La thérapie par répétition d'imagerie mentale

13 février, 2020
La thérapie par répétition d'imagerie mentale aide les personnes qui font des cauchemars à prendre le contrôle de leur sommeil. Dans cet article, nous allons en découvrir davantage sur ce thème.
 

Les cauchemars provoquent la terreur, l’angoisse et nous réveillent en sursaut. De plus, lorsque ces cauchemars deviennent chroniques, ils peuvent sérieusement affecter la qualité du sommeil d’une personne, voire influencer sa performance diurne. La thérapie par répétition d’imagerie mentale est l’une des techniques les plus efficaces pour traiter ce phénomène.

Nous avons tous fait des cauchemars à un moment ou à un autre de notre vie. Il s’agit donc d’un processus normal du sommeil. Ce n’est généralement pas une pathologie. Et, les cauchemars n’entraînent aucun problème au-delà de l’inconfort ressenti. Cependant, on considère que c’est un trouble du sommeil lorsque ces rêves désagréables deviennent récurrents.

Dans les principaux manuels de classification des diagnostics, les cauchemars sont considérés comme une parasomnie. Ils impliquent donc l’apparition répétée de rêves qui engendrent une peur intense. Ceux-ci se produisent généralement pendant la phase du Mouvement Oculaire Rapide (REM) et leur contenu est en quelque sorte menaçant pour la personne.

Les cauchemars chroniques ont des conséquences importantes sur la qualité du sommeil. En effet, ils peuvent amener la personne qui en souffre à avoir des insomnies ou bien à avoir peur de dormir ou d’être dans le noir. Il est également probable que la personne développe des comportements qui nuisent au sommeil, comme laisser les lumières allumées ou dormir à des heures irrégulières.

 
Une femme faisant un cauchemar pouvant être aidée par la thérapie par répétition d'imagerie mentale

 

Pourquoi les cauchemars se produisent-ils ?

Bien que nous ne disposions pas encore de connaissances scientifiques suffisantes pour déterminer la cause et l’origine des cauchemars, des facteurs influençant leur apparition ont été découverts :

  • Tout d’abord, les cauchemars sont plus fréquents chez les enfants et, dans une moindre mesure, chez les adolescents. Ils font partie du processus de maturation et ont tendance à disparaître avec le temps
  • Ils surviennent davantage lors des périodes où la personne est soumise à un stress psychosocial élevé. Dans cette situation, les cauchemars peuvent servir de mécanisme d’adaptation. En effet, lorsque le facteur de stress dans le sommeil survient, la personne explore diverses façons d’y faire face
  • On associe souvent les cauchemars à d’autres troubles comme l’anxiété, la dépression et, surtout, le syndrome de stress post-traumatique
  • Les personnes qui ont du mal à réguler leurs émotions ont tendance à faire des cauchemars plus souvent

Qu’est-ce que la thérapie par répétition d’imagerie mentale ?

La thérapie par répétition d’imagerie mentale est l’une des procédures les plus étudiées et les plus efficaces dans le traitement des cauchemars. C’est une technique cognitive basée sur la modification du contenu du sommeil.

 

Le but est de modifier consciemment certains détails du cauchemar. L’objectif est donc de faire du cauchemar une histoire agréable. De cette façon, la personne est capable de prendre le contrôle des événements rêvés et de les modifier.

La thérapie par répétition d’imagerie mentale, étape par étape

1. Modifier les croyances

Tout d’abord, il est nécessaire de modifier certaines croyances que la personne peut avoir au sujet des cauchemars. Nous devons lui transmettre l’idée que les cauchemars ne sont pas quelque chose d’incontrôlable, mais plutôt une habitude acquise que nous pouvons modifier.

D’autre part, il est important que la personne comprenne qu’une fois qu’ils sont chroniques, les cauchemars cessent d’être utiles et ne remplissent plus leur fonction. Il est donc temps de les aborder, de les modifier pendant la veillée pour qu’ils deviennent plus agréables.

2. Travailler sur la visualisation

L’étape suivante consiste à évaluer la capacité de la personne à imaginer des scénarios d’une manière vivante. Pour ce faire, on lui demande de travailler sur son imagination en créant des scènes agréables dans son esprit. On lui enseigne également des techniques pour contrôler l’apparition d’images désagréables pendant la pratique de la visualisation.

Une séance de thérapie par répétition d’imagerie mentale
 

3. Faire face au cauchemar

A ce stade, on demande à la personne de choisir le cauchemar sur lequel elle va travailler en écrivant un récit du cauchemar. Ensuite, on encourage le patient à modifier le contenu de son cauchemar et à le réécrire en décrivant en détails cette nouvelle séquence d’images.

Enfin, on demande à la personne de passer entre 5 et 20 minutes par jour à revoir mentalement l’histoire modifiée. L’idée est que, en répétant cette modification pendant la journée, elle se transfère au rêve comme une continuité.

L’efficacité de la thérapie par répétition d’imagerie mentale

Finalement, si l’on est constant dans l’application de la technique, les cauchemars diminuent rapidement. De plus, les résultats se maintiennent à long terme. La qualité du sommeil s’en verra également améliorée et l’inconfort associé aux cauchemars vécus par la personne, réduit.

 

 

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