Je fais partie de ces gens bizarres qui ne savent pas comment se rendre

15 décembre 2016 dans Emotions 191 Partagés

Peut-être que vous aussi : vous êtes l’une de ces personnes entêtées et vieux jeu qui ne savent pas comment se rendre.

Car même si le corps fait mal et que les cicatrices pèsent, l’esprit ne se rend jamais…

Il ne nous laisse pas renoncer à nos rêves car, à moins que ce renoncement ne soit un acte théâtral, il nous en éloigne.

Nous parlons ici de la persévérance, le contraire de la paresse de l’âme. Le contraire du défaitisme qui, parfois, nous est suggéré par la société même, avec ses murs et ses barbelés.

Sören Kierkegaard, de son côté, l’a exposé très clairement dans ses textes : quand notre entourage nous entraîne dans le désespoir, il n’y a qu’un antidote : l’espoir. Un espoir grâce auquel le moteur de la persévérance peut fonctionner.

Je suis ce type de personnes qui savent ce qu’elles aiment et ce qu’elles n’aiment pas dans leur vie. De celles qui ne savent pas se rendre, de celles qui comprennent que rien ne tombe du ciel…

Parfois, même si tout le monde nous a abandonné, il ne reste qu’une option : continuer à avancer.

Aujourd’hui, et à cause de la conjoncture économique et sociale dans laquelle nous sommes, il est fréquent de se laisser porter par la dérive du défaitisme.

Perdre un emploi, échouer dans un projet ou laisser derrière soi un horizon d’attentes avec un couple stable et un plan de vie, implique souvent de vivre un immense écroulement de nos fondations, et même de notre identité.

C’est compréhensible. Cependant, comme on le dit souvent, si l’échec nous fait tomber, nous devons nous relever pour nos rêves.

Au lieu de succomber au désespoir, il est nécessaire d’accepter une attitude proactive comme un bouclier face à la souffrance. 

Alors, respirez profondément et avancez. Car il est interdit de se rendre.

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Changer l’inertie et se transformer en « mouvement »

Les poètes, dans leur art exceptionnel de donner forme aux émotions, ont défini la dépression avec des termes très « impactants », comme « la gueule du loup », « le puits sans fond », « le ventre de la baleine » ou « la nuit sombre de l’âme ».

Ces concepts évoquent une idée que la neuroscience a étudié  des années : le facteur temps dans le cerveau dépressif.

Il y a comme un ralentissement. C’est comme si la vie, son bruit et la trotteuse de ses horloges s’étaient arrêtés.

La chimie cérébrale nous plonge dans cet état de mélancolie perpétuelle où rien n’avance.

Nous parlons de cela au vu d’une donnée très objective : l’incertitude face au futur, quand nous perdons un travail ou quand nous brisons une relation affective, nous nous réfugions dans ces recoins émotionnels où nous nous constituons prisonniers et où rien n’avance.

Tout s’arrête et c’est alors que l’espoir est atrophié et un invité indésirable apparaît : la dépression.

Si c’est ce que vous ressentez dans ces moments, souvenez-vous de quelque chose : se rendre est une option, mais se mettre en mouvement est une obligation.

C’est ce qu’expliquent les auteurs du livre « Le petit livre des grands décisions ». Dans ce manuel intéressant, ils nous détaillent 50 modèles de prises de décisions dans des labyrinthes personnels très complexes.

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La clé de ces stratégies n’est pas toujours la même. Il faut de la volonté. Mais… comment la forger face à tant de souffrance émotionnelle ?

Sachez que la volonté se travaille, s’éduque et se renforce avec la pleine conscience et des efforts. 

Le courage de ne pas se rendre doit être une valeur. Comme un pilier de l’âme. Comme une racine qui nourrit nos essences.

Parfois, se rendre, c’est savoir accepter

Nous avons vu que pour faire face à l’adversité, il est nécessaire de faire des démarches vers l’avant. Éviter la quiétude et un cerveau anesthésié par le manque d’espoir, de perspectives et de rêves. Il y a un autre détail dont il faut tenir compte.

Parfois, se rendre est nécessaire, surtout pour accepter qu’un processus est arrivé à la fin.

Ici, la difficulté est double et encore plus délicate. On peut lutter chaque jour pour obtenir une promotion au travail. Pour garder à ses côtés la personne que l’on aime.

Mais, s’il n’y a pas d’amour, les batailles ne servent à rien. S’il n’y a pas de possibilité d’amélioration professionnelle, cela ne sert à rien de continuer à rêver à l’impossible.

L’accepter est aussi une affaire de courageux, et le surmonter, d’authentiques vainqueurs.

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Il y a des batailles qui, tout simplement, sont perdues dès le début. Toutes les luttes nous offrent un enseignement, même celles qui nous éloignent de l’objectif initial.

Mais, souvenez-vous : se rendre face à un fait ou à une personne, ce n’est pas perdre face à la vie.

Car, parfois, la perte signifie aussi partir à la conquête de soi-même, et il n’y a rien de plus noble et de plus sage.

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