Syndrome d'Icare, ou autocritique muette

Le syndrome d'Icare a un triste passé. Il se plaint, presque toujours, auprès de personnes talentueuses qui, cependant, n'apprécient pas vraiment ses capacités. À la fin, ils finissent par devenir Icare, avec des ailes de cire qui font décoller les vols dangereux.
Syndrome d'Icare, ou autocritique muette

Dernière mise à jour : 24 novembre, 2021

Le syndrome d’Icare fait référence au narcissisme. Certaines personnes, par excès de confiance, finissent par ne pas atteindre leurs objectifs. Cette condition se produit surtout chez certaines personnes avec un talent particulier.

En général, le syndrome d’Icare survient chez ceux qui font partie des cercles du pouvoir politique, économique, sportif ou artistique, entre autres. Le terme “brûlé” est courant pour désigner ces personnes qui étaient sur le point d’atteindre le sommet, mais qui n’y sont pas parvenues.

La confiance en soi n’est pas seulement une vertu, mais aussi un grand avantage dans le monde social. Cependant, lorsqu’une telle confiance n’est pas soutenue par des fondations solides, elle peut conduire au syndrome d’Icare ou à une fausse perception de ses propres capacités.

“Parfois, je Ca da te tue. Et parfois, quand tu tombes, tu t’envoles ».

-Neil Gaiman-

Homme politique parlant

Le mythe d’Icare

Dans la mythologie grecque, Dédale était considéré comme l’architecte et l’inventeur le plus remarquable de son temps. Par conséquent, le roi Minos lui a confié la tâche de construire un labyrinthe pour enfermer ses ennemis et les affronter avec le Minotaure de Crète.

Pour garder secrète la construction du labyrinthe, le roi Minos décida de garder Dédale et son fils Icare en captivité. Pour cette raison, Dédale a décidé de construire des ailes avec des plumes entrecroisées et collées avec de la cire pour s’envoler de l’île.

Dédale a conseillé à son fils de ne pas voler trop haut car la chaleur du soleil pourrait faire fondre la cire sur ses ailes et le faire tomber. Le bon Icare s’envola, prit confiance et, aveuglé par l’orgueil et attiré par la puissance du soleil, s’approcha de trop près. Ses ailes fondirent et il plongea dans le vide pour se noyer dans la mer.

La proximité du pouvoir

Le pouvoir enivre et couvre d’un voile qui rend difficile la pratique de l’exercice de l’autocritique. D’où l’incapacité d’écouter et de corriger les erreurs. Dans le syndrome d’Icare, il n’est pas écouté et moins s’il s’agit de conseils d’autrui.

La proximité avec le pouvoir politique, économique ou autre s’accompagne de tentations auxquelles il est facile de succomber. Ainsi, surtout les jeunes et les talentueux, ils servent souvent de simple chair à canon. D’un côté, ils sont prêts à tout pour trouver l’opportunité de leur vie, alors ils mettent tous leurs efforts ; d’autre part, le degré d’immaturité qui les accompagne les amène à prendre de mauvaises décisions concernant leur avenir.

Un talent malavisé

Dans le syndrome d’Icare, c’est le talent mal orienté qui se transforme en vertu et en malheur pour atteindre vos objectifs. D’une part, cela fonctionne comme quelque chose qui leur permet de se démarquer de la foule et de se démarquer.

De l’autre, l’ambition excessive et l’ignorance de ses propres limites finissent par conduire à l’échec. C’est pourquoi il est fréquent de retrouver ce phénomène chez des jeunes à l’avenir prometteur.

En ce sens, il y a un facteur supplémentaire qui joue un rôle important ; il s’agit d’un manque d’expérience. Il y a donc une certaine naïveté et un manque de prévoyance lorsqu’il s’agit de relever des défis, sans tenir compte des risques possibles.

Quelques caractéristiques du syndrome d’Icare

Les personnes atteintes du syndrome d’Icare sont souvent caractérisées par l’arrogance. De même, elles sont convaincues qu’elles sont uniques et que leurs capacités ne peuvent être égalées par personne. En même temps, elles font preuve d’une soumission excessive envers leurs supérieurs dans l’échelle hiérarchique. Elles le font parce qu’elles considèrent que c’est une condition essentielle pour atteindre une position sociale ou économique élevée.

Au fond, il y a un fort sentiment d’impuissance à pouvoir faire face à son faible niveau d’estime de soi. Elles sont souvent inconscientes, capricieuses et peuvent décrire des comportements imprévisibles et erratiques.

Le gros poisson dévore le petit poisson

Les personnes égoïstes qui pensent selon leurs propres intérêts pour atteindre leurs objectifs appartiennent au syndrome d’Icare. Pourtant, en même temps, elles sont naïves en se prêtant à prendre les risques indiqués par leurs patrons.

Ainsi, il est très fréquent que ces patrons reçoivent un traitement de faveur entouré de cocooning et de tolérance, en plus de négliger leurs défauts. Par conséquent, ils sont capricieux et avec un certain degré d’indiscipline.

Malheureusement, au moment où ils remarquent leurs défauts ou leurs erreurs, il est généralement trop tard et leurs ailes finissent par se brûler, alors ils se précipitent dans le vide. Cela se passe de manière similaire au mythe d’Icare, qui après avoir volé très haut, a fini par tomber dans le vide.

La chute d'Icare

Origine du syndrome

Le syndrome d’Icare survient généralement à la suite de l’inattention des parents pendant la petite enfance. En d’autres termes, en tant qu’enfants, une bonne partie de leurs réalisations étaient ignorées ou désapprouvées par leurs parents.

Cette situation les amène à se sentir confus en tant qu’adultes, à ne pas savoir clairement qui ils sont et à maintenir une échelle de valeurs incohérente. Ils ne sont pas à l’aise avec qui ils sont, ils sont donc en constante recherche d’affirmation de soi.

De même, ils ne ressentent souvent pas d’appréciation pour leurs collègues ou les personnes occupant des postes inférieurs aux leurs. Les relations qu’ils établissent avec les autres obéissent à une finalité pratique, dans laquelle chaque individu agit comme une pièce de plus sur un échiquier. Une perspective erronée qui a des conséquences fatales.

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  • Ghiles, F. (2011). EE UU y el síndrome de Ícaro. Una historia de arrogancia.