Pourquoi le manque de confiance peut-il nous faire paraître égoïstes ?

Le manque de confiance en soi génère beaucoup de « dommages collatéraux ». L'un d'eux est la difficulté à interagir avec les autres d'une façon coopérative et solidaire. La peur du rejet ou de l'erreur conduisent fréquemment à des attitudes égoïstes.
Pourquoi le manque de confiance peut-il nous faire paraître égoïstes ?

Dernière mise à jour : 07 juillet, 2021

Le manque de confiance en soi est l’un de ces poids capables de nous freiner ou de nous limiter dans de nombreux domaines. Il peut être la source d’autres problèmes, petits ou grands.

Parmi eux, nous retrouvons la difficulté à entamer ou maintenir une relation saine avec d’autres personnes. Nous pouvons le voir, par exemple, dans l’inhibition excessive de ces personnes ou dans leurs difficultés à s’exprimer de façon naturelle.

Même s’il n’en donne pas l’impression, le manque de confiance en soi est un facteur qui nourrit certaines attitudes apparemment égoïstes. En réalité, le fait est que, étant donné que ces personnes s’accordent peu de valeur, elles ont tendance à surestimer leur vulnérabilité, en s’affichant souvent sur la défensive, estimant qu’elles ne méritent pas de fournir l’effort exigé.

Dans de nombreux cas, elles gardent donc pour elles certains mots ou ne prennent pas d’initiatives. Elles pensent qu’elles n’ont rien de précieux à apporter aux autres et se comportent, au final, de façon égoïste.

« La confiance nous donne du courage et élargit nos horizons ; elle nous permet de prendre de plus grands risques et d’arriver beaucoup plus loin que ce que nous pouvions penser ».

  – Jack Welch

Une femme triste.

Le manque de confiance en soi et la solidarité

Il est très fréquent qu’une personne peu sûre d’elle-même pense d’emblée que son aide n’est pas nécessaire ou pertinente pour les autres. Cela se produit lors de petites et de grandes situations.

Il est habituel, par exemple, que lorsque des volontaires sont requis pour quelque chose, ces personnes ne se lancent pas. C’est une spirale qui ne fait que se rétro-alimenter.

Le manque de confiance en soi conduit à l’hermétisme et l’hermétisme au manque de confiance. En se positionnant de cette façon, la personne renforce le sentiment d’incompétence ou d’inadéquation.

Il est toujours bon de se demander si nous pouvons faire quelque chose pour les autres dans des situations problématiques. S’il est possible d’apporter quelque chose, le mieux est d’offrir cette aide. Quand, pour une quelconque raison, cette aide est rejetée, nous avons fait ce que nous pouvons : exprimer notre volonté de collaborer.

La gestion de l’erreur

Il est aussi fréquent qu’une personne qui manque de confiance en soi s’abstienne de partager ou de s’ouvrir à d’autres par peur de se tromper.  Son niveau d’auto-critique est élevé et elle n’est pas capable de se positionner de manière intelligente face à l’erreur.

Ainsi, si quelqu’un lui dit : « Tu veux participer à ce projet ? », elle peut, par exemple, ressentir une très grande peur. La peur pousse les insécurités à s’activer. Des phrases surgissent dans l’esprit, comme « je n’y arriverai pas » ou « je vais les décevoir ». L’intérêt pour une quelconque participation est donc bloqué.

Cela se produit également dans des situations de type personnel. Par exemple, on veut offrir quelque chose de spécial à l’autre, mais on a le sentiment que ce sera bête ou que ce petit geste ne lui fera pas plaisir. Ainsi, les options qui consistent à participer ou à donner davantage de soi-même finissent par se transformer en menaces.

Une femme inquiète.

Communication et prophéties autoréalisatrices

Le manque de confiance en soi a aussi tendance à affecter la communication avec les autres. On tait des choses que l’on devrait dire, comme s’il n’y avait rien à exprimer alors que, très souvent, c’est loin d’être le cas. Il est aussi possible que l’attitude inverse se développe : vouloir monopoliser les conversations, être menaçant ou intransigeant avec les autres.

Une personne en proie à l’insécurité perçoit beaucoup d’interactions comme des attaques. Elle a donc tendance à prendre les critiques de façon personnelle.

Lors de ces situations, elle se mure dans le silence ou devient agressive, ce qui empêche le dialogue ou transforme ce dernier en champ de bataille. Ces attitudes, encore une fois, débouchent sur une spirale qui finit par augmenter le problème. Au final, toutes ces attitudes finissent par se transformer en prophéties autoréalisatrices.

Autrement dit, des attentes qui deviennent réalité parce qu’on fait tout son possible pour que ce soit le cas, même si on ne s’en rend pas compte. Il est probable que beaucoup de personnes finissent par rejeter ou minimiser l’aide ou l’apport parce que ces derniers se font d’une manière très anxieuse.

Il est aussi possible qu’une personne avec cette personnalité finisse par être étiquetée ou pointée comme égoïste.Les autres éviteront donc de chercher sa participation ou son aide, ce qui finit par augmenter le manque de confiance en soi.

La personne finit par se sentir comme un moins-que-rien ,et les autres, d’une certaine façon, finissent par lui concéder cette place (prophétie autoréalisatrice). Il s’agit d’un cercle vicieux complexe dont on ne peut sortir qu’en prenant conscience de la façon dont on agit.

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  • Riso, W. (2003). Aprendiendo a quererse a sí mismo. Editorial norma.