Revenir au foyer familial est-il synonyme de retour en arrière ?

23 septembre 2017 dans Psychologie 74 Partagés

S’en aller de la maison est un grand moment. Le sentiment de liberté et d’un niveau maximal d’autonomie est l’une des sensations les plus excitantes qui existent. Lorsque nous abandonnons le nid, un monde rempli de responsabilités, de situations et d’expériences inexplorées s’offre à nous. Petit à petit, nous commençons à tolérer l’incertitude, apprenons de nos oublis et organisons et planifions mieux les semaines, les mois et les trimestres.

Les programmes et sensations que nous vivrons réclameront plus ou moins de force, selon notre âge, notre personnalité, et l’étape de notre vie. Si l’émancipation a lieu pour aller étudier dans une ville loin du foyer familial, la majorité viendra tout juste d’être inaugurée, l’indépendance et la sensation de « liberté » auront donc sans aucun doute une plus grande importance. Si l’expérience du déménagement a lieu pour des raisons professionnelles et pour la responsabilité d’une location, l’organisation et les responsabilités seront les éléments clés pour faire face au quotidien.

En revanche, si une fois que nous avons déménagé, nos pas s’emmêlent et nous sommes contraint-e-s de revenir vivre chez nos parents, le retour est-il facile ? Comment nous réadapter à quelque chose que nous avions oublié ?


« Il se peut que cela te surprenne d’entendre cela, mais l’échec n’existe pas. L’échec est simplement l’opinion que quelqu’un a sur la manière dont certaines choses doivent être faites. »

-Wayne Dyer-


Revenir au foyer (in)connu

Lorsque nous retournons dans ce qui, un jour, fut notre foyer, la première chose dont il faut tenir compte, c’est l’importance de l’empathie. En effet, vivre cette situation peut s’avérer compliqué.

oser revenir

Une fois que vous acquérez certaines routines en dehors du toit familial, votre manière d’appréhender le monde et de dialoguer subissent des modifications. L’idéal n’est pas seulement de tenir compte de vos besoins, de votre mal-être, de votre faute ou de votre honte. En effet, il est également nécessaire de prendre le temps de vous mettre à la place de vos proches afin de trouver un équilibre dans la cohabitation.

Lorsque nous abandonnons le nid, ce ne sont pas seulement nos routines qui changent, nos priorités et nos pensées aussi se transforment. Celles de celleux que nous laissons derrière également. Il est important de maintenir de la modération et de la compréhension pendant le temps d’adaptation destiné à comprendre nos parents ; se le faire ressentir peut éviter de nombreuses situations de tension accumulée. Par conséquent :

  • Transmettre de la confiance par la communication et l’échange d’opinions.
  • Comprendre que nous avons altéré une dynamique qui se considérait déjà stable.
  • Négocier des horaires et des règles équilibrées. La rigidité et la structure peuvent s’avérer positives, respectez-les.
  • Vous rappelez que ce sont vos parents/vos proches, pas vos voisins de paliers.
  • Faire redescendre la pression et l’irritabilité (si elle existe) en pensant bien que la famille n’est pas coupable de la situation.
  • Ne pas seulement se voir comme « une situation », mais apprendre que vous êtes des pensées, des émotions et des comportements.
  • Partager des moments avec la famille.
  • Mettre en pratique des techniques de résolution des problèmes pour résoudre le conflit présent au sein de la famille. Cela vous permettra de vous donner de la force pour gérer le processus de reconstruction.

« Qui, retraçant l’ancien chemin apprend le nouveau, peut se considérer comme un maître. »

-Confucius-


Ma maison, mes règles ?

Lorsqu’un enfant vivant seul doit revenir au foyer, il revient avec des nouvelles routines et une nouvelle manière de dialoguer qui peuvent être très différentes de celles qu’il avait avant de s’en aller. Il y a des changements élémentaires (comme les moyens financiers) mais il est également nécessaire de s’adapter psychologiquement.

enfant retourne chez lui

Bien qu’il s’agisse d’un processus d’aide envers votre enfant ou proche, il ne faut pas omettre certains détails au moment d’initier une cohabitation adaptée à la nouvelle situation.

  • Tenir en compte le fait que le rôle de l’enfant est différent pour les un-e-s et les autres.
  • Négocier et établir des tâches et des règles de cohabitation.
  • Parler clairement avec notre enfant ou notre proche. Le fait qu’il soit passé par une expérience difficile ne signifie pas qu’il faille créer une phase de surprotection prolongée.
  • Quelques jours après la réinstallation dans le foyer, penser au futur et connaître la planification pour faire comprendre à chacun-e que la situation est passagère.
  • Ne pas négliger ses propres routines et besoins.
  • Ne pas parler exclusivement de l’indépendance ou de la crise personnelle. Chercher des moments de repos psychologique.
  • Faire diminuer l’émotion exprimée.

Comme nous le voyons, le retour au lieu d’origine est un processus de soutien et de compréhension pour les parties impliquées. Un moment dans lequel la prédisposition à la communication, la compréhension et la tendresse éviteront de rendre plus difficile une situation qui est déjà compliquée et tendue.


« La vitalité ne se révèle pas seulement dans la capacité à persister mais dans celle de commencer à nouveau. »

-Francis Scott Fitzgerald-


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