L’anatomie intime de la souffrance

17 mars 2017 dans Emotions 196 Partagés

La souffrance se niche au plus profond de notre peau, sans être vue. C’est comme un parasite étranger qui attrape et asphyxie, mais que tôt ou tard, nous réussissons à vaincre. Car c’est de la souffrance que surgissent les âmes les plus fortes, avec les peaux les plus rugueuses et parsemées d’infinies cicatrices invisibles.

Il est possible qu’arrivé à votre âge, la peau de votre âme ait toute une carte de cicatrices et de blessures raccommodées. Grâce à cela, vous avez aussi appris que la douleur et la souffrance sont deux choses très différentes. La douleur fait partie de l’existence propre et apparaît quand nous perdons celleux que nous aimons. D’autre part, la souffrance vient du fait que nous n’acceptons pas ce qui arrive, nous résistons et nous désirons que les choses changent.

Même si on nous dit que souffrir est constitutif de l’être humain, il est nécessaire de tenir compte de toute une série de choses. Tout d’abord, il est nécessaire de souffrir pour savoir ce qu’est la vie. De fait, le bonheur nous donne aussi de bonnes leçons.

Ensuite, la peur de souffrir est bien pire que la propre souffrance, car elle nous empêche de vivre. Elle dresse des murs et des barrières face à notre droit d’aimer et d’être aimé-e, de nous tromper et d’apprendre des erreurs. Ce sont des détails essentiels. Nous vous proposons à présent de plonger plus profondément dans ce thème.

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La souffrance et le désir de fuite

La souffrance arrive comme une invitée inattendue par une nuit froide d’hiver. Nous n’en voulons pas et nous décidons de la fuir, de la cacher dans la cave et de faire comme si elle n’existait pas. Ensuite, nous nous fondons dans nos armures oxydées et nous feignons que tout va bien, en arborant des sourires paisibles, alors que le parasite gênant est toujours là, à racler, avec ses mains froides, notre cœur en piteux état.

Que nous le voulions ou non, cette émotion négative persistera avec toute sa charge afflictive pendant très longtemps. De fait, elle a un objectif très clair : éteindre vos énergies et vous obliger à vous arrêter, à l’accepter et à comprendre ce qui vous arrive.

Il est curieux, comme nous l’explique le biologiste cellulaire Estanislao Bachrach, de voir que notre cerveau ne souhaite pas être heureux. Pas du tout. Car, de fait, la seule chose qu’il veut, c’est survivre. Pourtant, comprendre les racines de sa souffrance est un acte de responsabilité personnelle. De survie. 

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Les souffrances réelles et les souffrances imaginaires

En psychologique, on fait la différence entre les souffrances réelles et les souffrances imaginaires. Ces deux dimensions ont une charge émotionnelle négative qui interfère directement sur notre qualité de vie, sur notre équilibre émotionnel.

  • Les souffrances imaginaires sont des interprétations négatives que nous faisons de notre propre réalité. Nous créons d’authentiques batailles intérieures, d’incroyables tempêtes chargées d’obsessions et de souffrance à propos d’actes extérieurs qui parfois, n’ont aucun fondement.
  • De leur côté, les souffrances réelles proviennent d’un fait concret dans lequel se concentre la douleur, la confusion, la perte, la déception. Il y a quelque chose de tangible qui a déclenché cet état.

Pour éradiquer ces deux types de souffrance, nous pouvons déployer des techniques d’affrontement. Nous allons vous les expliquer.

Réveiller des stratégies endormies

Nous les avons. Que vous le croyez ou non. Nous avons tou-te-s en nous les meilleures stratégies pour faire face à la souffrance. À tel point que vous ne serez pas surpris d’apprendre que notre cerveau est préparé biologiquement à affronter l’adversité grâce à ces mécanismes très spécifiques. Des stratégies que nous allons vous définir ici et qui vous aideront à bien mieux “survivre”.

Tout d’abord, nous allons réveiller cet œil intérieur, qui se loge dans notre esprit. Comprenez que la réalité, votre réalité, n’est rien d’autre qu’une interprétation personnelle que vous créez vous-même et de laquelle vous êtes parfois prisonnier-ère. Il est temps de mettre un filtre :

  • Éteignez les peurs et les obsessions qui cernent votre personne, votre estime de vous-même, votre vision de vous-même. Toute souffrance réelle a à son tour des souffrances imaginaires : “ça ne changera jamais”, “je ne serai plus jamais heureux-se à nouveau”, “les deuxièmes chances n’existent pas…”. Éteignez ce bruit mental inutile, contrôlez vos pensées pour créer de nouvelles émotions

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D’autre part, nos souffrances “non méritées” peuvent se réduire dès lors que nous prenons conscience d’autre chose : leur aspect éphémère.

  • La douleur vous affère irrémédiablement au présent, et elle le fait pour que vous soyez capable de comprendre vos blessures, de tirer des leçons de ce qu’il s’est passé pour ensuite continuer à survivre. Car, que vous le vouliez ou non, la vie continue d’avancer. La loi de l’impermanence nous mène tou-te-s dans sa barque pour nous montrer que tout est en changement constant, que tout va et vient. Aujourd’hui, il y a des peines mais demain, il y aura des joies. Cessez d’être prisonnier-ère de la douleur : avancez, vous êtes mouvement.
  • La souffrance, de plus, nous apporte la qualité de l’empathie. Car il n’y a que celui/celle qui souffre qui compatit, et c’est quelque chose qui fait de nous de meilleures personnes, sans aucun doute. C’est un apprentissage vital, il vous apporte une grande sensibilité ainsi qu’une force plus digne, plus sage.

Réveillez ce courage qui dort en vous et soyez capable de voir la souffrance comme un chemin, non pas comme une muraille dans laquelle vous vous enfermez. Levez-vous, ouvrez les yeux de l’intérieur pour voir avec plus de clairvoyance et détruisez chaque brique de ces murs pour être heureux-ses à nouveau.

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