L’empathie, la difficile et enrichissante tâche qui consiste se mettre à la place des autres

12, août 2017 dans Psychologie 1264 Partagés

Nous sommes connecté-e-s à notre intérieur, mais aussi à l’extérieur, et dans les deux types de connexions, l’empathie joue un rôle très important. De plus, grâce aux avancées technologiques, le monde extérieur avec lequel nous pouvons interagir et entrer en interaction est de plus en plus large.

Puisque les moyens de communication sont de plus en plus étendus mais contiennent de moins en moins d’informations, l’empathie devient plus difficile. Pensez, par exemple, à quel point il est compliqué d’être empathique avec une personne avec laquelle vous communiquez via des messages et à quel point il est facile de ressentir cette empathie avec quelqu’un à qui vous parlez face à face.

Qu’est-ce que l’empathie ?

Nous pouvons définir l’empathie par la capacité à comprendre l’état émotionnel (émotions et sentiments) et cognitif (idées ou pensées) d’autres personnes ou de nous-même. Cette compréhension intervient par le fait de se mettre à la place de l’autre.

Ce n’est pas un exercice facile et parfois, pour y arriver, il est nécessaire de laisser de côté les stéréotypes auxquels nos esprits sont si attachés. De plus, il s’agit d’un exercice complexe, car le monde d’une autre personne ou de soi-même est complexe, et requiert une grande partie de nos qualités d’attention.

D’autre part, il y a des personnes et des circonstances qui ont le pouvoir de provoquer plus d’empathie que d’autres. Ainsi, par exemple, il sera plus facile d’être empathique avec des personnes qui nous ressemblent, car nous les comprenons mieux, ou avec des personnes qui demandent notre aide, car nous avons une bonne raison de l’être si nous pensons que leur demande est sincère.

Les ennemis de l’empathie

Les êtres humains sont en partie le produit des situations qui leur arrivent depuis leur naissance. L’indifférence peut être due à différents facteurs, parmi lesquels on peut énumérer :

  • L’égocentrisme
  • La méfiance
  • La perte de valeurs
  • La compétition individuelle pour arriver le plus haut possible, à n’importe quel prix
  • Les divisions ethniques, éducatives et de classes sociales.

D’autre part, on peut dire que le manque d’empathie se paye. Il nous éloigne des câlins chaleureux et sincères, du sourire ami, de la main qui se tend sans rien demander en échange. La loi du plus fort empêche de comprendre les besoins des autres, qu’ils se nomment conjoint, famille, voisin-e, collègue, ami-e… Les psychologues accueillent au quotidien des milliers de cas dont le pronostic s’améliore simplement grâce à un exercice d’écoute active et de normalisation, pour lequel l’empathie est indispensable.

« Ma liberté s’arrête là où celle des autres commence. »

Qu’est-ce que l’empathie peut faire pour nous et les autres ?

Nous allons essayer de répondre à cette question en faisant un voyage dans différentes situations :

  • Nous augmenterons les chances que notre relation de couple fonctionne si, de temps en temps, nous échangeons de chaussures. Ainsi, nous comprendrons le besoin d’affection de l’autre, comment son corps fonctionne ainsi que l’origine de ses émotions. Accepter l’historique des expériences négatives et positives de l’autre l’aide à vivre, pas uniquement à survivre.
  • Si l’employé-e comprend le besoin que l’entreprise a d’augmenter le rendement et que le chef fournit le nécessaire, la relation ouvrier-ère/patron-ne sera très satisfaisante.
  • Être empathique nous rend plus sensible et plus respectueux-se envers les limites des autres. Par exemple, à travers l’empathie, on peut être capable de comprendre la frustration que peuvent ressentir à des moments précis les parents d’enfants atteints d’autisme, face à l’impossibilité de communiquer avec eux.
  • Et pourquoi être empathique avec soi-même ? Surveiller avec honnêteté nos forces et nos faiblesses nous empêche de nous perdre et rend nos opportunités plus faciles pour nous retrouver avec les autres.
  • La professeure verra son pouvoir d’influence augmenter si elle est empathique avec ses élèves. Par exemple, l’empathie lui permettra de découvrir qu’un enfant abusé et violence est en train de recopier les comportements qui se jouent dans son environnement familial. Comprendre la timidité, l’hyperactivité, l’extraversion et la tristesse de ses élèves fera que sa fonction sera plus précieuse et plus simple pour elle.

« Un-e professeur-e qui n’est pas empathique ne pourra pas résoudre efficacement les conflits de sa classe. »

  • Si les parents se souviennent qu’ils ont été des enfants et des adolescent-e-s, il y aura plus de compréhension et la brèche générationnelle s’atténuera. Car finalement, être parent n’efface pas radicalement tous les souvenirs et souvent, il est nécessaire de se les rappeler pour trouver des solutions.
  • Stimuler l’empathie chez les enfants et les adolescent-e-s, en faisant appel à leurs sentiments, est une excellente ressource pour prévenir les possibles comportements sociaux indésirables, comme le harcèlement ou la passivité face au harcèlement. Par exemple, la méthode KIVA, appliquée en Norvège, se dirige aux spectateur-trice-s de l’abus, en favorisant ainsi l’empathie pour la victime. Les enfants spectateurs sont alors plus empathiques face à la souffrance de l’enfant harcelé. Ils empêchent et préviennent alors ce harcèlement.

Comme nous l’avons vu, l’empathie est une compétence relationnelle qui sert précisément à améliorer les relations, à rendre les liens plus étroits et à rapprocher les cœurs. De plus, elle est très utile pour prévenir une bonne partie de la souffrance moderne, profondément marquée par la sensation de vide et de solitude qui s’est installée chez de nombreuses personnes, qui crient mais qui ne se sentent ni écoutées, ni reconnues et finalement pas aimées.

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