Les bonnes conversations nous apportent du bonheur

· 23 février 2019
Les conversations que l'on trouve agréables et intéressantes nous rendent heureux.

Les bonnes conversations construisent des espaces sûrs. Ce sont des refuges émotionnels à partir desquels nous pouvons échanger des informations enrichissantes, renforcer notre confiance et soulager le stress à travers un soutien positif. Qui plus est, nous savons que, sur le plan biologique, ces discussions avec des proches ou des inconnus agissent comme un puissant système de bien-être et de récompense dans notre cerveau.

Une discussion dynamique, stimulante et productive entre deux personnes ou plus agit comme une véritable alchimie pour les mécanismes neuronaux. Nous nous en rendons à peine compte mais chaque information reçue allume le moteur de l’empathie et permet aux circuits de la dopamine et de la sérotonine de s’activer pour nous offrir une grande sensation de bien-être et de motivation.

Nous avons tous déjà ressenti cette merveilleuse injection d’énergie positive. Ainsi, et même si nous conversons au quotidien avec de nombreuses personnes à propos de thèmes variés, en réalité, les dialogues gratifiants n’ont pas lieu aussi souvent que nous pouvons le penser.

Souvent, le hasard nous fait rencontrer un inconnu, quelqu’un qui, après un échange de mots, nous permet de voir émerger une affinité et une bonne conversation qui débouche sur une relation magique. L’histoire nous dit par exemple que c’est ce qui est arrivé à Henry James et Robert Louis Stevenson.

Ces deux grands écrivains se sont connus après la publication de L’île au trésor. Après cette première rencontre, et en dépit de leur différence de caractères, de nationalités, de style de vie et d’écriture, une amitié indestructible est née de cette discussion fortuite. Elle s’est poursuivie pendant des décennies, de façon épistolaire et avec des rendez-vous au cours desquels ils parlaient jusqu’au bout de la nuit.

« Les bonnes conversations doivent épuiser le sujet, pas les interlocuteurs. »

-Winston Churchill-

Les bonnes conversations et la connexion émotionnelle

Henry James et R. L. Stevenson, en plus d’être d’authentiques références dans le monde de la littérature, se caractérisaient par ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’intelligence conversationnelle. Ce terme, introduit il y a quelques années dans le monde de la psychologie par Judith E. Glaser, nous parle d’un outil basique pour notre développement personnel.

En fait, s’il y a bien une chose que nous savons tous, c’est que maintenir une bonne conversation n’est pas une habileté que tout le monde possède. Truman Capote, par exemple, avait l’habitude de dire qu’une conversation est avant tout un dialogue, jamais un monologue. C’est pour cela que ces types de discussions sont peu fréquentes: les personnes intelligentes sont rares.

Nous devrions cependant nuancer un peu cette réflexion. Ce n’est pas le manque d’intelligence qui limite la qualité des bons dialogues mais l’absence de compétence émotionnelle. Cela explique pourquoi le champ de l’intelligence conversationnelle se développe de plus en plus: on y voit confluer des dimensions aussi basiques que l’empathie, les habiletés sociales, la confiance, l’intégrité…

Converser, bien plus que parler

Converser est plus qu’un processus communicatif pour échanger des informations. C’est un acte plus profond et enrichissant. En fin de compte, les dialogues, compris comme cette espace où deux individus ou plus interagissent, ont aussi lieu dans le monde animal.

  • Cette donnée peut nous sembler surprenante mais des études comme celle menée à l’Université de York en juin 2018 nous le prouvent. Des animaux comme les corbeaux, les éléphants ou même les lucioles établissent un système de communication aussi fascinant que révélateur.
  • Dans le cas des personnes, nous pourrions dire que les bonnes conversations se trouvent un cran au-dessus des simples processus communicatifs.
  • Dans une autre étude réalisée par les docteurs Alejandro Pérez, Manuel Carreiras et Jon Andoni Duñabeitia, on nous explique que les rythmes des ondes cérébrales entre deux personnes qui participent à une conversation se synchronisent. Selon l’un des chercheurs: c’est un type de communion entre nos cerveaux qui va au-delà du langage et qui constitue un facteur clé dans les relations interpersonnelles.
les bonnes conversations et leurs effets sur le cerveau

 

Les bonnes conversations nous apportent du bonheur

Lorsque nous conversons avec quelqu’un, deux choses peuvent se produire: ou nous sommes à l’aise, ou nous ne le sommes pas. Peu importe qu’il s’agisse d’une personne que nous connaissons ou non. Nous avons tous des collègues ou des proches avec qui nous ne nous sentons jamais à l’aise lorsque nous leur parlons.

D’autres fois, nous entamons une bonne conversation avec quelqu’un que nous venons de rencontrer, quelqu’un pour qui nous ressentons de l’affinité et qui ne fait pas que nous apporter des informations intéressantes. Cette personne nous confère aussi une sensation subite de confianceDans ce cas, nous entrons dans un univers émotionnel où s’érigent des liens interpersonnels de grande qualité.

Ainsi, et dans la mesure du possible, il serait bon de favoriser ce type de situations. Des travaux comme ceux publiés par le docteur Matthias Mehl dans des revues spécialisées comme Psychological Science, nous rappellent que les discussions vides et forcées génèrent de la tension et de la gêne.

bonnes conversations entre amis

Nous devons donc être ces explorateurs sociaux qui savent générer de bonnes conversations, qui peuvent compter sur des personnes significatives avec qui se plonger dans un dialogue ouvert, émouvant et enrichissant. En fin de compte, c’est là que réside le bonheur, dans ces espaces sûrs qui nous permettent d’apprendre, de comprendre et d’entretenir notre affection.