Le chemobrain, un effet secondaire de la chimiothérapie

· 12 octobre 2018

Les traitements oncologiques restent encore aujourd’hui très agressifs. Ainsi, et bien qu’il soit souvent possible de vaincre la maladie, il en résulte incontestablement d’importantes séquelles dont nous ne parlons pas toujours. Certaines d’entre elles sont la détérioration cognitive, la faible concentration ou la perte de mémoire. Il s’agit des effets secondaires associés à la chimiothérapie, connus sous le nom de chemobrain.

La documentation clinique et les études liées à ce phénomène ont depuis quelques années montré une réalité peu connue. Une personne survivant à un cancer se doit de livrer une nouvelle bataille. Où elle doit affronter un vaste amalgame de séquelles complexes. Aussi bien physiques que psychologiques.

« Le chemobrain est un brouillard mental. Un voile qui entrave les processus cognitifs les plus simples tels que l’évocation des mots, la concentration, l’orientation spatiale … »

Une dimensions vient s’ajouter à celles déjà connues telles que l’épuisement, la faiblesse des défenses, les problèmes digestifs, les infections, la perte osseuse, la sensation de froid… Nous parlons de la détérioration du cerveau. Notamment des processus cognitifs tels que l’attention, la résolution de problèmes, la mémoire de travail, etc.

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Chemobrain, le brouillard mental comme un effet de la chimiothérapie

Nous définissons souvent le cancer comme une bataille. Il s’agit néanmoins pour de nombreuses personnes d’un test de résistance authentique. En effet, il ne s’agit pas seulement de suivre ce traitement basé sur la chimiothérapie. Un cancer suppose des interventions chirurgicales. Lesquelles se combinent souvent avec différents traitements tels que la pharmacologie, la radiothérapie, l’immunothérapie…

Ainsi, bien que souvent les professionnels oncologues préviennent les patients que chaque personne vit et réagit aux traitements de manière particulière, les mêmes effets apparaissent toujours. Le chemobrain est l’un d’entre eux. Il s’agit d’une réalité aussi épuisante que peuvent l’être les séquelles physiques et que de nombreux patients associent souvent avec le stress ou l’anxiété de la maladie elle-même.

Les études cliniques démontrent cependant que le chemobrain est une séquelle directe du traitement lui-même. Un effet secondaire qui affecte environ 80% des patientsVoyons ci-après davantage de données concrètes.

Vivre avec le chemobrain : effets et caractéristiques

  • La recherche montre que les domaines cognitifs les plus souvent affectés par la chimiothérapie sont la mémoire visuelle et verbale, l’attention et le fonctionnement psychomoteur. 
  • Nous savons que chaque type de cancer fait l’objet d’un traitement spécifique. Il existe des traitements de plus longue durée et d’autres de moindre intensité, toujours adaptés aux particularités de chaque patient. Il a été prouvé que pratiquement tous les patients ayant subi une chimiothérapie expérimentent de cette usure cognitive. Les séquelles seront d’autant plus importantes que les traitements seront plus longs et plus intenses. L’effet est cumulatif.
  • Les patients éprouvent généralement des problèmes pour se souvenir des dates, des rendez-vous en attente, des problèmes pour se souvenir des mots communs et pour terminer une phrase…
  • Il est donc fréquent qu’ils connaissent des problèmes pour réaliser plusieurs tâches à la fois. Par exemple, parler au téléphone et prendre un verre d’eau ou s’orienter en marchant… Il s’agit d’activités s’effectuant avec beaucoup de difficulté (et de frustration) après la chimiothérapie.
  • Les patients se perçoivent en outre comme davantage désorganisés et plus lents à réagir…  Le monde devient plus complexe après la chimiothérapie. Les patients sont plus « éteints » lorsqu’il s’agit de réagir à des choses si communes et familières.
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Chemobrain : traitements et stratégies pour inverser son effet

Nous l’avons dit en introduction. Survivre au cancer est un exploit, un bonheur et de l’espoir. Une nouvelle étape s’ouvre toutefois juste après cette victoire. Une étape orientée vers la réinterprétation de nous-même. Les soins que nous nous administrons à nous-même y sont plus important que jamais. Il s’agit d’une étape où il convient de chercher ces approches cliniques, naturelles, psychologiques et même spirituelles pouvant nous aider à inverser les effets psychologiques et émotionnels de la maladie et du traitement lui-même.

Les clés pour optimiser la fonction cérébrale après un traitement par chimiothérapie

Il est en effet possible d’inverser les séquelles que la chimiothérapie génère dans le cerveau. Cette réhabilitation cognitive nécessite néanmoins du temps, des efforts et une approche multidisciplinaire.

  • Différents médicaments pour inverser l’effet de la chimiothérapie au niveau neurologique sont actuellement expérimentés. Il n’existe toutefois sur le marché aucun composant, médicament clé et efficace à 100%.
  • Nous savons par exemple que les thérapies à base de ginseng et de ginkgo biloba sont positives.
  • Il est en outre recommandé à ces patients également recommandés d’organiser leur propre rééducation cognitive. Nous disposons actuellement de plusieurs applications et programmes sur nos téléphones et ordinateurs visant à exercer notre mémoire et notre concentration. Tous sont très utiles.
  • Il est également conseillé de faire usage d’agendas. Où structurer le temps et les activités. Il convient que le patient comprenne qu’il sera toujours préférable de faire les choses séquentiellement. Progressivement. Putôt que de réaliser diverses tâches. L’accumulation d’activités intensifie l’anxiété et la faible auto-efficacité.
  • Chose importante également, le patient nécessite un soutien familial et social adéquat. L’entourage doit être proche et compréhensible. Il doit être conscient des effets associés au chemobrain.

Pour conclure. Le plus recommandé, le plus logique et le plus souhaitable est que chaque patient puisse avoir accès à une rééducation cognitive. Adaptée à cette condition clinique. Cependant, à mesure que les traitements progresseront, la thérapie de réadaptation oncologique elle-même visera à garantir la qualité de vie de ceux qui ont surmonté un cancer. Espérons qu’il en soit ainsi.