L’amour durable commence quand on cesse d’être amoureux-ses

20 juin 2017 dans Emotions 81 Partagés

À partir de quel moment cesse-t-on d’être amoureux-se ? Quand commence-t-on à parler d’amour au lieu de parler de coup de foudre ? La clé pour comprendre l’amour durable se trouve dans la transition et non dans le changement : ainsi, nous pouvons comprendre comment certaines amours survivent quand l’idéalisation se rompt, et d’autres non.

Nous ne pensons pas que nous cessons un jour d’être amoureux-ses et que l’amour commence alors, mais nous croyons qu’il y a un chemin entre les deux. Cette phase où l’on est amoureux-se est pleine d’idéalisation, nous ne voyons pas l’autre tel-le qu’iel est réellement ; nous projetons toutes nos illusions et tous nos désirs sur l’autre personne, et tout ce que nous souhaitons voir chez cette dernière se reflète dans cette passion.

Quand nous commençons réellement à voir l’autre avec ses failles et ses défauts, quand nous faisons face à ce « choc » de réalité, acceptons ces différences et en arrivons à les aimer, alors nous pouvons véritablement parler d’amour. Nous pourrons alors trouver et comprendre l’amour durable si nous parvenons à voir la transition et l’ajustement aux circonstances au fur et à mesure du temps. L’amour n’a pas à être parfait, il doit seulement être réel et répondre aux exigences de chaque moment pour perdurer dans le temps.

La théorie de Stenberg sur l’amour

Cet auteur nous parle de l’amour comme d’un sentiment qui s’appuierait sur trois piliers basiques :

  • Intimité : comprise comme la proximité entre deux personnes qui se connaissent et se découvrent peu à peu. Celles-ci ont une confiance totale qui leur permet de mettre leur âme à nu.
  • Passion : en tant que sentiment de désir et d’activation physiologique.
  • Engagement : décision prise par les deux personnes pour rester unies à travers le temps.

L’amour complet existerait alors si ces trois composants se répartissaient de façon égale, même s’il existe des étapes au cours desquelles l’intimité, la passion ou l’engagement acquièrent un plus grand poids en tant que « ciment » du couple.

Pour Stenberg, l’amour complet serait facile à trouver mais difficile à maintenir. Selon les trois piliers et leurs différents poids, nous rencontrerons divers types d’amour. Par exemple :

  • Plaisir : ici, seule l’intimité serait présente. On y trouverait une complicité et de la compréhension.
  • Coup de foudre : ce sentiment marquerait une grande passion. On retrouve une attraction physique et sexuelle. Cette phase est très rapide et disparaît à toute vitesse.
  • Amour vide : ne marque que l’engagement. Une décision a été prise de rester ensemble et la relation se poursuit uniquement en raison de cette promesse.
  • Amour romantique : la passion et l’intimité se croisent. L’engagement ne rentrerait pas dans ce type d’amour.
  • Amour de compagnie : l’intimité et l’engagement sont les piliers de ce modèle. On pourrait le voir comme une amitié engagée à long terme.
  • Amour fugace : compris comme l’union de la passion et de l’engagement mais sans intimité. Les personnes ne se connaissent pas en profondeur et il est rare que ces relations durent dans le temps.

En voyant ces différents types d’amour, nous pouvons mieux comprendre pourquoi ce sentiment est dynamique et changeant. Ainsi, on peut passer d’un type d’amour à un autre selon les étapes ou selon le poids des piliers de base que nous avons identifiés.

Est-il sain d’être toujours amoureux-ses ?

Beaucoup de personnes décrivent la phase où l’on est amoureux-ses comme une étape délirante où l’on peut voir une distance considérable entre la réalité et la façon dont nous la percevons. Nous idéalisons l’autre personne et nous avons du mal à être objectif-ve-s, ce ne serait donc pas un amour réel. Aimer une personne signifie la connaître complètement, savoir ce qu’on aime ou pas chez elle et, en sachant cela, prendre la décision de vouloir rester à ses côtés.

Quand nous tombons amoureux-ses, notre cerveau libère des substances qui portent le nom de sérotonine et de dopamine. Leur libération provoque un sentiment de plaisir et de bonheur et nous rend « accro » à cette personne puisqu’elle nous procure de l’euphorie et du bien-être. Cependant, ce torrent d’émotions diminue avec le temps et débouche sur d’autres émotions plus rationnelles, parfois moins intenses. Notre cerveau, en étant amoureux, se laisse porter par la passion et le bonheur du moment, comme si nous étions des animaux.

Quand notre cerveau aime, il le fait également avec sa partie rationnelle, en valorisant, en prenant des décisions et en choisissant la personne d’un point de vue plus humain et plus sage. Tombons amoureux-ses chaque jour mais, surtout, apprenons chaque seconde à aimer, une fois que l’inertie de l’étape du coup de foudre s’est brisée. Ainsi, l’amour durable implique certains sacrifices que nous ne voyons pas au début et demande des efforts que nous ne voyions pas auparavant. Nous sommes les seul-e-s à pouvoir décider si cet amour en vaut la peine ou non.

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