Affronter la peur de la mort dans la vieillesse

Nous avons tous peur de la mort dans une certaine mesure. Elle reste une énigme qui provoque l'angoisse lorsque des aspects cruciaux de la vie n'ont pas été résolus ou doivent être vécus dans la solitude.
Affronter la peur de la mort dans la vieillesse

Dernière mise à jour : 15 juillet, 2021

Bien que la mort soit présente à toutes les étapes de la vie, elle acquiert un caractère particulièrement pertinent pendant la vieillesse. Cela est dû en grande partie au fait que cette phase de la vie s’accompagne d’une détérioration physique et mentale progressive, qui finit par accroître la peur de la mort.

Dans la culture occidentale, l’idée de la vieillesse a des connotations négatives. De nombreuses personnes âgées partagent ces idées, même si elles ne sont pas vraies. C’est pourquoi cette période de la vie est souvent associée à la maladie, la dépression, l’isolement et la passivité.

Il existe également de nombreuses personnes âgées qui vivent sereinement leurs dernières années et acceptent leur propre mort comme un fait naturel de la vie. D’autres, en revanche, sont incapables de faire la paix avec elles-mêmes et, bien souvent, cela accroît la peur de la mort.

“Nous avons tous peur, même ceux qui prétendent être courageux. Nous naissons avec la peur de la vie et nous mourons avec la peur de la mort.”

– Javier Reverté –

Un homme âgé inquiet.

La peur de la mort

Le processus de vieillissement est graduel, progressif et irréversible à n’importe quel stade de la vie, mais on a tendance à le relier exclusivement à la vieillesse. Il en va de même pour la mort, qui est conçue comme une proximité imminente dans cette phase de la vie.

Cela peut générer des sensations accablantes associées à la peur de la mort. On ne sait pas comment et quand une personne va mourir. Dans notre culture, ce sujet est tabou, ce qui conduit à un déni individuel et collectif face à la peur, la douleur et la souffrance.

Le fait de ne pas savoir ce qu’il y a après la vie éveille une peur de la mort qui peut engendrer de l’angoisse, surtout pour ne pas savoir si la transe sera prolongée et douloureuse. Le fait d’affronter la peur de la mort de cette manière rend plus difficile le passage de cette étape et la rend plus douloureuse.

Il est vrai que l’on a tendance à sous-estimer la capacité des personnes âgées à affronter la peur de la mort. Dans de nombreux cas, elles considèrent elles-mêmes qu’elles ne pourront pas la supporter. Cependant, dans ces circonstances, des ressources psychiques dont elles n’avaient pas conscience remontent à la surface.

D’autres perspectives

Pour un grand nombre de personnes âgées, la mort fait partie d’un processus naturel et elles l’affrontent à l’avance de manière active. Elles ne l’ignorent pas et, en fait, elles la prévoient.

Les personnes âgées ont vécu suffisamment de décès et ont appris à faire face à la maladie. Ainsi, sans le savoir, elles se préparent à leur propre mort depuis leur naissance. Certaines fantasment même sur cette étape inéluctable et font parfois preuve d’humour noir.

Plusieurs chercheurs s’accordent à dire que les personnes âgées sont plus familières avec les cimetières, les funérailles et la mort que les personnes d’autres âges. De plus, elles se fixent des objectifs à court terme et sont davantage préoccupées par la vie au jour le jour.

On atteint une vieillesse saine en sachant comment perdre. On a perdu la qualité d’être un fils, un travailleur, jeune, sain, vigoureux. “Digérer” chaque moment crucial de la vie permet de se préparer à assumer la perte suivante. De cette façon, une réalité chaotique est transformée en une situation géreable.

Un couple âgé.

Les idées sur la mort

On a attribué à la mort des caractéristiques macabres et bizarres. Pourtant la mort est au-delà de ce que tout être humain peut imaginer. À cet égard, Freud a déclaré que, tant pour l’homme primitif que pour l’homme moderne, la mort elle-même est inimaginable et irréelle. Par conséquent, face à elle, on ne peut agir qu’en tant que spectateur.

L’angoisse provoquée par la peur de la mort, dans un contexte social défavorable, peut devenir une expression silencieuse qui reste piégée dans le corps. Cela peut se traduire par des manifestations somatiques associées à de vagues douleurs et maladies.

Il est important de considérer le rôle des réseaux de soutien émotionnel et social dans ces circonstances. Le fait de disposer de ce type de soutien aide certainement à atténuer et à surmonter la perte et la peur de la mort afin de pouvoir continuer à vivre.

La plupart des personnes âgées craignent de devenir un fardeau pour leur conjoint ou leur famille. En général, les personnes âgées peuvent adopter une attitude d’indifférence, de peur, d’achèvement de la souffrance ou de sérénité face à la mort. Il est utile qu’elles aient l’occasion d’en parler et que leur entourage fasse preuve de sympathie à leur égard.

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