Nous sommes tous ignorants, mais nous n’ignorons pas tous la même chose

· 20 janvier 2016

Il existe une croyance irrationnelle, très ancrée dans notre culture, que l’on pourrait résumer ainsi : « Je dois être compétent, je dois démontrer de l’intelligence et de la sagesse dans tous les aspects de ma vie ».

La société moderne nous impose d’être infaillibles, au moins aux yeux des autres. Nous n’avons plus le droit de nous tromper.

Les personnes qui s’imposent trop de responsabilités ont en réalité peur de paraître inférieures aux autres, d’être ignorantes ou de sembler peu intelligentes.

Elles pensent que si les autres ne voient pas qu’elles maîtrisent n’importe quel sujet, elles vont être rejetées. C’est une idée qui leur est insupportable et qui génère énormément d’anxiété dans leur quotidien.

Si nous réfléchissons à ce sujet, il apparaît qu’il s’agit d’une peur absurde et totalement contre-productive.

Il est certain qu’il est très gratifiant de faire montre de certaines qualités, d’une bonne culture et d’une part de sagesse.

Lorsque les autres nous admirent ou nous félicitent pour nos connaissances, ou pour quelque chose que nous avons réussi, nous nous sentons en accord avec nous-mêmes et nous éprouvons de la fierté.

Cependant, il y a un monde entre ressentir cette satisfaction, et placer dans la reconnaissance des autres les piliers de notre confiance en nous.

Ce ne sont pas les autres qui déterminent si nous sommes intelligents, cultivés, ou capables. Notre estime personnelle doit d’abord dépendre de l’opinion que nous avons de nous-mêmes.

Femme-triste-regardant-l-horizon

De quoi l’estime de soi ne doit-elle pas dépendre ?

L’estime de soi ne doit jamais dépendre de valeurs superficielles. Nous entendons par là tout ce qui à trait au physique, à l’intelligence, au succès, et à l’acceptation des autres.

Ce sont des valeurs qu’il est très facile de perdre à n’importe quel moment de notre existence. Le fait de les perdre peut engendrer une chute vertigineuse de notre estime personnelle.

Baser notre confiance sur ces critères fait donc de nous des personnes vulnérables.

Il y aura toujours quelqu’un de plus beau, de plus intelligent, de plus capable, de plus cultivé ou de plus accompli que nous.

Si vous faites dépendre votre propre valeur et votre estime personnelle des autres, vous serez une personne très fragile au niveau émotionnel.

Le mal-être et la non-acceptation de soi feront irruption dans votre vie.

“Moins nous nous acceptons, plus nous avons besoin de l’acceptation des autres”
-Hoffman-

D’où provient cette croyance ?

Malheureusement, depuis que nous sommes tout petits, on nous apprend qu’il faut étudier de longues années pour réussir, qu’il faut être quelqu’un dans la vie, passer devant les autres…Et gare à ceux qui n’y parviennent pas !

Ils ne pourront pas être à la hauteur dans une conversation, ils n’auront pas un travail digne, en somme, ils n’auront pas de succès.

Que vont donc penser les autres ? Ces personnes seront condamnées à vivre une vie médiocre, quelle honte !

Mettez-vous un instant à la place d’un enfant à qui l’on insuffle toutes ces idées. Il grandit dans l’angoisse de ne pas être le numéro un, et il veut démontrer en permanence qu’il est le meilleur.

Il choisira de se mettre en compétition avec les autres, plutôt que de se dépasser intérieurement pour atteindre le bonheur.

Cet enfant va devenir une personne anxieuse qui percevra mal le fait que l’on ne reconnaisse pas sa valeur. C’est terrible, non ?

Se défaire du poids de cette croyance

Pour se défaire d’une croyance aussi ancrée dans notre esprit, nous devons nous convaincre nous-mêmes par l’intermédiaire d’arguments fondés, que cette pensée est totalement irrationnelle, irréelle et absurde.

Il est nécessaire de la remplacer par des croyances plus saines. Voici certains des arguments que vous pouvez employer :

  • L’intelligence n’est pas une valeur importante : comme nous vous l’avons dit auparavant, être ou ne pas être intelligent, ignorant ou cultivé, n’a que peu d’importance.
    La seule valeur qui importe est l‘amour. L’amour de la vie, l’amour de soi, l’amour des autres.
  • Nous sommes tous l’ignorant de quelqu’un d’autre, comme nous vous le disions en titre de cet article.
    Nous ignorons tous quelque chose que les autres savent, c’est une vérité absolue.
    Un médecin connaît parfaitement le corps humain, mais peut être totalement désemparé face à un objet électronique.
    Un électricien est capable de réparer des réseaux complexes, mais il ne sait peut-être pas prendre de bonnes photos.
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La société nous a fixé comme objectif de savoir, et d’en savoir toujours plus. Cet objectif est totalement irréalisable, puisqu’il n’a pas de fin, et le seul intérêt qu’il revêt se trouve dans notre tête.

Il nous faut accepter la réalité : nous ignorons tous des dizaines, des centaines, des milliers de choses.

Ce n’est absolument pas grave, et cela n’empêche pas le monde de tourner.

  • Nos relations s’amélioreront si nous changeons de valeur : il est certain que de nombreuses personnes apprécient de se trouver en compagnie de gens intelligents et cultivés, notamment celles qui se sentent vides au fond d’elles et qui basent leur existence sur cette pauvre échelle de valeurs.

Fort heureusement, il existe d’autres individus, bien mieux équilibrés, qui apprécient avant tout les gens authentiques, qui se montrent tels qu’ils sont.

Des individus qui savent que tout ne peut pas être bien ou parfait, mais qui ont envie d’apprendre en s’amusant. Ces personnes sont les véritables héros de nos sociétés modernes.

Evidemment, si nous nous lançons dans la vie avec cette nouvelle perspective, nos relations avec les autres vont s’améliorer en un rien de temps.

Il n’y aura plus de débats ou de disputes stériles pour avoir raison et pour imposer sa vérité, mais un partage continu, perpétuel, qui est lui aussi une source immense de savoir.

  • Prenez le risque de paraître ignorant, et vous verrez qu’il ne se passera rien de grave.
    Vous n’osez pas lever la main dans une assemblée, de peur de paraître ignorant ? Mais si vous ne le faites pas, n’est-ce pas là la preuve que vous ne savez pas ?
    Ce paradoxe est très typique en psychologie : par peur de paraître idiot, nous confirmons que nous le sommes.

Nous devons ignorer cette peur qui nous dit que quelque chose de mal se passera si nous ne savons pas répondre à une question, ou si nous échouons.

En réalité, rien ne se passera, et nous pourrons continuer à vivre malgré cela.

Osez enfin faire toutes ces choses que vous ne faites pas par honte ou par peur.

Demandez, levez la main, répondez, et apprenez enfin ce que vous ne savez pas, de la meilleure manière possible.