La reconnaissance, la clé de la dignité et de l’estime de soi

· 26 avril 2018

Nous avons tous besoin de reconnaissance. Tout d’abord, d’une reconnaissance venant de nous-mêmes, pour être convaincus de nos capacités, de notre image et de notre valeur. La reconnaissance est aussi ce pilier qui nous permet de fixer les bases de l’estime de soi chez les enfants, l’impulsion dont l’employé a besoin dans son travail et le lien qui fonde une relation solide dans un couple. Elle nous permet de nous sentir aimés, valorisés, appréciés…

Le concept de reconnaissance, aussi curieux que cela puisse paraître, suscite parfois quelques malentendusCertains le voient comme une dimension négative car les personnes qui recherchent de façon continue une reconnaissance de la part des autres sont incapables de maintenir une indépendance émotionnelle adéquate. Ce sont, pour beaucoup, des personnalités qui construisent leur auto-estime sur la base des réponses que leur offrent les autres.

« Ne méprise personne, un atome fait ombre. »

-Proverbe grec-

Il faut dire que la clé de toute chose réside dans l’équilibre. Car s’il y a bien quelque chose que nous ne pouvons pas écarter, c’est la grande importance qu’occupe la reconnaissance dans notre vie relationnelle, sociale et émotionnelle. Qui plus est, si nous pensons à la pyramide des besoins de Maslow, nous pouvons voir que la reconnaissance occupe un lieu particulier. C’est à ce niveau de la hiérarchie que se situe cette subtile harmonie entre l’auto-reconnaissance ou la capacité de nous sentir compétents avec nous-mêmes et l’importance de la valorisation que les autres accordent à notre personne ou à nos actes.

pyramide de Maslow

La reconnaissance, une forme de dignité personnelle et sociale

L’être humain vit dans une dualité constante. Nous aimons tous nous sentir présents dans un environnement mais, en même temps, nous apprécions d’être absents, de nous sentir libres, indépendants et séparés de nos espaces quotidiens. Or, s’il y a une chose que personne n’aime, c’est d’être invisible. Être cette figure que personne ne voit, n’apprécie ou ne prend en considération.

Cela, l’enfant qui est au fond de la classe le sait bien. Celui qui est dans un coin de la cour, sans personne à qui parler, sans personne avec qui profiter d’une enfance colorée. L’adolescent que personne ne comprend mais que tout le monde sanctionne le sait aussi. Et la personne qui ne se sent pas valorisée par son conjoint, qui vit dans la plus grande solitude et la plus grande confusion émotionnelle en est parfaitement consciente. La reconnaissance est un tendon psychique qui nous valide avec nos groupes de référence et, en même temps, nous rend dignes en tant que personnes.

Car reconnaître quelqu’un, c’est le rendre visible. C’est reconnaître sa présence, lui permettre « d’être » et de se créer lui-même, en toute liberté. C’est apprécier une personne pour ce qu’elle est, en lui conférant une affection qui impulse la croissance personnelle mais ne limite pas ou n’invalide pas. La reconnaissance génère une auto-acceptation pour que, d’une certaine façon, nous puissions aussi renforcer encore plus le muscle de notre auto-estime.

femme

Par ailleurs, un aspect que nous ne pouvons oublier à propos de l’estime de soi est que, dans cette perception auto-évaluative, nous incluons aussi la façon dont nous pensons que les autres nous voient. Une chose ne peut pas être séparée d’une autre. Nous sommes des êtres sociaux et ce que les autres disent ou pensent de nous nous influencera d’une façon ou d’une autre.

La reconnaissance est importante mais nous ne pouvons pas exclusivement en dépendre

Nous sommes conscients que peu de choses peuvent être aussi douloureuses que le rejet. Faire l’expérience de l’abandon ou du mépris au sein de notre groupe social de référence peut faire retentir des sirènes dans notre tête et allumer notre bouton de panique. Car on ne choisit pas la solitude; l’isolement provoqué par des liens insalubres, négatifs ou négligés génère de la souffrance. Comme nous l’avons signalé au début, en tant que personnes, nous devons concilier la reconnaissance que nous éprouvons envers nous-mêmes avec celle que nous recevons des autres.

Focaliser notre style de vie en nous appuyant uniquement sur les commentaires positifs externes génère de la dépendance et du mal-être. Il est donc important que nous gardions un aspect simple dans notre esprit. La qualité de la reconnaissance que nous éprouvons envers nous-mêmes influera à son tour sur la façon dont les autres nous valoriseront. Prenons quelques exemples. L’employé qui croit en ses compétences, qui se sent habile et sûr de lui créera un impact positif au sein de son environnement de travail. Il aura un bon rendement et, par conséquent, les autres reconnaîtront ses efforts.

Un autre exemple. La personne qui se valorise, qui se sent comblée, libre et autonome construit des relations affectives beaucoup plus solides. Ce caractère mature et sûr attire aussi la reconnaissance et l’admiration, mais jamais de dépendance mutuelle. Il n’y a pas besoin de commentaires positifs constants. Notre bonheur ne dépendra pas en exclusivité de la reconnaissance que nous avons reçue ou non aujourd’hui. Il existe un équilibre parfait entre ce que nous nous donnons personnellement et ce que les autres nous offrent, sur la base d’une sincérité absolue et d’une authentique affection.

femme endormie

Pour conclure, nous ne pouvons pas mettre ce concept de côté dans l’actualité. La reconnaissance est la base de toute société, pour une raison très simple: elle favorise l’inclusion. Elle rend l’invisible présent, sans se soucier de son âge, de sa condition, de son ethnie ou de son caractère. Savoir reconnaître signifie aussi savoir aimer avec intelligence, car quiconque pratique la reconnaissance la plus saine est capable d’apprécier l’autre pour ce qu’il est et pas pour ce que l’on aimerait qu’il soit.

Apprenons donc à nous reconnaître les uns les autres, à nous donner une visibilité en tant que personnes, à prendre nos besoins en considération à travers l’affection, la disponibilité et l’humilité.