Apprenez à méditer tout en marchant

22 avril 2017 dans Psychologie 427 Partagés

Il y a des personnes qui ne parviennent jamais apprendre à méditer. Leur esprit ne s’harmonise pas avec ce calme immobile qui permet de pratiquer la conscience pleine, et d’atteindre un état profond de calme grâce à la quiétude. Mais commencer à marcher peut être un tournant dans leur vie : ils déchaussent leurs peines et leur esprit se libère quasiment instantanément.

Nous avons déjà expliqué ici que des approches thérapeutiques comme la Mindfulness ne sont pas adaptées à tout le monde. Les adolescent-e-s ou même les personnes très anxieuses ou qui ont souffert d’un traumatisme ne parviennent pas à atteindre ce point parfait de détente où apprendre à être plus conscient-e-s de leur monde intérieur grâce à un état relaxé.

« Marcher en vaut la peine même si l’on tombe. »

-Eduardo Galeano-

Quand l’esprit crie, quand nos pensées sont obsessionnelles et que nous portons en nous toutes nos inquiétudes comme une croûte de fer sur notre être, il y a une stratégie qui ne manque jamais son but : marcher. En réalité, il y a quelque chose de magique dans le simple fait de marcher. Le mouvement de notre corps est comme le métronome qui marque un rythme, une pulsation parfaite à laquelle tôt ou tard, l’esprit s’harmonise formant une même entité. Une même musique.

À chaque pas, le cœur se gonfle, la respiration devient plus profonde, sonore, le cerveau s’oxygène et notre être s’étend grâce à ces mouvements répétitifs pour atteindre son point d’équilibre. C’est à ce moment-là qu’il faut prendre les rênes de sa propre vie grâce à cet exercice auquel on associe la méditation.

Dans cet article, nous allons mieux vous expliquer cela. Nous sommes sûr-e-s que tout cela vous sera d’une grande utilité.

Méditer en marchant : un moyen gratifiant pour une fin saine

Quand un-e psychologue décide d’intégrer la pleine conscience dans ses psychothérapies, iel ne cherche pas à transformer ses clients en d’habiles méditateur-trice-s spirituel-le-s, ni les convaincre de passer leurs week-ends à faire des retraites en silence avec des Bouddhistes. Pas du tout. C’est un moyen pour une fin, un outil que les personnes peuvent utiliser pour vivre leur vie avec un meilleur équilibre et une conscience plus aiguë des choses.

Le plus complexe dans la méditation, c’est qu’elle demande de la responsabilité et une force de volonté. S’il n’est pas facile d’isoler le son de notre entourage et notamment le bruit de la ville, c’est encore plus compliqué de faire taire l’esprit. D’où le fait qu’aujourd’hui, on appliquer cette nouvelle approche que l’on pourrait résumer en un mot illustratif qui provient du sanskrit « apranihita », marcher sans arriver. Commencer à marcher sans but concret nous permet plus que jamais de profiter du simple mouvement. Nous marchons simplement par simple plaisir de marcher.

L’esprit humain est presque comme un petit singe inquiet qui saute de branche en branche dans un voyage chaotique, nerveux et improductif. Presque sans savoir comment nous finissons par nous perdre dans nos propre labyrinthes. Cependant, si nous parvenons à éteindre cette nervosité grâce au rythme de nos jambes et d’une respiration qui s’équilibre à chaque pas, nous parviendrons à maîtriser la conscience de nos pensées.

Comment apprendre à méditer en marchant ?

Notre promenade doit être quotidienne et ne pas durer plus d’une demi-heure. À présent, il est nécessaire que nous la faisions dans un espace naturel, tranquille, avec de bonnes chaussures et des vêtements confortables.

  • Commencez à marcher d’un pas normal. Petit à petit, vous devez trouver le rythme qui vous apporte le plus de détente, le plus cathartique et libérateur. Il y a celleux qui marchent d’un pas lent et celleux qui décident de faire une marche plus rapide.
  • C’est le moment de concentrer votre attention sur un aspect en particulier. Visualisez votre esprit comme si c’était une lanterne qui orientait sa lumière sur un aspect concret, puis ensuite sur un autre. D’abord, votre respiration, puis la sensation dans vos pieds lorsqu’ils touchent le sol, plus tard le vent qui caresse votre peau… Focalisez votre attention sur ces aspects de manière cyclique, d’abord un puis un autre.
  • Petit à petit, vous vous rendrez compte que vous n’avez plus besoin de concentrer votre attention sur chacun de ces aspects de votre corps. Au bout d’un moment, votre lanterne sera si large que vous percevrez tout d’un coup.

Votre conscience se fera beaucoup plus large, à tel point que votre être formera un tout parfait, en calme et en harmonie.

Marcher en labyrinthe : la magie de la concentration

Allons à présent un peu plus profondément. Imaginons que vous n’arriviez à apprendre ni la Mindfulness ni la méditation quand vous marchez. Le simple fait de sortir de chez vous et de maison sans rythme fixe vous distrait, disperse votre esprit et vous n’arrivera pas à atteindre votre point d’équilibre, votre centre, votre point de calme.

L’esprit peut aller dans mille directions. Mais sur ce joli sentier, je marche en paix. À chaque pas, un doux vent souffle. À chaque pas, une fleur s’ouvre.

Dans ce cas, on peut commencer une pratique étonnante et ancienne dans de nombreuses cultures. Il s’agit de parcourir un labyrinthe. Cette pratique ancestrale consiste à visualiser ses problèmes tatoués sur le sol pour les parcourir pas à pas tout en cherchant une sortir. On sait que certaines des formes les plus anciennes de labyrinthes se trouvent en Grèce, et elles avaient pour objectif de trouver un sens à sa vie, via des circuits en spirale.

C’était un autre type de méditation qu’aujourd’hui, on continue à pratiquer dans de nombreux pays. Voyons certaines choses à ce propos :

  • Dans les labyrinthes, il n’existe pas une seule sortie et on ne triomphe pas lorsque l’on parvient à en sortir. Le bienfait se trouve dans le propre parcours et dans ce que nous obtenons quand nous sommes à l’intérieur.
  • L’objectif est de « calmer l’esprit et d’ouvrir le cœur » à travers cet exercice.
  • Quand on entre dans un labyrinthe, il faut d’abord s’arrêter et réfléchir, penser à ce que l’on devrait laisser partir avant de commencer ce parcours concentrique pour se concentrer pleinement sur le présent, l’ici et le maintenant.
  • On marche doucement, en mettant un pied l’un devant l’autre et en regardant à tout moment la forme des traces, des chemins…

Quand elle arrive au centre ou à la rosette du labyrinthe, la personne doit se reposer et méditer quelques minutes sur le trajet qu’elle a parcouru. L’objectif de cet exercice n’est pas de trouver la solution au sac de nœuds de nos problèmes, mais de sortir renforcé-e de l’apprentissage acquis pendant le processus.

Un exercice curieux qu’il est très intéressant de vivre une fois dans sa vie.

Lisez aussi : La loi du miroir, la règle « magique » pour régler nos problèmes avec les autres

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