Le traitement non pharmacologique de la démence de type Alzheimer

· 25 avril 2019
Avez-vous déjà entendu parler de l'utilisation de la thérapie non pharmacologique contre les démences ? Dans la suite de cet article, nous allons vous parler de son potentiel, en soulignant les points sur lesquels elle peut être efficace.

Avant de définir la maladie d’Alzheimer et le traitement non pharmacologique que nous allons vous préseter, nous devons savoir ce qu’est exactement la démence. Le Dictionnaire de l’Académie française définit la démence comme un « ensemble de troubles mentaux évoluant progressivement vers une altération définitive des fonctions psychiques« .

Pour préciser la définition, on pourrait dire que la démence est un syndrome clinique dont les causes sont différentes et qui entraîne une détérioration de la mémoire, de la communication, de l’attention… Elle est habituellement de nature chronique, entraînant une perte progressive d’autonomie et de qualité de vie.

Sur la base de ce qui précède, nous pouvons définir la maladie d’Alzheimer comme une maladie neurodégénérative caractérisée par la présence d’une déficience cognitive et comportementale. Elle a tendance à se manifester de façon insidieuse et progressive à l’âge adulte. Principalement à la vieillesse (Valls-Pedret, Molinuevo et Rami, 2010).

Il n’existe actuellement aucun traitement efficace pour inverser ou arrêter définitivement l’évolution de cette maladie. Pourtant, différents types d’intervention existent pour aider à ralentir la progression de la démence.

Ces traitements comprennent des thérapies non pharmacologiques, caractérisées par des interventions dans lesquelles aucun médicament n’est utilisé, mais qui peuvent grandement améliorer la qualité de vie des patients.

homme souffrant d'Alzheimer

 

La thérapie non pharmacologique présente de nombreux avantages pour les patients, dont voici quelques exemples :

  • Maintien et/ou stimulation des capacités préservées
  • Promotion de l’autonomie et de l’indépendance des patients
  • Amélioration des relations sociales
  • Promotion du concept et de l’image de soi et, par conséquent, de l’estime de soi
  • A de la qualité de vie du patient et de son environnement immédiat
  • Autonomisation du patient

Les activités de la vie quotidienne

On exécute cette modalité à un niveau fonctionnel. C’est alors que le professionnel évalue le rendement de la personne atteinte de démence. Cette évaluation s’effectue dans le cadre d’activités de base, instrumentales ou avancées.

L’évaluation varie en fonction du niveau de dépendance et du besoin de soutien requis par le patient. L’objectif final de cette thérapie est de retarder ou de diminuer la détérioration de la performance des activités de la vie quotidienne.

La musicothérapie

Selon la Fédération mondiale de musicothérapie (WFMT, 2011), la musicothérapie « est l’utilisation professionnelle de la musique et de ses éléments comme une intervention dans des environnements médicaux, éducatifs et quotidiens avec des individus, des groupes, des familles ou des communautés, cherchant à optimiser leur qualité de vie et à améliorer leur santé et bien-être physique, social, communicatif, émotionnel et intellectuel« .

On peut pratiquer la musicothérapie conjointement avec d’autres thérapies non pharmacologiques, telles que la thérapie par la danse et la physiothérapie, en concentrant les différentes disciplines dans des séances communes. Il est nécessaire de tenir compte de la capacité de chaque utilisateur, en recherchant toujours le plus haut degré de bien-être de celui-ci.

La thérapie par le rire

Les techniques de la thérapie du rire sont principalement basées sur la théorie de la décharge et la théorie de l’incongruité du rire. Cette approche thérapeutique favorise la recherche de rires spontanés et authentiques, bien que pour cela ils partent souvent de rires simulés ou répétés.

Grâce à cette thérapie non pharmacologique, on pratique l’expression corporelle, le jeu, la danse, la respiration, etc, ce qui aide à évacuer les tensions que la maladie peut générer.

Le snoezelen

Il s’agit d’un type de thérapie de stimulation sensorielle développé par Anne Jean Ayres. Il vise la relaxation par les sens et l’interaction des personnes avec l’environnement.

La salle snoezelen est un environnement qui, par des stimuli, produit chez les individus un grand sentiment de bien-être.

La thérapie par réminiscence

C’est l’une des thérapies non pharmacologiques en plein essor. Elle fonctionne à travers la mémoire épisodique et autobiographique de l’utilisateur.

L’utilisation de ressources telles que des photos, de la musique ou encore des actualités est recommandée. Ces ressources permettent au praticien d’atteindre des moments très spécifiques dans la vie de la personne. Où les aspects émotionnels de la mémoire (sensations, odeurs, événements importants, etc.) sont « ravivés ».

thérapies de lutte contre la maladie d'Alzheimer
La thérapie d’orientation vers la réalité

Le but ultime de cette thérapie est de permettre à la personne de prendre conscience de sa réalité et de s’orienter dans les trois sphères :

  • Temps
  • Espace
  • Personne

Cela permettra au patient une meilleure compréhension de ce qui se passe, étant un outil très utile pour maintenir la perception de contrôle.

L’intervention assistée avec les chiens

Ce type d’activité a de grands avantages émotionnels, sociaux, fonctionnels et cognitifs. Elle améliore l’humeur, la santé physique et psychologique, les capacités psychomotrices, etc.

La thérapie par le travail

La thérapie par le travail ou ergothérapie vise la réhabilitation des aptitudes cognitives, physiques et sociales de l’individu. Elle se fait en occupant du temps dans différentes activités destinées à la production physique, comme l’artisanat.

L’entraînement, la stimulation et la réhabilitation cognitives

Tout d’abord, nous devons signaler que si ces trois thérapies peuvent paraître semblables, leurs buts sont bien différents :

  • On entend par réhabilitation cognitive les activités visant à restaurer les fonctions cognitives altérées. Ces dommages peuvent être dus à différentes causes : traumatisme crânien, déficience cognitive légère, dépression….
  • La stimulation cognitive serait le processus par lequel on effectue des activités afin de retarder le déclin cognitif. Par exemple, lorsqu’une personne a observé qu’elle commence à avoir des pertes de mémoire, c’est cet aspect thérapeutique qui est privilégié.
  • L’entraînement cognitif serait un ensemble d’activités visant à optimiser ou à maintenir la performance cognitive. C’est une bonne méthode pour prévenir les troubles cognitifs futurs et améliorer la réserve cognitive.

Enfin, il est à noter que les thérapies non pharmacologiques doivent être mises en œuvre par des professionnels qualifiés. Afin d’être en mesure de les réaliser, il est nécessaire d’effectuer une évaluation de chaque cas au préalable.

De plus, il est intéressant de noter que, bien qu’il n’existe aucun traitement qui mette fin à la maladie, ce que nous pouvons accomplir avec la thérapie non pharmacologique que nous avons aujourd’hui n’est pas négligeable. D’autant plus si l’on considère que chaque jour passé avec une bonne qualité de vie est un cadeau.

 

  • Tipos de Terapia no farmacológica. Recuperado el 21 de de Febrero 2019 de http://www.crealzheimer.es/
  • Valls-Predet, C., Molinuevo, J L. y Rami, L. (2010). Diagnóstico precoz de la enfermedad de Alzheimer: fase prodrómica y preclínica. Revista Neurol 51, 471-80.
  • World Federarion of Music Therapy. Recuerado el 21 de Febrero de 2019 de https://www.wfmt.info/wfmt-new-home/about-wfmt/