Messages subliminaux dans la musique : mythe ou réalité ?

30 mai, 2020
La problématique des messages subliminaux dans la musique s'est popularisée au début des années 1970, quand plusieurs mouvements religieux ont affirmé que ceux-ci étaient capables d'influencer inconsciemment les gens et de modifier leur comportement. La polémique est toujours d'actualité.
 

La problématique des messages subliminaux dans la musique a toujours été cernée de polémique. Pour certains, ce n’est qu’un simple mythe. Pour d’autres, une anecdote sans importance. D’autres, quant à eux, pensent qu’il s’agit d’un mécanisme de manipulation capable de modifier le comportement des personnes et d’influencer leurs valeurs.

Il n’existe pas encore de conclusion définitive à ce sujet, ni autour des messages subliminaux dans la musique ni sur leur relation avec l’image. De fait, les informations dont on dispose sont contradictoires. Plusieurs gouvernements ont interdit ce type de messages mais en même temps, la plupart des chercheurs ont minimisé son efficacité réelle.

Le sujet s’est popularisé par périodes et a entraîné des rires comme de grandes inquiétudes. On a déjà affirmé que les messages subliminaux dans la musique incitaient au crime, à la pratique du satanisme, à l’usage de drogues, etc. Quelle est la part de vrai dans tout ça ?

Les messages subliminaux dans la musique et leur effet sur le cerveau

Un peu d’histoire

Tout d’abord, il faut rappeler que les messages subliminaux sont ceux qui sont conçus pour être captés en dessous des limites normales de perception. Autrement dit, ces messages ne peuvent pas être perçus de manière consciente. Ils sont reçus sans que nous puissions nous en rendre compte.

 

Tout indique qu’on parle de ces messages depuis des milliers d’années. Aristote faisait allusion à des impulsions qui passent inaperçues quand nous sommes éveillés mais qui réapparaissent avec vigueur quand nous dormons. Montaigne, Poetzle et plus tard, Sigmund Freud ont également évoqué ce type de phénomènes inconscients.

Néanmoins, les progrès technologiques ont permis de mettre en lumière ces phénomènes avec beaucoup de facilité. Ainsi, au XXe siècle, on a pu établir clairement que ce type de communication était possible.

En 1957, on a réalisé une expérience célèbre avec des images et près de dix ans après The Beatles, on s’est mis à parler des messages subliminaux dans la musique ou backmasking.

Messages subliminaux dans la musique

Les messages subliminaux dans la musique ou backmasking se codifient grâce à une technique d’enregistrement. Cela consiste à enregistrer un son en arrière, sur une piste conçue pour être écoutée vers l’avant. Cela signifie que ledit message ne peut être écouté consciemment que si la piste s’écoute vers l’arrière.

Deux facteurs décisifs expliquent la naissance des messages subliminaux dans la musique. Tout d’abord, on a connu l’avènement de la musique concrète en France. Dans ce genre, on combinait les sons des instruments électroniques avec des sons enregistrés dans l’environnement ou dans l’industrie. On les combinait ensuite dans le studio d’enregistrement.

Le deuxième facteur a été l’utilisation des bandes d’enregistrement pour enregistrer et conserver les interprétations originales des musiciens. Cela permettait de combiner, de couper, de superposer et de coller des fragments à l’enregistrement original.

 

The Beatles et John Lennon en particulier ont réalisé plusieurs expériences autour de la musique concrète et une nouvelle histoire a débuté.

Le septième album des Beatles a inclus pour la première fois un morceau dans lequel il y avait des paroles enregistrées à l’envers. Le morceau, sorti en 1966, s’appelait Rain. L’objectif du groupe était de satiriser, d’expérimenter et d’offrir de nouveaux sons. Dès lors, de nombreux artistes ont eu recours au même procédé. Les messages subliminaux dans la musique sont devenus fréquents.

Les Beatles et les messages subliminaux dans la musique

Certains doutes persistent

Plusieurs mouvements religieux ont rapidement commencé à se prononcer sur ce genre de procédés. En outre, certaines légendes urbaines ont également pris de l’importance. De nombreuses personnes écoutaient les bandes à l’envers et trouvaient des messages cachés. Or, c’étaient souvent de pures coïncidences, sans fondement.

Les religieux, notamment, ont accusé plusieurs groupes de rock d’inciter la jeunesse à adorer le démon, à commettre des crimes ou à consommer des drogues. Le débat a atteint son apogée en 1985 lorsque les psychologues John R. Vokey et J. Don Read ont mené une expérience. Ils ont enregistré à l’envers un psaume de La Bible et ont observé les réactions des auditeurs.

 

Les chercheurs ont conclu que les messages subliminaux dans la musique n’entraînaient aucun effet notable sur les récepteurs. En 1996, C. Trappery a réalisé 23 expériences et est arrivé aux mêmes conclusions. Néanmoins, les chercheurs Johan C. Karremansa, Wolfang Stroebeb et Jasper Claus, de l’université d’Utrecht, ont réalisé une nouvelle expérience en 2006. Ils ont démontré que ces messages modifiaient bel et bien le comportement des personnes. Le débat n’est pas encore clos.

 

Navarro, A. B. B. (2005). El mensaje subliminal: tácticas de publicidad ilícita. In Información para la paz: autocrítica de los medios y responsabilidad del público (pp. 169-182). Fundación COSO de la Comunidad Valenciana para el Desarrollo de la Comunicación y la Sociedad.