Il est plus facile d’élever des enfants forts que de réparer des adultes brisés

· 20 juin 2016

Les émotions jouent un rôle important à l’heure de transformer les enfants en adultes heureux et épanouis. 

Cependant, si le développement émotionnel d’un enfant n’est pas bon, il a de fortes chances de souffrir de divers problèmes personnels et sociaux tout au long de son existence.

C’est de cette manière que l’on élève des enfants vulnérables au lieu d’enfants forts.

Être responsable de l’éducation émotionnelle d’un enfant n’est pas une tâche aisée.

Faire comprendre à un enfant que les sentiments ont autant de nuances de couleurs que l’arc-en-ciel même s’ils ne les voient pas peut parfois être très compliqué.

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La conscience émotionnelle comme base de la force infantile

La conscience émotionnelle est le meilleur moyen de changer notre vie.

Nous devons être comprendre et bien appréhender tout ce qui nous provoque des sentiments frustrants et négatifs, ou au contraire positifs et plaisants, pour pouvoir trouver une manière de les susciter, de les comprendre ou de les contrôler.

Si nous parvenons à transmettre cela à nos enfants, à ces futurs adultes, ils deviendront capables d’avoir des sentiments sur leurs propres sentiments, c’est-à-dire qu’ils deviendront des personnes fortes.

Même si cela peut paraître redondant, il est important que nous soyons des habiles communicants émotionnels pour fortifier notre moi interne et social.

Apprendre à nos enfants à observer, à communiquer et à étudier leurs émotions va les aider dans leur développement personnel et dans leur réussite future. De fait, nous devons éviter à tout prix de les rendre sensibles aux conflits avec les autres.

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L’importance de la communication émotionnelle

Un bon exemple sur ce qu’implique l’acquisition de la capacité à éduquer des enfants forts est ce texte que l’on retrouve dans le livre « L’intelligence émotionnelle pour les enfants » de Shapiro Lawrence :

Martin est un enfant de 6 ans dont les parents étaient en train de traverser un processus de divorce particulièrement nocif. Le père de Martin demanda que son fils vienne le voir à Boston tous les week-end, tandis que sa mère aurait sa garde durant toute la semaine à Richmond, en Virginie. Martin ne dit quasiment rien durant le premier voyage de deux heures et demi vers Boston. Il demanda à aller se coucher directement après ce périple en avion, puis adopta systématiquement le même comportement, qu’il arrive chez son père ou chez sa mère. Après les deux premiers mois de cet arrangement, Martin commença à se plaindre de maux d’estomac et sa maîtresse signala qu’il ne parlait quasiment à personne à l’école. 

Durant l’audience relative à la garde, l’avocat de Martin lui demanda : 

-Comment te sens-tu par rapport au fait d’aller voir ton père tous les week-end ? 

-Je ne sais pas, répondit Martin.

-Bien. Es-tu content de voir ton père lorsque tu arrives à Boston ? lui demanda son avocat, en contrôlant ses propres émotions et en essayant de ne pas orienter Martin vers l’une ou l’autre des réponses.

-Je ne sais pas, répondit à nouveau Martin, sur un ton monotone et à peine audible.
-Qu’as-tu à me dire sur ta mère ? Es-tu content de vivre avec elle durant la semaine ? lui demanda l’avocat, en se rendant compte qu’il n’obtiendrait qu’une seule et même réponse durant toute l’audience.

-Je ne sais pas, rétorqua Martin une fois de plus, et rien dans son comportement ne suggérait qu’il le savait.

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Si nous privons nos enfants d’un développement émotionnel normal, nous allons entraîner chez eux l’incapacité à comprendre et à évoluer en accord avec leurs sentiments et leurs émotions.

Comme nous l’avons vu clairement dans l’exemple ci-dessus, ces comportements provoquent une grande souffrance chez les enfants, que nous ne devons pas permettre.

La capacité d’un enfant à traduire ses émotions en paroles est indispensable pour qu’il puisse satisfaire ses besoins les plus primaires.

Si nous apprenons à nos enfants à s’exprime émotionnellement, ils vont devenir petit à petit des enfants forts et équilibrés.

Les mots qui décrivent les émotions sont directement connectés avec les sentiments et l’expression physiologique et émotionnelle de ceux-ci (par exemple, un enfant doit savoir que l’angoisse est associée à l’accélération du pouls, à l’augmentation de la pression sanguine et à une grande tension dans le corps).

Cultiver le langage émotionnel

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Si les enfants grandissent dans un univers qui réprime leurs sentiments et qui évite la communication émotionnelle, il est probable qu’ils deviennent des personnes muettes émotionnellement.

Si nous pouvons apprendre le langage de nos émotions à n’importe quel moment de notre vie, les personnes qui le parlent depuis leur plus tendre enfance s’expriment avec plus de clarté et démontrent davantage de compétences émotionnelles et sociales en parlant.

Cela leur ouvre plus facilement les portes du succès et de la réalisation de leurs objectifs.

Nous avons donc tous l’obligation morale d’essayer de cultiver cet aspect vital chez nos enfants, car il est bien plus aisé d’élever des enfants forts que de réparer des adultes brisés par la solitude, l’absence de confiance en eux et le désamour envers leur propre personnalité et envers la société toute entière.

Images de Claudia Tremblay et Karim Taylor