Le cortex moteur : caractéristiques et fonctions

4 janvier 2019
Le cortex moteur présente différentes caractéristiques et fonctions qu'il est intéressant de connaître.

Grâce à notre cerveau, nous pouvons planifier, manger, courir et même sourire. C’est à travers les complexes mais fascinantes fonctions du cortex moteur cérébral que nous réalisons diverses actions dans notre quotidien. Il s’agit d’une partie de notre cerveau qui nous aide à contrôler, exécuter et planifier nos mouvements.

Elle nous permet aussi de réagir face à des stimulus, ce qui est essentiel à notre survie. Cependant, cette partie de notre cerveau n’agit pas seule. Ces mouvements peuvent se produire grâce aux diverses connexions et à l’association avec d’autres aires de notre organisme.

Tout au long de cet article, nous étudierons sa localisation, ses structures et ses fonctions. Tout comme les pathologies qui lui sont associées quand une lésion se produit ou quand le cortex ne fonctionne pas correctement. Explorons dès maintenant ce cortex moteur.

Qu’est-ce que le cortex moteur et où se situe-t-il ?

Le cortex moteur est l’une des parties du télencéphale, qui fait lui aussi partie de l’encéphale. Sa principale fonction est de favoriser le mouvement. À travers le cortex moteur, nous créons, maintenons et finalisons les mouvements.

Grâce à lui, les mouvements volontaires se font de façon consciente. Cette région du cerveau se situe dans le lobe frontal, juste devant le sillon central et la région somatosensorielle.

Cette région bénéficie d’une représentation qui porte le nom d’homonculus de PenfieldIl s’agit d’une aire qui indique les parties du cortex où l’on commande le mouvement. Certains se détachent par leur grande taille: c’est par exemple le cas des mains (surtout du pouce), de la langue et du visage.

cortex moteur

Comment se divise le cortex moteur ?

Le cortex moteur intègre plusieurs aires qui rendent le mouvement possible. Observons-les.

  • Le cortex moteur primaire. Il s’agit de l’aire principale qui se charge de générer les impulsions nerveuses nécessaires pour la production du mouvement volontaire. Par ailleurs, elle s’occupe d’envoyer des ordres aux muscles volontaires de l’organisme. Ils se contractent donc ou se tendent. Cette région a un seuil d’excitation faible.
  • Aire motrice supplémentaire. Il s’agit d’une aire qui coordonne les mouvements des postures. La séquence de mouvements se découpe en plusieurs grands groupes de muscles.
  • Aires prémotrices. Ce sont des aires qui ont un seuil d’excitation élevé. Elles se chargent de stocker des mouvements qui proviennent d’expériences du passé. Ainsi, elles coordonnent, programment la séquence de mouvements et l’activité du cortex moteur primaire. Elles se situent devant ce dernier et à proximité du sillon central. Par ailleurs, elles ont un lien avec les mouvements requis pour la communication.
  • Aire motrice du langage de BrocaC’est une aire qui permet la production du langage parlé, et donc des mouvements musculaires nécessaires. Elle se trouve dans les portions operculaires et triangulaires de la circonvolution frontale inférieure.
  • Aire du cortex pariétal postérieur. Il s’agit d’une région qui transforme l’information visuelle en information motrice. Elle apparaît parfois dans la classification motrice grâce à son lien avec le mouvement. D’autres fois, elle apparaît dans la classification sensorielle en raison de sa relation avec les sens.

Pathologie du cortex moteur

Une lésion dans cette partie du cerveau peut engendrer de graves conséquences. Elle est en effet nécessaire pour la majorité des actions que nous réalisons au quotidien. Voici quelques-uns des problèmes liés au cortex:

  • Paralysie. Elle suppose la perte totale ou partielle du mouvement de l’un ou de plusieurs parties du corps. Lorsque la lésion se produit dans un hémisphère, elle se présente sur le côté contre-latéral. Par exemple, si le cortex moteur de l’hémisphère gauche est affecté, le côté touché sera le droit.
  • Apraxie. La personne n’est pas capable de réaliser des mouvements quand on le lui demande. Elle comprend l’ordre qu’on lui donne et est capable de bouger mais ne contrôle pas l’exécution motrice.
  • Dysarthrie. Il s’agit d’une altération du langage. La personne a du mal à articuler des sons ou des mots.
  • Agraphie. La personne manque de capacités pour exprimer des idées et des pensées à travers le langage écrit.
  • Aphasie de Broca. Dans ce cas, la personne souffre d’une altération du langage expressif. Les signes sont liés à la production du langage. La personne a du mal à articuler ou à gesticuler des mots, a des problèmes au niveau de l’écriture et ne parvient pas à se souvenir des termes.
le cortex moteur et le langage

 

Cortex moteur et neurosciences

Les recherches sur le cortex moteur avancent constamment. C’est à travers ces dernières que l’on cherche à trouver des réponses aidant à déterminer la façon dont on peut réparer le cortex après une lésion. Bunkerot et des collaborateurs ont, en 2018, publié une recherche dans la revue Restorative Neurology and Neuroscience afin de favoriser cette étude.

Dans cet article, l’importance du cortex moteur pour le mouvement est soulignée. Les chercheurs y montrent sa plasticité adaptative après sa reconstruction chez des individus tétraplégiques. La méthodologie chirurgicale qu’ils présentent est une fenêtre sur la neuroplasticité corticale, après la récupération de la fonction du bras et de la main.

Ces approximations des neurosciences nous aident à savoir comment le cortex moteur répond face à des lésions et des traitements. Elles représentent le début d’un long chemin pour trouver des solutions définitives aux dommages corticaux. D’où leur importance.

Le cortex moteur est le chef de nos mouvements. Sans lui, nous ne pourrions pas exécuter toutes les actions que nous réalisons au quotidien. À travers ses codifications et ses connexions, il envoie et reçoit des signaux depuis et vers différentes parties de notre organisme. Il commande les mouvements volontaires conscients et, par conséquent, nous pouvons le relier avec le monde sur le plan moteur.

 

 

  • Bear, M. F. Connors, B. W., Paradiso, M.A., Nuin, X. U., Guillén, X. V. & Sol Jaquotot, M. J. (2008). Neurociencias: la exploración del cerebro. Wolters Kluwer/Lippincott Williams & Wikins.
  • Bunketorp Käll, L., Cooper, R.J. Wangedell, J., Fridén, J., & BjöRNSDOTTER, m. (2018). Adaptative motor cortex plasticity following grip reconstruction in individuals with tetraplegia. Restorative neurology and neuroscience, 36 (1), 73-82.