individuel.

L’auto-investissement de l’identité sociale

Comme nous l’avons dit précédemment,  l’identité sociale a deux composantes au niveau du groupe : l’auto-investissement et l’auto-définition. L’auto-investissement fait allusion au sentiment d’appartenance au groupe. Le sentiment que nous faisons partie de quelque chose de plus grand et l’attribution de sentiments positifs. Pour certaines personnes, le sentiment d’inclusion résultant du fait d’appartenir à un groupe est d’une importance vitale. Ce sentiment, qui génère le bien-être, est associé à l’attribution de caractéristiques positives. Par exemple, mon groupe est le meilleur, les membres sont de bonnes personnes, nous faisons des choses importantes.
identité sociale

La dimension de l’auto-investissement, à son tour, est composée de trois composantes individuelles. Il s’agit de la satisfaction, de la solidarité et de la centralité. La satisfaction se reflète à travers les sentiments positifs envers le groupe et l’appartenance à celui-ci. Une personne qui se considère comme française se sentira satisfaite d’être française du fait que son groupe national soit la France. Cette personne ira même jusqu’à nier les aspects négatifs pouvant être attribués au fait d’être défini comme français. Par conséquent, sa satisfaction aura tendance à se maintenir.

La solidarité est basée sur un lien psychologique avec les autres membres du groupe et leur engagement envers eux. Les personnes qui s’identifient le plus à un groupe seront plus enclines à faire davantage de choses pour le reste des membres du groupe. Une personne ayant une forte identité avec une religion ne refusera presque rien aux personnes possédant la même religion. Cependant, il se pourrait qu’il lui soit plus difficile de partager avec des personnes d’une autre religion. La solidarité crée un engagement avec le groupe et ses membres.

La centralité rend les membres du groupe sensibles aux problèmes de groupe, qu’ils se produisent au sein du groupe ou par rapport à d’autres groupes. Lorsque le groupe est considéré comme menacé, les personnes pour lesquelles la centralité est importante lutteront contre cette menace. La centralité consiste à placer le groupe avant les autres besoins individuels. Le supporter d’un équipe de football peut laisser de côté des aspects importants de sa vie pour encourager son équipe.

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L’auto-définition de l’identité sociale

Par ailleurs, l’auto-définition est la façon dont le groupe se définit. Une partie importante de cette définition est le degré dont les personnes qui le composent pensent qu’elles sont similaires au prototype du groupe. L’auto-définition se manifeste également dans la façon dont ses membres perçoivent qu’ils partagent les points d’identité de ce groupe.

Ainsi, les membres du groupe ont tendance à se ressembler sur différents aspects. Les composants individuels de l’auto-définition sont les auto-stéréotypes et l’homogénéité. Les auto-stéréotypes apparaissent lorsque les membres du groupe se perçoivent eux-mêmes comme des membres du groupe. En faisant cela, ils ont également tendance, d’une certaine manière, à adopter les stéréotypes qui sont attribués au groupe.

Normalement, les membres du groupe sont perçus comme similaires aux membres les plus prototypiques du groupe. Ils perçoivent également qu’ils partagent un destin commun avec le groupe, ce qui les fait partager et se sentir concernés par les succès et les échecs du groupe.

D’autre part, l’homogénéité perçue au sein du groupe est associée au désir de maintenir le caractère distinctif positif du groupe. Les membres d’un groupe pensent généralement que leur groupe partage beaucoup de choses et que tous ses membres sont similaires. Ainsi, ils ont tendance à voir une plus grande homogénéité dans le groupe qu’il n’en existe en réalité.

Par conséquent, les personnes qui s’identifient fortement sont susceptibles de rejeter les membres d’autres groupes parce qu’ils les considéreront comme différents. Si une personne appartient à un groupe extrémiste, comme les néo-nazis, elle essaiera de se différencier le plus possible des autres groupes, à l’instar des skinheads, même s’ils partagent certaines caractéristiques.

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La diversité de l’identité sociale

Ces différentes composantes de l’identité amènent les individus à s’identifier aux groupes de différentes manières. Certains peuvent souligner l’homogénéité du groupe et essayer de se distinguer des autres groupes. D’autres peuvent se concentrer sur la solidarité avec les membres de leur groupe ou accorder une grande importance à la centralité.

Nous trouvons un exemple pratique de ceci dans le débat en Espagne sur l’indépendance de la Catalogne. Certaines personnes s’identifient comme espagnoles et catalanes, ou seulement au sein de l’un des deux groupes sociaux. Mais cette identification n’est pas la même pour tout le monde. Certains peuvent se sentir catalans et percevoir que l’Espagne est une menace, tandis que d’autres s’auto-stéréotypent et essaient d’imiter les membres les plus représentatifs de leur groupe.

Ces différences d’identité sociale font que l’identité de chaque personne est différente et donnent plus d’importance à l’un ou l’autre des aspects du groupe. Par conséquent, les personnes appartenant à plusieurs groupes qui se recoupent, l’Espagne et la Catalogne, peuvent avoir différentes façons de s’identifier à chacun des groupes.