La thérapie cognitivo-comportementale

23 novembre 2019
La thérapie cognitivo-comportementale repose sur la relation entre pensée, émotion et comportement afin de traiter plusieurs problèmes psychologiques. Dans cet article, nous nous intéresserons à ses idées centrales, tout en soulignant quelques points qui les différencient d'autres courants.

Au fil du temps, la psychologie a adopté plusieurs approches pour comprendre et traiter le fonctionnement de l’être humain. Chacune d’entre elles avec ses approches théoriques propres et ses applications pratiques. Depuis plus de 30 ans, la thérapie cognitivo-comportementale est devenue l’orientation psychothérapeutique qui s’est montrée la plus efficace. 

On est parvenus à l’appliquer -avec de très bons résultats- dans le cadre de problématiques très diversifiées. En outre, elle constitue une option très efficace et flexible. Elle donne lieu à des changements significatifs dans un temps limité et la pluralité des techniques qu’elle englobe lui confère une grande flexibilité pour s’adapter au problème et à la personne en particulier.

 

Un psychologue mettant en place une thérapie cognitive-comportementale avec sa patiente

L’origine de la thérapie cognitivo-comportementale

Selon l’époque, le courant psychologique prédominant évolue. De nombreuses alternatives ont surgi avec des approches différentes.

Deux d’entre elles (le comportementalisme et le cognitivisme) se trouvent à l’origine de la thérapie qui nous intéresse aujourd’hui. C’est pourquoi, nous devons d’abord comprendre en quoi ces théories consistent.

Comportementalisme

Le comportementalisme centre son intérêt sur le comportement visible. Son objet d’étude porte uniquement sur les comportements qu’émet l’individu et qui peuvent être observés et mesurés.

Selon ce courant, les comportements sont des réponses à certains stimuli. Ils augmentent ou diminuent leur fréquence en fonction des conséquences. Par conséquent, nous pouvons modifier le comportement d’une personne en modifiant les relations entre stimulus, réponse et conséquence.

Par exemple, la personne qui a la phobie des chiens a associé les chiens et la peur. En leur présence, elle fuit. Si nous parvenons à rompre cette association, les chiens ne seront plus un stimulus répulsif et la personne ne fuira plus. Par ailleurs, si nous voulons qu’un enfant mange plus souvent des légumes, nous devrions le récompenser à chaque fois qu’il en mange.

Cognitivisme

Cette approche psychologique se concentre sur l’étude des cognitions. Autrement dit, les pensées ou les processus mentaux. Elle cherche à connaître le processus que réalise un être humain après la réception d’une information, comment elle la traite et comment elle l’interprète.

Le fondement du cognitivisme est que nous ne percevons pas la réalité comme elle est, mais comme nous sommes. Chacun de nous, avec nos processus internes propres, donnons une signification différent à la réalité que nous recevons.

Par exemple, si vous appelez un ami et qu’il ne vous répond pas, vous pouvez penser qu’il n’a pas entendu l’appel ou bien vous dire qu’il ne veut pas vous parler. La réalité est la même, mais le processus interne est complètement différent.

Une psychologue échange avec sa patiente dans le cadre d'une thérapie cognitivo-comportementale

La thérapie cognitivo-comportementale

La thérapie cognitivo-comportementale apparaît alors comme une combinaison des deux courants antérieurs, en reliant pensées et comportement. Elle affirme qu’il existe une relation intrinsèque entre pensée, émotion et comportement. De plus, les changements dans l’un des composants aura des conséquences sur les autres.

Elle emploie ainsi des techniques très diverses destinées à modifier l’un des trois éléments, en sachant qu’elle s’appliquera alors à l’être humain dans sa totalité. Par exemple :

  • La restructuration cognitive est une technique qui vise à aider la personne à modifier ses croyances ou ses pensées. Pour cela, elle invite la personne à évaluer la véracité de ce qu’elle pense et à chercher des alternatives de pensée plus adaptatives. Une fois que vous changez votre manière d’interpréter la réalité, la manière dont vous vous sentez et vous agissez change également
  • L’exposition est une technique destinée à modifier le comportement. Elle vise à ce que la personne cesse d’éviter et de fuir ce dont elle a peur et y faire face. En modifiant son comportement et en affrontant la situation crainte, elle réalise que celle-ci est inoffensive. Elle modifie ainsi immédiatement ses croyances et ses émotions à son égard
  • Les techniques de relaxation visent à modifier les émotions. En soi, elles aident la personne à autoréguler ses émotions et son niveau d’action. Si vos émotions évoluent, vos pensées deviennent moins catastrophistes. Vous passez d’un comportement de fuite à un comportement d’affrontement.

Conclusion

La thérapie cognitivo-comportementale est une approche très complète, flexible et efficace. Elle parvient à des améliorations très importantes dans un temps limité et traite une large gamme de troubles et de conditions. En outre, c’est l’orientation psychologique disposant du plus grand nombre de preuves expérimentales de son efficacité. Néanmoins, au moment de suivre une thérapie, on vous recommande de vous informer des alternatives disponibles et de choisir l’approche avec laquelle vous vous identifiez le plus.

 

Fernández, M. Á. R., García, M. I. D., & Crespo, A. V. (2012). Manual de técnicas de intervención cognitivo conductuales. Desclée de Brouwer.

Yela, M. (1996). La evolución del conductismo. Psicothema8(Sup), 165-186.