Comment cache-t-on nos émotions ?

· 15 novembre 2016

Généralement, lorsque l’on ressent des émotions dites négatives, on adopte des comportements visant à les éliminer.

C’est une stratégie à laquelle nous avons très souvent recours et qui donne de bons résultats à court terme car elle nous permet de nous apaiser, et elle nous libère des symptômes physiologiques gênants dus aux émotions négatives.

Or, c’est à long terme que le problème se pose, car cette stratégie d’évitement ne consiste qu’en une rustine hâtivement installée face au besoin urgent de se débarrasser des ces émotions négatives.

Ce sont précisément les comportements découlant de cette stratégie qui sont à l’origine du maintien du problème dans le temps et du fait que, alors qu’on s’y attend le moins, les faibles barrières préalablement posées s’effondrent.


Les actes neutralisés des émotions ont fait office de renfort négatif, et c’est justement pour ce pouvoir renforçant que l’on continue à y avoir recours, peut-être même en sachant très bien qu’en réalité, ils ne font que nous nuire.


Parmi ces comportements figurent l’alimentation compulsive suite à une crise d’angoisse, l’appel désespéré que l’on passe à son compagnon/sa compagne lorsque, fou de jalousie, on cherche à savoir où il/elle se trouve, la consommation de drogues, ou encore les jeux d’argent.

La tolérance des émotions

Généralement, en psychologie, on explique aux patients – et on s’assure qu’ils le comprennent bien – que leurs comportements, en plus des pensées négatives, sont responsables du maintien du problème – que ce soit en superficie ou en profondeur – et que s’ils font ce qu’il faut pour changer cela, leur souffrance émotionnelle s’atténuera.

Généralement, les gens rejettent cette théorie, car il est très difficile pour eux de tolérer l’émotion et de la ressentir.

Les symptômes sont si désagréables parfois que l’on fait tout notre possible pour ne pas aller mal, même si on sait pertinemment qu’ensuite, on peut se trouver dans une situation encore plus délicate.

 


Nous les êtres humains sommes hédonistes à court terme, c’est-à-dire que nous avons besoin de cette absence de souffrance et de chercher le plaisir ou la gratification immédiate, coûte que coûte, sans penser aux conséquences.


 

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Par exemple, lorsqu’elles doivent faire face à une situation problématique, certaines personnes sont très anxieuses, car leur interprétation est généralement démesurée.

Elles voient les choses d’une façon terrible et insupportable, et pour cette raison, elles mangent excessivement.

Evidemment, l’excès de nourriture ne règle rien. Au contraire, cela peut engendrer un nouveau problème si la personne s’habitue à adopter cette dynamique.

Ainsi, il est plus difficile de tolérer une anxiété intense que d’opter pour une solution alternative reposant sur une solution hâtive et peu réfléchie.

De fait, ce schéma de conduite reposant sur une alimentation excessive pour combattre l’anxiété est parfois tellement ancré chez une personne qu’avant même de s’en rendre compte, cette dernière a déjà le nez dans le frigo, cherchant ce qu’elle pourrait bien se mettre sous la dent.

L’idéal aurait été d’adopter une conduite alternative pour lutter contre l’anxiété telle qu’un travail de respiration profonde couplé à une bonne analyse du problème, tout en tolérant le fait que l’on puisse se sentir anxieux.

 


L’anxiété est une émotion qui, physiologiquement parlant, agit comme un virage : elle accélère jusqu’à arriver à un pic à partir duquel elle commence à ralentir, si tant est qu’on ne la bloque pas.


Quelques façons de cacher les émotions

A un moment ou à un autre, il nous est arrivé à tous de masquer nos émotions afin de moins souffrir, même si à la clé, il n’y a qu’un apaisement ponctuel.

Or, ce n’est pas non plus grave si cela ne devient pas une habitude, mais comme nous l’avons dit précédemment, cela nous mène bien souvent à un problème encore plus grand, et d’ordre psychologique.

Voici quelques exemples des façons que l’on peut avoir de cacher nos émotions :

La nourriture

La nourriture a un pouvoir très renforçant, autant du fait du plaisir qu’elle apporte que du fait de sa capacité à calmer la faim.

D’un autre côté, manger beaucoup, surtout de la nourriture sucrée et grasse, peut nous mener à penser que notre anxiété réduit, voire même qu’elle disparaît.

Or, le fait d’agir sur nos états émotionnels au moyen de la nourriture, est un comportement qui, logiquement, peut engendrer un grave trouble de l’alimentation.

Les drogues

Les drogues, de même que la nourriture, agissent au niveau des centres du plaisir et de la récompense, libérant ainsi de la dopamine dans notre cerveau, ce qui nous permet de nous sentir bien à court terme.

Le tabac, le haschich, l’alcool et toutes les autres drogues fonctionnent comme un amortisseur émotionnel très puissant.

Les personnes ayant une faible tolérance à la frustration sont plus à même de développer un problème d’addiction à la drogue.

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Le jeu pathologique

De même que les éléments précédemment présentés, le jeu pathologique suppose une récompense.

Même si on perd plus d’argent que l’on peut en gagner, la possibilité de gagner nous maintient alerte et motivé, nous distrait des préoccupations et nous permet de nous évader momentanément.

En cas de perte, le problème peut prendre encore plus d’ampleur.

L’inactivité

Ce comportement est récurrent chez les personnes se trouvant dans un état dépressif.

Afin de ne pas souffrir davantage et de se libérer de l’effort, les gens « arrêtent de vivre », restent inactifs, cloîtrés chez eux, et dans le pire des cas, ils peuvent même en arriver à avoir besoin de demander une réduction de leur temps de travail.

D’autre part, ce comportement suppose un plus grand soutien de la part des membres de la famille et des amis.

Le manque d’assertivité

Avoir une conduite très agressive ou au contraire faire preuve d’une grande soumission et céder à tout, voilà deux conduites bien différentes que l’on peut adopter face aux autres.

Dans le premier cas, on exige de ces derniers qu’ils fassent ce que l’on veut à court terme, et bien souvent, on y arrive.

Or, dans le deuxième cas, on ôte le sentiment de culpabilité que pourrait supposer le fait de défendre nos droits.

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La ré-assurance

Regarder en cachette le téléphone de son compagnon/sa compagne, s’assurer mille fois que l’on a éteint le gaz ou passer une multitude de tests médicaux sont des conduites qui, elles aussi, nous libèrent de l’anxiété, car quelque chose de menaçant peut arriver, même si cela n’est pas très réaliste.

Il existe d’autres conduites de sécurité, comme par exemple celle de toujours avoir avec nous une petite bouteille d’eau au cas où on ferait une crise de panique, celle de toujours avoir près de soi un tensiomètre, ou encore celle de donner une conférence avec un porte-bonheur.