Le machisme ne bénéficie pas toujours aux hommes

· 5 septembre 2017

Le machisme est une manière de penser qui soutient que l’homme est différent, et que cette différence le rend supérieur à la femme. Même si cela peut paraître une forme très exagérée de penser, c’est l’une des croyances les plus partagées dans l’actualité, au point  d’être insérée dans de nombreuses institutions et traditions. Cette croyance n’en reste pas au stade de la pensée, elle est à l’origine de nombreux comportements machistes ou sexistes.

Les personnes qui ont intériorisé ces croyances, même si elles ne s’en rendent pas compte, agissent de manière différente face à une femme et face à un homme. Elles ont tendance à être plus protectionnistes ou paternalistes envers les femmes. En revanche, elles les laissent en marge des tâches impliquant des traits considérés comme masculins comme celles qui font appel à la force ou qui ne sont pas associées aux rôles typiquement et traditionnellement féminins.

Mode d’emploi pour les femmes

Les inconvénients que le machisme implique pour les femmes sont innombrables et affectent toutes les facettes de leur vie. Dans le domaine du travail, les femmes ont moins l’opportunité d’atteindre un poste qui ne s’adapte pas à ce que l’« inconscient et conscient collectif » attend d’elles. Elles ont également moins l’opportunité d’atteindre un poste de haute responsabilité et leurs salaires sont inférieurs à ceux des hommes pour des postes qui requièrent les mêmes compétences et exigent les mêmes responsabilités. Et cela car nous entrons dans le domaine du harcèlement au travail…

Dans un domaine plus personnel, les femmes se doivent de respecter un grand nombre de conditions afin de projeter une image acceptable. Elles doivent être minces, mais pas plates ni sans formes. Elles doivent sortir maquillées, mais pas trop. Les femmes doivent porter des modèles de vêtements uniques et toujours bien associés ; audacieuses, mais sans tomber dans l’extravagance. Dans la mesure du possible, elles doivent être épilées.

En ce qui concerne le domaine sexuel, on demande aux femmes d’être soumises. L’image classique de la princesse qui attend son prince et de l’étudiante soumise et appliquée qui tombe amoureuse du garçon rebelle qu’elle essaye de rendre meilleur fait partie de l’imaginaire collectif. Les filles doivent attendre d’être bien traitées par les hommes mais, même si elles le désirent, ne peuvent accepter la première fois, pour éviter de paraître « faciles ».

Mode d’emploi pour les hommes

Même si cela peut paraître contradictoire, le machisme peut devenir toxique pour les hommes. Cette manière de penser et les actions qui y sont associées ont souvent des conséquences négatives pour les hommes, conséquences qui peuvent facilement passer inaperçues du fait de leur apparence contre-intuitive et masquée. Nous parlerons d’elles ci-dessous.

Dans le domaine du travail, même si les hommes ont pour habitude de gagner plus et qu’il existe plus de professions pour lesquelles ils sont favoris, il existe certains emplois pour lesquels ils ne sont pas intégrés ou pour lesquels on ne les considère pas. Les emplois qui sont typiquement considérés comme féminins (infirmière, hôtesse de l’air, secrétaire) sont plus difficiles à atteindre pour les hommes. Ainsi, ils sont contraints de réaliser les travaux qui impliquent plus de force et résistance physique (exploitation minière), avec l’usure physique plus forte que cela implique.

Dans le domaine personnel, pour les hommes, il existe un niveau d’exigence très élevé. Même si le niveau n’est pas aussi élevé que celui qui est demandé aux femmes, l’image aussi est une nécessité sociale et une préoccupation pour eux.  Les hommes doivent inspirer la sécurité et l’une des manières d’y parvenir est par le biais d’un corps fort et sculpté par des heures de sport. Pourtant, le machisme finit par arriver à ses fins, le terme « bedaine » étant majoritairement employé pour caractériser les hommes.

En ce qui concerne le sexe, le rôle de l’homme est celui qui traditionnellement domine et propose. Le prince charmant ou rebelle sans cause. Les hommes sont ceux qui doivent prendre l’initiative et concevoir et matérialiser des folies pour les femmes qu’ils aiment. Bien entendu, ils doivent défendre leur honneur jusqu’à la mort et les défendre à tout moment. A leur tour, les hommes doivent souligner parmi leurs pairs, le fait qu’ils sont les leaders du groupe.

La réalité pour les hommes

Comme cela a été dit, les hommes doivent être les leaders, être les plus « machos », ce qui implique une conduite risquée. Pour s’emparer du leadership, ils peuvent participer à des bagarres, revanches cruelles ou efforts qui mettent en péril leur santé afin de démontrer leur courage. Un autre type de comportement à risque est associé à la consommation de drogues et à la participation aux jeux de hasard. Les hommes subissent une pression de groupe pour consommer des drogues et on exige d’eux qu’ils aient plus d’endurance que les femmes. En fait, celui qui ne l’est pas déjà a une étiquette prédestinée, celle de « femmelette ».

Un des meilleurs contextes pour se rendre compte du danger des conduites à risque est la guerre. Lorsqu’un Etat déclare la guerre, la majorité des soldats qui vont au front sont des hommes. Aussi, le service militaire est souvent plus défavorable pour les hommes.

Toutes ces situations décrites donnent lieu à la dernière et la plus tragique conséquence du machisme, la mort. Les hommes meurent, en moyenne, au moins 6 ans avant les femmes. Le machisme, celui qui en théorie place l’homme dans une situation de privilège, tue mais pas seulement les femmes. De nombreux comportements à risque impliqués par le machisme impactent la santé des hommes qui avec l’âge, souffrent des conséquences, même s’ils ne sont pas capables d’en établir l’origine.