Le syndrome de Lima

Pourquoi certains kidnappeurs s'occupent-ils de leurs victimes avec les mêmes attentions qu'ils accorderaient à un être cher ? Aujourd'hui, nous vous parlons du syndrome de Lima et nous vous expliquons pourquoi il porte ce nom curieux.
Le syndrome de Lima

Dernière mise à jour : 10 mai, 2021

L’esprit humain reste un mystère au XXIe siècle. Il y a des cas comme le syndrome de Lima qui nous laissent stupéfaits. C’est un phénomène si complexe qu’il surprend aussi bien les spécialistes que les néophytes. Aujourd’hui, il est toujours considéré, en partie, comme un grand mystère.

Les kidnappeurs auraient de l’empathie pour leurs victimes. C’est le syndrome de Lima : des personnes supposées avoir peu de respect et d’intérêt pour la vie humaine, et qui finissent par développer des sentiments positifs et de la sympathie pour leurs victimes. Vous voulez en savoir plus ? Poursuivez donc votre lecture.

Le syndrome de Lima

Alors que nous pensions que peu de choses pouvaient encore nous surprendre sur l’esprit humain, le phénomène connu sous le nom de syndrome de Lima vient contredire cela. Ce syndrome est une situation psychologique complexe qui se produit dans l’esprit du kidnappeur. Au fil du temps, ce dernier développe un lien émotionnel avec sa victime.

Paradoxalement, le kidnappeur commence à éprouver de l’empathie pour sa victime. À un certain moment, il commence même à se soucier de ses besoins et de son bien-être. Cela peut se manifester par les comportements suivants :

  • Le ravisseur évite de blesser la victime.
  • Il donne à la victime certaines libertés ou va même jusqu’à la libérer.
  • Il s’inquiète de l’état physique et émotionnel de la victime.
  • Le ravisseur engage des conversations sur des sujets variés.
  • Il partage même des informations personnelles avec la victime (histoires d’enfance, objectifs, désirs, etc.).
  • Il peut même faire des promesses (“je vais te protéger”, “il ne t’arrivera rien”…).
  • Le kidnappeur peut être attiré par la victime.
Une femme triste.

Les causes

Tout d’abord, il serait bon de préciser qu’à un moment donné, le fait de souffrir d’un syndrome particulier ne signifie pas qu’une personne est folle ou malade. Au-delà de l’état interne de la personne, il existe certaines conditions environnementales qui peuvent nous faire réagir d’une manière ou d’une autre.

Ainsi, pour comprendre le syndrome de Lima, nous devons nous intéresser aux conditions internes de l’abducteur et aux conditions du contexte de l’abduction. Toute explication séparée serait trop réductrice. Ainsi, il serait utile de connaître les conditions psychobiographiques du ravisseur, ainsi que les circonstances qui ont conduit à l’enlèvement :

  • Le ravisseur fait peut-être partie d’un groupe qui l’a forcé à commettre l’enlèvement.
  • Peut-être que le ravisseur n’est pas d’accord avec la façon dont l’enlèvement se déroule.
  • Le kidnappeur a peut-être été contraint de retenir sa victime en raison d’une extrême nécessité (drame familial, situation financière grave, troubles mentaux, etc.)
  • Le kidnappeur peut ne pas avoir de carrière criminelle, être inexpérimenté, ou être capable d’empathie avec les gens (pas de trouble de la personnalité antisociale).
  • Enfin, le ravisseur peut croire qu’il ne sortira pas vivant de l’enlèvement.

Le paradoxe du syndrome de Lima

Le plus surprenant est que le ravisseur se comporte comme s’il ne restreignait pas la liberté de la victime. Étonnamment, le ravisseur crée l’illusion qu’il se soucie de sa victime. Il fait ainsi tout son possible pour améliorer les conditions de la victime.  Il  lui épargne tout mal ou inconfort.

Si elle est malade ou a une blessure, il la soigne. Si elle a faim, il lui donne la meilleure nourriture possible. Une situation se crée dans l’esprit du kidnappeur dans laquelle il devient en quelque sorte le gardien de la victime.

Le kidnappeur finit aussi par développer un sentiment amoureux pour la victime. Il essaiera donc de la séduire et de la courtiser pour qu’elle le désire. C’est le paradoxe du syndrome de Lima.

D’où vient le syndrome de Lima ?

À ce stade, vous vous demandez peut-être d’où vient le syndrome de Lima et quelle est l’origine du terme ? Comme cela semble logique, le nom de ce syndrome vient d’un enlèvement qui s’est produit à Lima, au Pérou.

En 1996, un groupe terroriste a occupé l’ambassade du Japon dans la capitale péruvienne. À l’époque, les ravisseurs ont pris un certain nombre d’otages. Au fil des jours, les ravisseurs ont établi des liens solides avec leurs otages et les ont tous relâchés (y compris ceux avec lesquels ils auraient pu conclure un accord très avantageux).

Une femme qui souffre de dépression.

En somme…

En résumé, nous pouvons dire que le syndrome de Lima est lié à une condition humaine intrinsèque, comme la capacité de créer et d’établir des liens avec les autres. Même dans des conditions aussi particulières qu’un enlèvement.

D’autre part, les recherches sur ce phénomène sont très compliquées, car il est impossible de reproduire les conditions d’un enlèvement dans un laboratoire et de contrôler les variables. Ce que nous savons, c’est que l’apparition ou l’absence du syndrome dépend de différentes variables, tant du kidnappeur, de l’enlèvement, que de la victime.

Enfin, ce syndrome ne fait rien d’autre que nous rappeler que nous sommes une pure contradiction. Loin de travailler avec la réalité, nous travaillons avec l’interprétation que nous en faisons ou que nous assimilons.

Cela pourrait vous intéresser ...
Connaissez-vous le syndrome de l’esclave consentant ?
Nos PenséesLisez-le dans Nos Pensées
Connaissez-vous le syndrome de l’esclave consentant ?

Dans l'article suivant, nous vous invitons à en savoir davantage sur le syndrome de l'esclave consentant et son impact dans notre société.



  • Camelo, R., & Vargas, N. (2002). El vínculo secuestrador-secuestrado. Una mirada desde el secuestrador. Trabajo de grado. Departamento de Psicología, Universidad Nacional de Colombia.
  • González Ruiz, S., Buscaglia, E., García González, J. C., & Prieto Palma, C. (2002). Un estrecho vínculo. Revista Universitaria76, 55-62.
  • Villegas, V. J. S. (2010). Creencias y conductas irracionales presentes en familiares y víctimas de secuestro y extorsión. Criminalidad52(2), 33-54.