Se sentir coupable de se reposer

Se sentir coupable de se reposer est un comportement irrationnel. Bien que la société nous invite à travailler sans relâche, il y a de bonnes raisons de valoriser le repos.
Se sentir coupable de se reposer

Dernière mise à jour : 21 juillet, 2021

Nous vivons une époque marquée par la vitesse, l’hyperproductivité et l’obsession de réussir. Adhérer à ces schémas, consciemment ou non, implique de se soumettre au stress. Sous pression et avec l’idée que peu importe ce que nous faisons, ce ne sera jamais assez, il est facile de se sentir coupable de se reposer.

Cette façon de penser est une distorsion de la réalité. De plus, il s’agit précisément la raison pour laquelle le malaise s’installe lorsque nous ne respectons pas les délais de productivité. Au fond, penser ainsi ne fait que confirmer un discours imposé qui finit par se normaliser.

« La volonté de dépassement de chaque personne est unique. En faire trop peut endormir les émotions de chaque bourreau de travail de différentes manières. Parfois, le travail supplémentaire réduit la dépression, la colère, l’envie ou la sexualité. »

– Arlie Russell Hochschild –

Un homme qui travaille.

Se sentir coupable de se reposer, pourquoi ?

Des expressions telles que « le temps c’est de l’argent », « optimiser le temps », « ne pas perdre de temps » ne sont pas du tout innocentes. Elles pointent vers un discours qui cherche à se maintenir en utilisant tous les outils à sa disposition pour y parvenir. Donc, d’un certain point de vue, il est “normal” de se sentir coupable de se reposer.

Il en est ainsi, car il existe un mandat intériorisé : « il faut toujours faire quelque chose d’utile de son temps ». Heureusement, aujourd’hui, nous commençons également à reconnaître qu’une extrême productivité n’est pas le plus adéquat.

Une personne se sent coupable de se reposer lorsqu’elle croit qu’elle transgresse une règle « sacrée » . Il faut considérer que les règles sont légitimes lorsqu’elles contribuent au bien-être. Dans le cas contraire, opère alors une obéissance aveugle et autodestructrice qu’il est nécessaire de repenser.

De même, il est fréquent que les personnes travaillent davantage pour mettre un voile sur d’autres aspects de leur vie. Si d’autres dimensions ne fonctionnent pas bien, occuper tout son temps permet d’éviter de se confronter à des aspects inconfortables de l’existence.

Le poids de l’environnement

Une culture peut considérer quelque chose comme un défaut et non une autre. Il en va de même avec le contexte social, politique ou familial. Pour le dire autrement, une norme n’est qu’un point de vue sur quelque chose : ce n’est pas le seul, ni nécessairement le meilleur.

D’où la nécessité d’être critique avec la norme, d’approfondir sur son sens, son besoin et sa valeur. Les loisirs créatifs peuvent aujourd’hui se définir comme toute activité motivée par un intérêt personnel à grandir en dehors du milieu professionnel.

Cependant, dans la Grèce antique, il s’agissait du temps qu’utilisaient notamment les philosophes à réfléchir sur les questions importantes de la vie. Ces questions concernaient la société, l’art, la santé et la politique, entre autres.

Il est par ailleurs largement prouvé que lorsque quelqu’un de responsable fait usage de sa liberté, il obtient de meilleurs résultats. Autrement dit, l’idéal est d’agir de manière autonome et non en se conditionnant de peur ou de préjugés.

“Se sentir coupable de se reposer, dans la plupart des cas, traduit un conditionnement extrême.”

Un cercle vicieux qui se multiplie

L’Organisation mondiale de la santé estime que le stress est une véritable épidémie de ce siècle. Cela peut s’expliquer, en partie, parce que l’idée de s’occuper en permanence est devenu un comportement obsessionnel. Nous pensons à tort que nous serons meilleurs si nous suivons cette règle.

Certaines personnes sont non seulement exigeantes envers elles-mêmes de manière irrationnelle, mais s’attendent aussi à ce que les autres en fassent autant. A cela s’ajoute le fait que même la façon de se reposer est réglementée. Il est bon de s’offrir la possibilité d’être seul, de s’ennuyer et de faire des activités simples, voire inutiles.

C’est même essentiel. Le comportement compulsif entraîne tôt ou tard un sentiment de tristesse et de stress continu. Certaines études montrent que plus de 70 % des personnes renoncent à socialiser en personne parce qu’elles préfèrent faire quelque chose de « productif » .

Une femme concentrée.

Cesser de se sentir coupable de se reposer

La course effrénée pour atteindre la « perfection » fait oublier que le repos est nécessaire pour préserver la santé physique et mentale. Certains se sentent coupables de se reposer en raison de l’idée répandue selon laquelle même pendant son temps libre il faut gagner de l’argent.

Les experts soulignent que le repos est une condition préalable à la créativité. Il est également nécessaire pour être vraiment productif. De plus, ils exaltent les bienfaits de la pratique de la méditation et du contact avec les environnements naturels.

Une pause loin des écrans nous rapproche d’une réalité plus authentique. Une sieste ou un moment de méditation permet d’accéder à une nouvelle façon d’observer le monde et d’y être. Les performances diminuent lorsqu’une personne s’oblige à à travailler continuellement.

L’épuisement apparaît si nous ne nous reposons pas suffisamment et dépassons les limites raisonnables. Le repos est une nécessité biologique et psychologique pour pouvoir exercer n’importe quelle activité. Il s’agit en outre du seul moyen d’équilibrer les charges du quotidien.

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  • Castañeda Aguilera, E. (2010). Adicción al trabajo (workaholism): Patología psicosocial del siglo XXI. Salud de los Trabajadores, 18(1), 57-66.