Le glutamate, un neurotransmetteur aux multiples fonctions

4 février 2019
Que savez-vous du glutamate ?

Le glutamate est l’un des neurotransmetteurs les plus importants de notre système nerveux. Il agit comme le véritable combustible de 80% de notre synapse. Il joue un rôle dans la formation des souvenirs, dans la gestion de l’attention ou dans la régulation des émotions. Par ailleurs, il intervient dans des processus aussi importants que la neuroplasticité, l’apprentissage, le mouvement…

Il est possible qu’un grand nombre de nos lecteurs connaisse plus le glutamate de l’industrie alimentaire (glutamate monosodiqueque ce composé essentiel qui facilite la communication entre nos cellules nerveuses. Il faut donc bien faire la différence entre le glutamate diététique sous forme de sel qui s’utilise en tant que conservateur d’aliments ou qu’exhausteur de goût et cet acide aminé qui se synthétise dans le système nerveux central à partir de la glutamine, aussi bien dans les neurones présynaptiques que dans les cellules gliales.

Dans des conditions normales, le glutamate (endogène) est l’un des acides aminés les plus abondants de notre organisme. Nous le produisons grâce aux protéines que nous consommons. Cela le place en tête de liste des principaux neurotransmetteurs excitateurs. Comme les neuroscientifiques nous l’expliquent, cet élément a pour but d’offrir de l’énergie au cerveau.

Par ailleurs, en ce qui concerne le glutamate exogène, il convient de dire que l’idée selon laquelle il serait dangereux pour notre santé cérébrale est assez répandue. Cependant, comme on nous l’explique dans une étude menée au Centre de Nutrition de la Faculté de Médecine de l’Université de Pittsburgh et publiée dans The Journal of Nutrition, il n’y a aucune preuve de dommages neurologiques évidents après une consommation de glutamate diététique. Mais approfondissons ce point.

Le glutamate est un acide aminé dont la fonction est essentielle dans le système nerveux central. Il facilite et accélère la communication entre les cellules nerveuses.

glutamate

 

Le glutamate : un acide aminé aux fonctions très différentes

Ce neurotransmetteur est le médiateur d’un cerveau sain. Cela ne vient pas de nous mais d’une étude très intéressante menée à l’Institut de Sciences Médicales à l’Université d’Oslo. Il est intéressant de voir qu’au cours de ces dernières années, de nouveaux éléments fascinants ont été découverts à propos de cet acide aminé impliqué dans plusieurs tâches métaboliques.

Voyons maintenant quelles sont ses principales fonctions.

Médiateur principal des signaux excitateurs

Le système nerveux central (SNC) est constitué de neurones et de cellules gliales (les plus abondantes). Grâce aux connexions synaptiques qu’elles établissent entre elles, nous pouvons réaliser des fonctions aussi basiques que les processus cognitifs, les processus sensitifs, les processus moteurs, etc. Or, dans ce processus complexe, c’est le glutamate qui agit comme messager chimique (neurotransmetteur) entre les cellules et les neurones après un stimulus électrique.

Ainsi, étant donné que le glutamate est le principal médiateur des signaux excitateurs, il est nécessaire que ses concentrations soient toujours correctes pour qu’il puisse réaliser cette tâche. Un déficit entraverait cette communication (nous n’aurions pas d’énergie, pour le dire plus simplement). Un excès, par ailleurs, aurait un effet extrêmement nocif pour notre cerveau. Cela supposerait de voir apparaître des ischémies, des accidents cérébrovasculaires, une hypoxie, des crises d’épilepsie

Le glutamate facilite notre développement cérébral

Le glutamate est aussi important pour le développement cérébral du fœtus que pour la neuroplasticité au cours du développement infantile et juvénile. Il l’est aussi à l’âge adulte. Cet acide-aminé permet de mener à bien la différenciation neuronale tout comme la migration et la création de nouvelles connexions. Pour le dire différemment, il favorise le bon état du cerveau.

Nous savons qu’avec des maladies aussi graves que la maladie d’Huntington, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer, le glutamate contribue à la mort cellulaire. Une altération dans ses concentrations et ses fonctions peut aussi entraîner une série de troubles neurodégénératifs chroniques.

glutamate et cerveau

 

Le glutamate et le métabolisme du glucose

Dans une étude réalisée à la Faculté de Médecine de l’Université de Kobe, au Japon, et publiée dans la revue Cell Reports, une chose très importante a été révélée. On a découvert que le glutamate a une relation directe avec le pancréas. Il module l’activité des cellules bêta pancréatiques pour favoriser la production d’insuline.

Cet acide aminé est donc, une nouvelle fois, très important pour nous donner de l’énergie et, surtout, pour optimiser les fonctions cérébrales. Il convient de rappeler que le cerveau ne peut extraire son énergie à partir de lipides. Il a besoin de glucose pour réaliser ses principales fonctions. Le glutamate, ce neurotransmetteur extrêmement important, remplit et satisfait ses besoins.

Neurotoxicité du glutamate

Comme nous l’avons expliqué, il n’y a aucune preuve indiquant que la consommation de glutamate monosodique génère des altérations neuronales. Il faut cependant contrôler les doses que l’on ingère. Par ailleurs, une alimentation équilibrée diminuera la probabilité de dommages dus à sa consommation.

La neurotoxicité associée au glutamate ne vient pas toujours de facteurs exogènes. La cause principale résiderait dans différentes maladies pathologiques, dans des altérations des récepteurs ionotropiques, dans des problèmes parfois génétiques ou dont nous ignorons encore la source, qui activent l’hyperexcitabilité associée au glutamate, la neurotoxicité et la mort neuronale qui en découle.

 

On sait par exemple qu’un excès de cet acide aminé peut générer des ischémies, des problèmes dans le développement cérébral des fœtus, des problèmes de mémoire, de l’épilepsie, des douleurs musculaires, etc. Cependant, il convient de souligner qu’il existe des traitements pour cela. On dispose également de médicaments qui interviennent dans la régulation des concentrations de glutamate.

Pour conclure, nous savons que les études et les recherches autour de ce composant si intéressant continuent d’être menées. Ce neurotransmetteur excitateur facilite presque toutes les fonctions de notre cerveau.