Le jour où j’ai abandonné mes complexes et où je me suis senti-e libre

10 mai 2017 dans Psychologie 269 Partagés

Peu de sensations peuvent être aussi cathartiques, satisfaisantes et libératrices que de laisser partir ses complexes. L’expression de l’être propre et du” Je m’aime tel que je suis” agissent comme d’authentiques armes de pouvoir, comme des caresses pour notre estime  de nous-mêmes et comme des boucliers face aux critiques vides et aux commentaires destructifs. Jusqu’à il y a peu, le sujet des complexes était un territoire à part entière et bien différent de celui du jargon psycho-analytique. Un lieu où des termes tels quel “le complexe d’Œdipe”, “le complexe de Bovary” ou “le complexe d’Électra” donnaient lieu à une sorte de joker ou de “tiroir poubelle”, où l’on essayait de classer n’importe quel comportement ou trait de personnalité.

“Nous ne devrions pas éliminer nos complexes, mais arriver à un accord avec eux, les comprendre et éviter qu’ils dirigent notre comportement.”

-Sigmund Freud-

Le mot “complexe” a été introduit par Carl G. Jung, et popularisé plus tard par la psychanalyse freudienne. Cependant, derrière cette épaisse forêt de terminologies et de tentatives de catégorisation du comportement humain, il existe une racine centrale indiscutable : le sentiment d’infériorité.

Parmi les objectifs les plus élémentaires de la psychologie, pouvoir détecter et comprendre l’origine de ces réponses générées par l’esprit face aux “supposés” défauts et carences auto-perçues, en revient à retirer les clous qui fixent la porte d’un grenier qui a été fermé pendant très longtemps. Nous parlons d’un espace privé où l’on respire un air qui aurait besoin d’être renouvelé, oxygéné par de nouvelles approches et par la lumière d’une bonne estime de soi.

Il faut savoir que ce n’est pas facile. Le processus de rupture ou de reformulation de ces schémas de pensée si auto-destructeurs demandent du temps et beaucoup de délicatesse thérapeutique. Pour finir, comme l’a dit Freud un jour, parfois, derrière un complexe en particulier, peut se cacher un véritable traumatisme.

Analysons ce sujet en détail.

L’origine des complexes : un labyrinthe existentiel

Il est curieux de s’intéresser à l’étymologie de ces termes que nous utilisons si souvent. Le mot “complexe” provient du latin “complectere”, et signifie “embrasser”, “inclure”. Nous parlons donc d’une sorte de câlin d’ours, qui nous coince entre ses griffes pour ensuite former un seul être, une même entité dans laquelle coexistent prédateur et proie.

De même, sachez que dans toutes les définitions, on nous dit que les complexes s’alimentent de nos propres pensées irrationnelles. Des phrases telles que “Je suis une baleine à cause de tous ces kilos en trop”, “Je suis un lâche, je fais l’autruche” ou “Je suis plus que nul” sont des phrases qui rétro-alimentent le sentiment d’infériorité de manière implacable.

Il y a cependant des nuances qu’il est important d’éclaircir : ces pensées irrationnelles proviennent souvent de situations réelles, ponctuelles et douloureusement spécifiques. La plupart de nos complexes ont pour origine l’enfance. Une famille qui dévalorise ses enfants, qui les blesse verbalement à travers l’ironie ou le mépris, génère de profonds traumatismes.

Plus tard, ces traumatismes se consolident pendant l’adolescence. Le manque d’estime de soi et de stratégies valables pour se défendre et faire face fait que le jeune se retrouve embrouillé et sans défense dans ce monde presque sauvage du collège et du lycée. Des lieux où toute bizarrerie, en particulier physique, comportementale ou même “inventive”, est souvent instrumentalisée et cruellement soulignée.

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Dire adieu au sentiment d’infériorité

Le sentiment d’infériorité est un virus face auquel il est important de développer une bonne immunité. Marcher sur son chemin de vie avec une estime de soi fragile et une confiance dissimulée dans le grenier de notre esprit génère de graves conséquences. Les relations affectives, par exemple, peuvent se transformer en de véritables liens de captivité, où l’un a le pouvoir et l’autre se tait et accepte.

“Nous ne sommes pas différents des animaux dans notre possibilité de ressentir des complexes, qu’ils soient de supériorité ou d’infériorité.”

-Fernando Savater-

Personne ne vaut plus que vous et vous ne valez pas plus que quelqu’un d’autre. C’est l’un des meilleurs slogans dont il faut se souvenir dans le quotidien, même si les pattes de cet ours qui nous enlace aime nous rappeler encore et encore à quel point nous sommes insignifiant-es, nous avons des défauts qui nous déshonorent et nous ne méritons pas de sourire lorsque nous nous regardons dans le miroir.

Ce n’est pas la bonne marche à suivre : il est nécessaire de lutter contre ces schémas de pensée.

Quelques clés pour le changement : oui à l’auto-estime retrouvée !

Il n’existe aucun chemin facile. Pour récupérer notre estime de nous-même, il est important d’emprunter un chemin plein de zigzags et de pierres, où seuls la volonté et le courage nous permettent d’atteindre le sommet. Un endroit où, enfin, nous pouvons crier : “Je m’aime tel-le que je suis, je suis bien, je suis une personne belle, capable et digne de construire son bonheur.”

  • Les complexes se nourrissent de la dévalorisation de soi-même par soi-même. Parfois, ce sentiment d’infériorité est inoculé par une famille, une enfance ou une adolescence complexe. D’autres fois, il peut être innée, liée à un type de personnalité.
  • Savoir pourquoi nous pensons ce que nous pensons et ce qui a fait que nous avons développé ces complexes destructifs est aussi d’une grande aide.
  • De plus, il faut éclaircir quelque chose : la personne qui ne s’aime pas et qui se dévalorise est dévalorisée. Il faut changer le discours, l’attitude, le ton et le traitement. Pour cela, la première chose à faire est de cesser de se comparer aux autres : l’unique référence valide à laquelle il faut se référer, c’est SOI-MÊME.
  • Exprimez-vous. Trouvez un moyen qui vous convienne, grâce auquel vous pouvez vous réaffirmer, vous découvrir et vous aimer. Le sport, la danse, la peinture ou l’écriture sont des méthodes merveilleuses pour canaliser les émotions.
  • Réfléchissez à votre entourage et aux personnes auxquels vous êtes relié-e. Vous respectent-ils ? Vous permettent-ils d’être vous-même ? Vous font-ils du bien ? … Parfois, “recycler” son entourage et les personnes qui nous entourent nous permet de retrouver une estime de soi et met de côté de nombreux complexes que d’autres avaient tendance à renforcer chez nous.

Pour conclure, souvenez-vous toujours que nous ne sommes pas dans ce monde pour souffrir ou pour enfermer notre merveilleuse essence de vie dans la prison des complexes. Nous méritons d’être libres, heureux-ses et authentiques, et avant tout, de vivre notre propre réalité, non pas celle que les autres décident pour nous.

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Images de Hilda, Emma Uber

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