Le rejet est la blessure émotionnelle la plus profonde

30 avril 2017 dans Psychologie 6681 Partagés

Il y a des blessures qui ne se voient pas mais qui peuvent s’enraciner profondément dans notre âme et coexister avec nous pour le reste de nos jours. Ce sont les blessures émotionnelles, la trace de nos problèmes vécus dans l’enfance et qui déterminent souvent la qualité de vie que nous avons en tant qu’adultes.

L’une de ces blessures émotionnelles parmi les plus profondes est le rejet. Car quiconque en souffre se sent rejeté en son for intérieur, et interprète tout ce qui arrive dans son entourage à travers le filtre de cette blessure. Il se sent rejeté dans certaines situations alors que ce n’est pas le cas.

Examinons ce sentiment plus en détails.

Origine de la blessure émotionnelle du rejet

Rejeter signifie s’opposer, mépriser ou dénier. On peut aussi le traduire par “ne pas aimer” quelqu’un ou quelque chose. Cette blessure naît du rejet des parents envers leur enfant et parfois, d’un sentiment de rejet de leur parent, sans qu’ils n’aient cette intention.

Face aux premières expériences de rejet, on commence à croire à une mascarade pour se protéger de ce sentiment si déracinant qui est lié à la sous-estimation de soi-même et qui est caractérisé par une personnalité fuyante selon les recherches menées par Lise Bourbeau. Ainsi, la première réaction de la personne qui se sent rejetée sera de fuir et il n’est donc pas rare, chez les enfants, de s’inventer un monde imaginaire.

Dans les cas de sur-protection, au-delà de la facette superficielle masquée par l’amour, l’enfant se sentira rejeté car il n’est pas accepté tel qu’il est. Le message qui lui parvient, c’est que ses capacités ne sont pas valables et que ses parents doivent donc le protéger.

Comment se sent la personne blessée par le rejet

À partir des blessures émotionnelles que l’on ressent dans l’enfance, une partie de notre personnalité se forme. Ainsi, la personne qui souffre de rejet est caractérisée par le fait de se sous-estimer et de rechercher la perfection à tout prix. Cette situation la mène à une recherche constante de la reconnaissance des autres, une reconnaissance très difficile à rassasier.

Selon Lise Bourbeau, c’est avec le progéniteur du même sexe que cette blessure se fera plus présente, et envers qui la recherche d’amour et de reconnaissance sera plus intense, la personne étant très sensible à tout commentaire provenant de ce parent-là.

Les mots “rien”, “inexistant” ou “disparaître” font partie son vocabulaire habituel, confirmant la croyance et la sensation du rejet qui est imprégnée chez l’enfant. Ainsi, il est normal qu’il préfère la solitude car s’il reçoit trop d’attention, il y a de fortes chances qu’il soit méprisé. S’il doit partager des expériences avec d’autres gens, il essayera de passer sur la pointe des pieds, sous la carapace qu’il se construit, presque sans parler ou uniquement pour se sous-estimer lui-même.

De plus, l’enfant vit dans une ambivalence constante car quand il se rejette lui-même. Il parvient même à saboter la situation et quand il n’est pas rejeté, il ressent quand même ce sentiment. Avec le temps, la personne qui souffre de blessure du rejet et ne la guérit pas peut devenir rancunière et arriver à la haine, fruit de la souffrance intense.

Plus la blessure du rejet est grande, plus le risque d’être rejeté ou de rejeter les autres est grand.

Guérir la blessure émotionnelle du rejet

L’origine de n’importe quelle blessure émotionnelle provient de l’incapacité à pardonner ce que nous faisons ou ce que les autres nous font.

Plus la blessure du rejet est profonde, plus le rejet envers soi-même ou les autres est grand, ce qui peut se cacher derrière la honte. De plus, il existe une plus forte tendance à la fuite, mais c’est seulement un masque pour se protéger de la souffrance générée par cette blessure.

La blessure du rejet se guérit en apportant une attention toute particulière à l’estime de soi, en commençant par se mettre en valeur et à avoir de la reconnaissance pour soi-même, sans avoir besoin de celle des autres. Pour cela :

  • Une étape fondamentale consiste à accepter la blessure comme une partie de soi-même, pour pouvoir libérer tous les sentiments bloqués. Si nous refusons la présence de notre souffrance, nous ne pouvons pas travailler à sa guérison.
  • Une fois qu’elle est acceptée, l’étape suivante sera de pardonner pour se libérer du passé. Tout d’abord, nous-même pour le traitement que nous nous faisons et ensuite, les autres, car les personnes qui nous ont blessé souffrent sûrement d’une douleur profonde ou ont traversé une expérience blessante.
  • Commencer par prendre soin de soi avec amour. Penser à soi avant tout et se donner l’amour et la valeur que nous méritons est un besoin émotionnel indispensable pour continuer à grandir et à s’épanouir.

Même si nous ne pouvons par effacer la souffrance vécue dans le passé, nous pouvons soulager nos blessures et les aider à cicatriser pour que leur douleur disparaisse ou soit atténuée. Car selon ce qu’a dit Nelson Mandela, nous sommes tous capitaines de notre âme.

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