Pourquoi est-ce que je m'inquiète de tout ?

07 février, 2021
Epuisement mental, fatigue et même insomnie. Ces moments où vous vous souciez de presque tout, où l'esprit atteint la limite de ses ressources... Pourquoi faisons-nous cela ? Pourquoi tombons-nous dans ces profonds abîmes de préoccupation ?

Pourquoi est-ce que je m’inquiète de tout ? Pourquoi ne puis-je pas sortir du labyrinthe mental de ces pensées angoissées depuis un moment ? Beaucoup de gens se posent cette question à certains moments de leur vie. La vérité est qu’il est très facile de dériver vers ce type de situation et qu’il est donc utile de se plonger dans ce type d’anatomie psychologique.

Comme le fait remarquer Wayne Dyer, la catastrophe qui nous inquiète tant est souvent moins horrible en réalité qu’elle ne l’était dans notre imagination. C’est vrai, il faut l’avouer, les hommes sont souvent de véritables usines spécialisées dans la promotion de leur propre souffrance.

Cependant… L’inquiétude est-elle vraiment si grave ? Une grande partie de la littérature de développement personnel, ainsi que la psychologie la plus populaire, insiste sur le fait que rien n’est aussi inutile que de s’inquiéter. Or, c’est une réalité qui admet d’importantes nuances.

S’inquiéter n’est pas un exercice nuisible ou négatif ; cet acte d’effort cognitif est le mécanisme par lequel nous prévoyons que certaines choses agiront plus tard efficacement. Le vrai problème n’est pas de penser beaucoup, le défi est de savoir bien penser, de se soucier intelligemment, logiquement et efficacement.

Un homme inquiet.

Pourquoi est-ce que je m’inquiète de tout ?

Quand vous vous demandez, presque agacé, pourquoi vous vous inquiétez de tout, c’est parce que vous avez atteint la limite. Ce sont des situations dans lesquelles, en plus de l’épuisement mental, apparaissent l’inconfort physique, les douleurs musculaires, l’insomnie et les maux de tête.

Le docteur Carlos Pelta de l’Université de Madrid nous indique dans une recherche intéressante que ces situations sont souvent liées à l’anxiété et à la dépression. Lorsque ces processus cognitifs ne se concentrent que sur l’avenir, imaginant des situations qui, loin de résoudre le problème, l’aggravent, nous tombons dans un état pathologique.

Nous ne pouvons pas aller à ces extrêmes. Nous ne devons pas alimenter ces chaînes de pensée épuisantes et négatives sans aucune utilité. La première étape dans ces situations est de clarifier les déclencheurs et d’agir. Comprenons ce qui se cache derrière ces situations.

On nous a appris que les personnes responsables sont toujours inquiètes

Nous vivons dans une société où les états, tels que l’anxiété ou le stress, sont normalisés. En d’autres termes, nous partons du principe que toute personne responsable, engagée dans son travail et sa famille, est soumise à une lourde charge. Responsabilité et souci vont toujours de pair et plus vous vous inquiétez, plus vous serez responsable.

Que pouvons-nous faire dans ces cas ?

Si nous voulons sortir de cette situation, nous devons commencer par changer notre mode de pensée. Ce n’est pas en nous inquiétant davantage que nous résoudrons mieux les défis de la vie. Ce n’est pas parce que nous sommes plus surchargés, que nous sommes plus dignes d’admiration.

Une inquiétude excessive nous rend moins compétents et moins heureux. Il faut savoir fixer des limites, établir une meilleure gestion du temps et des responsabilités quotidiennes. Nous ne pourrons pas toujours tout faire. Nous avons besoin de temps pour nous seuls.

“Je m’inquiète de tout…” : vous anticipez le pire

Cette étude réalisée à l’Université Laval (Québec) révèle une des raisons pour lesquelles nous nous soucions de tout. Les gens ont souvent tendance à anticiper les réalités négatives. D’une certaine manière, le cerveau cherche à nous préparer au pire afin que nous commencions à réagir et à déployer des stratégies.

Cependant, penser aux pires scénarios génère presque constamment une suractivation malsaine et épuisante. Nous sommes toujours vigilants. Et tout cela se traduit par de l’insomnie, des tensions physiques et de l’inconfort.

Que pouvons-nous faire dans ces cas ?

Lorsque nous réalisons que l’esprit filtre chaque réalité, événement et pensée à travers le fatalisme et la négativité, il est temps de s’arrêter. Faire une pause de quelques jours et nous donner le temps de nous reposer est le plus idéal. Le calme et la tranquillité physique sont la première étape pour apaiser l’esprit.

Une fois que nous avons atteint un équilibre interne adéquat, il est temps de rationaliser les idées et de promouvoir les changements. Les états d’inquiétude constante exigent de nouvelles décisions. Faisons-le intelligemment en pensant à votre propre bien-être.

Une femme inquiète.

Pourquoi est-ce que je m’inquiète de tout ? L’anxiété généralisée

S’inquiéter et souffrir constamment de l’innommable avant chaque pensée peut être le symptôme d’un problème psychologique. Si nous passons des mois (et même des années) à nous demander pourquoi nous nous inquiétons pour tout, il est possible que nous souffrions d’un trouble d’anxiété généralisée (TAG).

Cette angoisse flottante qui obscurcit tout et qui ne nous offre aucune trêve configure un état de grand épuisement mental et physique. Compte tenu de cet état, il est important de demander une aide spécialisée. Les symptômes sont généralement les suivants :

  • Incapacité à contrôler l’inquiétude.
  • Détérioration du travail et de l’environnement personnel en raison de cette préoccupation constante.
  • Une large symptomatologie physique : tachycardie, courbatures, insomnies, vertiges, fatigue, sensation d’étouffement…
  • Ces situations doivent être présentes depuis au moins 6 mois.

Que pouvons-nous faire dans ces cas ?

Derrière le trouble anxieux généralisé, il peut y avoir d’autres réalités dont il faut tenir compte, comme la dépression ou le traumatisme. Il est important d’établir un bon diagnostic et de personnaliser la stratégie thérapeutique en fonction des besoins de chaque patient.

Dans la plupart des cas, la thérapie cognitivo-comportementale apporte de bons résultats. Enfin, il est essentiel que nous apprenions à gérer les états de préoccupation.

Il ne s’agit pas de cesser de penser à ce qui nous trouble, ou d’ignorer le défi que nous avons à relever. La clé du bien-être consiste à apprendre à penser de manière saine, à se soucier efficacement en trouvant des solutions à chaque problème.

  • Freeston, M. H., Rhéaume, J., Letarte, H., Dugas, M. J., & Ladouceur, R. (1994). Why do people worry? Personality and Individual Differences17(6), 791–802. https://doi.org/10.1016/0191-8869(94)90048-5
  • Pelta, C. (2020). Preocupación patológica y redes neuronales artificiales. Revista internacional de aplicaciones y ciencias informáticas avanzadas , 11 (1), 50–54. https://doi.org/10.14569/ijacsa.2020.0110106