Le cerveau enflammé : le lien entre l’inflammation et la dépression

· 18 janvier 2019
Savez-vous de quoi il s'agit ? Aviez-vous déjà entendu parler de ce lien ?

Le cerveau enflammé fait référence à une théorie qui relie le processus inflammatoire et la dépression. Ainsi, et selon ce que diverses études nous révèlent, un grand nombre de personnes à qui l’on a diagnostiqué un trouble de dépression majeure présentent des niveaux plus élevés de cytokines pro-inflammatoires, qui affecteraient la fonction cérébrale et l’humeur.

Les auteurs de cette étude, Charles L, Raison Lucile Capuron et Andrew H. Miller, ont publié ce travail dans la revue Cell en 2006. Il faut cependant signaler que cette hypothèse se maintient depuis plusieurs décennies. En fait, elle est directement liée à ce que l’on connaît sous le nom de théorie du mal-être de la dépression.

Par exemple, le docteur Bruce Charlton, de l’Université de Buckingham, essaye depuis longtemps de démontrer cette idée à travers des études et des analyses, comme celle qu’il a publiée en 2000 et à travers laquelle il essaye de définir ce concept. Il s’agit de cas cliniques où les patients diagnostiqués auraient (dans certains cas) un élément déclencheur biologique.

Certains scientifiques signalent que cette maladie pourrait être liée à notre style de vie, à notre alimentation et même à la pollution environnementale. Cependant, d’autres voix la relient à la façon dont notre organisme réagit face aux éléments stressants ou aux préoccupations.

En réalité, une réponse physiologique se produirait pour faire face à cette supposée menace. D’où la réaction inflammatoire et ce système immunitaire qui agit parfois comme notre pire ennemi en nous affaiblissant.

Selon la théorie du cerveau enflammé, face à la présence d’un élément stressant, notre corps libère du cortisol. Cette hormone favorise à son tour l’apparition de cytokines, d’amines vasoactives, d’oxyde nitrique, de glucocorticoïdes…

cerveau enflammé

Sur quoi s’appuie la théorie du cerveau enflammé ?

Cette hypothèse qui relie inflammation et dépression se formule sous des noms frappants. Nous avons, d’un côté, la théorie du mal-être de la dépression et, de l’autre, la théorie du cerveau enflammé. Cependant, elles ont des points communs qui, comme nous le savons, s’appuient sur une large bibliographie scientifique.

La raison pour laquelle on a commencé à songer à ce lien entre troubles dépressifs majeurs et réponse immunitaire a été le grand nombre de personnes qui ne répondaient pas au traitement psychologique ou aux médicaments. Qu’est-ce qui ne fonctionnait pas ? À partir de l’an 2000, le mot « inflammation » a commencé à être une variable récurrente chez certains neurologues et psychiatres.

Voyons maintenant quelles sont les prémisses de la théorie du cerveau enflammé.

Mécanismes qui expliquent le lien entre l’inflammation et la dépression

Lorsque notre organisme détecte la présence d’un virus, il déclenche une réponse immunitaire dans le but de combattre cet ennemi interne. Un processus inflammatoire se met donc en place.

L’hypothèse qui en découle dans la théorie du cerveau enflammé est que, face aux pressions, aux éléments stressants, aux peurs et à l’anxiété, notre organisme déploie également une stratégie similaire.

dépression et cerveau enflammé

  • Ainsi, quand notre corps se voit dans l’obligation de combattre ce pathogène interne, il se sert des globules blancs et d’autres éléments chimiques comme les cytokines, un type de protéines capables de coordonner la réponse du système immunitaire.
  • Comme nous l’avons signalé au début, on a pu voir qu’un bon nombre de personnes atteintes de dépression majeure présentent un niveau plus élevé de cytokines pro-inflammatoires.
  • Dans une étude développée dans le département d’épidémiologie (Janssen Research & Development, New Jersey), 14275 patients atteints de dépression majeur ont été suivis.
  • On a pu voir que chez 60% de ces personnes, un niveau très élevé de protéine C réactive (CRP) apparaissait. Il s’agit d’un marqueur qui révèle une maladie inflammatoire.
  • Ces cytokines peuvent se maintenir dans le flux sanguin pendant des mois, ce qui provoque une neuro-inflammation. D’autres problèmes finissent alors par surgir, comme la douleur physique, un système immunitaire plus faible…

Comment pouvons-nous combattre la dépression causée par l’inflammation ?

Avant toute chose, il faut clarifier un aspect. Toutes les dépressions ne se ressemblent pas. Et tous les troubles dépressifs majeurs ne sont pas causés par l’inflammation. Ce n’est que lorsque la thérapie psychologique n’aboutit pas à des changements ou que les médicaments ne parviennent à aucune amélioration qu’il faut envisager la possibilité de la théorie du cerveau enflammé.

Les scientifiques et les industries pharmaceutiques ont pour défi de fabriquer de nouveaux médicaments pour ce type de maladies. En attendant, des progrès très positifs ont été faits grâce à ces stratégies :

  • Exercices pour la réduction du stress
  • Techniques de respiration et de relaxation
  • Exercice physique
  • Régime anti-inflammatoire (réduire la consommation de sucre, de sel, de farine blanche, d’alimentation industrielle, de graisses saturées, éviter le tabac et l’alcool…)
  • Compléments nutritionnels à base d’acides gras oméga 3 et de vitamine D

 

Pour conclure, il faut savoir que de nombreux experts nous avertissent d’une chose : l’élément déclencheur de ces maladies est toujours le stress chronique. Si nous étions capables de gérer et d’affronter cet état psychologique si usant avec de meilleures ressources, nous pourrions éviter ces processus inflammatoires et la dérégulation du système immunitaire.

N’hésitons jamais à demander de l’aide à des experts et spécialistes.

 

 

  • Raison, C. L., Capuron, L., & Miller, A. H. (2006, January). Cytokines sing the blues: Inflammation and the pathogenesis of depression. Trends in Immunology. https://doi.org/10.1016/j.it.2005.11.006
  • Slavich, G. M., & Irwin, M. R. (2014). From stress to inflammation and major depressive disorder: A social signal transduction theory of depression. Psychological Bulletin140(3), 774–815. https://doi.org/10.1037/a0035302