J’ai besoin d’aide : ramer dans la solitude m’épuise

· 22 août 2018

J’ai besoin d’aide. Je suis épuisé, au bout de mes forces. Je suis fatigué de ramer seul, de faire semblant de pouvoir tout supporter sans ne plus pouvoir avancer. J’ai besoin d’une bouée de sauvetage, d’une main amicale qui puisse me guider. Car dans certains moments, il n’y a d’autres solutions que de demander de l’aide, d’accepter l’aide qui puisse nous permettre d’aborder nos problèmes depuis une autre perspective.

On dit que toutes les personnes malheureuses ont quelque chose en commun : la rancœur. Cependant, toutes les rancœurs n’ont pas le même relief et le même contexte. Certaines personnes s’approprient ce mal-être et le normalisent. De cette manière, elles avalent leur malheur jusqu’à accumuler du poids supplémentaire : celui des regrets, celui des rancœurs, celui de la mauvaise humeur et des pensées déformées qu’ils alimentent, de même que le bois alimente le feu, celui l’état émotionnel que l’on traverse.

Dans ces cas là, demander de l’aide n’est rien de plus qu’un délit, un signe de faiblesse. Certains rejettent la responsabilité sur les autres en espérant qu’ils devinent ce qu’il se passe et qu’ils agissent en conséquence. Heureusement, certains franchissent le pas et s’autorisent à demander de l’aide. Le fait de se taire et de supporter la situation a ses limites : bien que le fait d’offrir ne soit pas forcément plus simple que le fait de recevoir, à certains moments il est important de savoir demander de l’aide.

« Aider celui qui en a besoin n’est pas seulement une partie du devoir, mais une partie du bonheur. »

-Jose Marti-

l'épuisement et la faiblesse : j'ai besoin d'aide

J’ai besoin d’aide, j’ai atteint la limite

Albert Ellis, un psychothérapteute cognitif reconnu, développa au cours des années 50 ce que nous connaissons aujourd’hui comme la Thérapie Rationnelle Emotive. Cette approche contient un aspect qu’il vaut la peine de retenir. Nous tombons souvent dans des états sans défense et des états de désespoir en pensant que la vie ne peut pas nous traiter d’une pire manière. Nous sommes alors un bateau de papier qui part à la dérive. Cependant, comme le dirait Ellis « ce ne sont pas les faits qui nous altèrent, mais l’interprétation que nous en faisons ».

Pouvoir compter sur quelqu’un capable de nous faire prendre conscience de cela est sans doute la plus grande des ressources. Nous savons tous qu’il n’est pas simple de dire à voix haute « j’ai besoin d’aide ». Comment le faire ? Aussi étrange que cela puisse paraître, la chose suivante peut se passer : celui qui présente le plus grand besoin de soutien est celui qui aura le plus de réticences à la solliciter.

Ceux qui ont le plus besoin d’aide sont également les plus habitués à mettre à disposition la leur et ne sont donc pas habitués à la recevoir. Ainsi, lorsque nous dépassons cette limite et que nous réclamons enfin le droit d’être écoutés, soignés et chéris, nous le faisons car nous n’en pouvons plus. Nous avons atteint notre limite. 

« Souvent, les personnes disent qu’elles ne se sont pas trouvées personnellement. Mais le « soi » n’est pas quelque chose que l’on peut trouver, mais bel et bien quelque chose que l’on créé ». 

-Thomas Szasz-

Quels indicateurs me prouvent que c’est le moment de demander de l’aide ?

Il ne faut pas atteindre cette limite, cette frontière que l’on dépasse en étant pratiquement détruits en allant jusqu’à la consultation d’un psychologue clinique. Comment devons-nous donc faire face à notre réalité ? Bien que cette étape puisse échapper à notre contrôle, peu d’indicateurs peuvent se montrer plus clairs. Voyons donc certains des indicateurs qui peuvent se montrer utiles avant d’atteindre ce point limite.

  • Nous expérimentons et ressentons tout de manière intense et démesurée. Une simple erreur devient un désastre, la mauvaise humeur peut nous envahir pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines, une déception nous immobilise, les imprévus nous dépassent…
  • Certaines choses, idées, souvenirs, sensations ne peuvent pas quitter notre esprit. De plus, toutes ces images et pensées peuvent finir par interférer avec nos missions et obligations quotidiennes.
  • Nous expérimentons des maux de tête récurrents, des problèmes digestifs et musculaires, nous souffrons d’insomnie ou de sommeil excessif…
  • Les choses qui auparavant nous plaisaient ont désormais perdu tout leur sens ou intérêt. 
  • Nous avons cessé d’être productifs au travail.
  • Nos relations sont désormais plus tendues. Les phrases telles que « tu prends tout à la lettre, on ne peut pas parler avec toi » ne manquent pas. Les personnes qui nous aiment vraiment nous dirons alors qu’elles sont véritablement inquiètes pour nous.

Que puis-je attendre de ceux qui me viennent en aide ?

Lorsque j’ai besoin d’aide, je recherche trois choses : être écouté, ne pas être jugé pour ce que je pense ou ce que j’ai pu faire, me voir offrir des ressources permettant de générer un changement positif. Nous pouvons obtenir cela d’un ami et d’un membre de la famille, nous l’avons tous fait au moins une fois. Cependant, à certains moments de la vie personnelle, il est nécessaire de demander l’aide d’un professionnel spécialisé.

Ce psychologue entraîné et habilité doté d’une série de compétences concrètes pourra nous offrir les choses suivantes :

  • Apprendre à voir nos problèmes depuis une autre perspective. Une perspective où il n’y a pas de murs, une perspective où nous cesserons de nous voir comme une victime, mais où nous nous verrons comme un agent potentiel de notre propre réalité (celle que l’on peut modifier).
  • Il nous fera découvrir des réalités intérieures que nous ne connaissions pas ou auxquelles nous n’avions pas pensé. Il sera un agent de notre découverte personnelle.
  • Nous ne devons pas attendre qu’un psychologue nous donne des conseils ou guide nos actes pour savoir ce que nous devons et ne devons pas faire. Un psychologue nous éclaire et nous aide à être nous-mêmes. Grâce à lui, nous trouverons la réponse à nos problèmes, nous serons les créateurs de nos changements et de nos décisions.
  • Il nous aidera à soulager nos souffrances en acquérant de nouvelles perspectives de compréhension et d’action.
  • Un psychologue nous fera acquérir les ressources adéquates pour gérer nos émotions, éviter les schémas douloureux de pensées et appliquer des techniques adéquates de self-contrôle.
  • Il nous aidera à définir nos priorités et à agir en fonction de celles-ci.
  • Ce professionnel nous permettra d’avoir une attitude de croissance, ce qui nous permettra de prendre des décisions nous concernant, de nous positionner dans le monde du courage, de l’ouverture et de la responsabilité.
j'ai besoin d'aide

Avoir recours à la difficulté peut nous faciliter la vie

Pour conclure, oser dire à voix haute « j’ai besoin d’aide » est parfois plus difficile que ce que nous aimerions. Cependant, le simple fait d’effectuer la demande pour couvrir ce besoin est un grand pas.

Chercher ce soutien spécialisé qui nous permette d’initier le changement peut être l’une des meilleures décisions. Que nous le souhaitions ou non, parfois nous ne pouvons pas tout assumer seuls. A certains moments, la thérapie devient le meilleur chemin vers une nouvelle étape de nos vies.