La dialectique du maître et de l’esclave de Hegel

· 4 mai 2018

La dialectique du maître et de l’esclave est le nom donné à une construction théorique de Friedrich Hegel. Elle est considéré comme l’un des éléments clés de sa philosophie, laquelle a plus tard influencé de nombreux philosophes. Non seulement elle est devenue la base de la dialectique matérialiste développée par Karl Marx, mais a également eu une forte influence sur la psychanalyse.

Pour Hegel, la réalité humaine se condense dans ce que nous appelons l’histoire universelle. Ce qui a par ailleurs marqué cette histoire est la relation inégale entre les êtres humains. Entre tyrans et tyrannisés. De sorte que la dialectique historique est la dialectique du maître et de l’esclave. Ce qui a fait bouger l’histoire est cette contradiction entre les uns et les autres, donnant lieu à une inégalité dans la conscience de soi des êtres humains.

« Le peuple est cette partie de l’Etat qui ne sait pas ce qu’elle veut. »

-Friedrich Hegel-

Rappelons que chez Hegel la dialectique est une forme de raisonnement où s’opposent deux thèses, lesquelles conduisent à de nouveaux concepts qui surmontent cette contradiction. De sorte qu’il existe une thèse qui soulève un certain raisonnement. Une antithèse suit, laquelle expose les problèmes ou les contradictions de la thèse. De la dynamique entre thèse et antithèse naît la synthèse, qui devient une solution ou une nouvelle perspective sur le sujet.

Le désir et la dialectique du maître et de l’esclave

Dans la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel, le désir joue un rôle très important. Ce philosophe fait remarquer que les animaux ont un désir qui se satisfait d’un objet immédiat. L’animal n’est pas conscient de ce qu’il désire. En revanche, les choses sont différentes chez l’être humain.

dialectique du maître et de l'esclave

Pour Hegel, l’histoire est l’histoire des relations sociales. Cette dernière apparaît lorsqu’il deux désirs humains s’affrontent. L’être humain désire est être désiré par un autre être humain. En d’autres termes, être reconnu par l’autre. Ainsi, le désir humain est fondamentalement un désir de reconnaissance.

L’être humain veut que les autres lui donnent une valeur autonome. Autrement dit, une propre valeur, laquelle nous différencie des autres. Il s’agit de ce qui définit la condition humaine. Donc, selon Hegel, l’être humain tend à s’imposé aux autres. Ce n’est que lorsque l’autre le reconnaît comme quelqu’un d’autonome que se crée la conscience de soi. En outre, les consciences de soi s’affrontent entre elles dans une lutte à mort.

L’histoire du point de vue de Hegel

Sur la base des concepts que nous avons brièvement exposé, Hegel construit sa dialectique du maître et de l’esclave. Cela consiste à proposer que, dès le premier moment de l’histoire, deux figures apparurent: le maître et l’esclave. Le premier s’imposé au second. Le moyen d’y parvenir est de le nier, c’est-à-dire de ne pas reconnaître son désir. Il le domine en l’annulant. Le dominé doit renoncer à son désir de reconnaissance, essentiellement par peur de mourir.

De sorte qu’une forme de conscience apparaît chez les dominés. Cette conscience est celle de celui qui reconnaît un autre comme son maître et se reconnaît comme esclave. Par conséquent, il ne parvient pas à former à une conscience de soi en tant que telle. Il assume plutôt une logique dans laquelle le regard du maître règne. Ceci constitue l’essence de la dialectique du maître et de l’esclave.

dialectique du maître et de l'esclave

Tout cela a des répercussions importantes sur la production. En cela, le maître n’entre pas en contact avec la matière première, ou « la chose », que l’esclave transforme avec son travail.Par ailleurs, l’esclave n’entre en contact avec elle que pour la transformer, mais elle ne lui appartient pas, il n’est pas destiné à sa consommation. Comme le maçon qui montent des briques, mais ne possède pas de maison.

Maîtres et esclaves

Pa conséquent, Hegel propose que la dialectique de l’histoire soit la dialectique du maître et de l’esclave. Des dominateurs et des dominés existent depuis l’origine de l’histoire. Une entité reconnue, le maître, et une entité reconnaissante, l’esclave. Cet esclave cesse d’être une entité autonome et devient quelque chose de chosifié par le maître.

En raison de cette domination, le maître contraint l’esclave et le force à travailler pour lui. Ce travail n’est pas un processus créatif de l’esclave, mais une imposition qui fait de lui un objet de travail. Le maître finit cependant par dépendre de l’esclave pour sa propre survie. Et arrive toujours le moment où les rôles sont inversés dans la mesure où l’esclave est indispensable pour le maître, mais ce dernier ne l’est pas pour l’esclave.

dialectique du maître et de l'esclave

La dialectique du maître et de l’esclave est un concept qui a marqué un avant et un après dans l’histoire de la philosophie. Elle a jeté quelques bases qui, même si elles ont été révisées et réinterprétées, conservent essentiellement leur validité.