Grit, passion et persévérance pour atteindre le succès

· 24 décembre 2018
La théorie de Grit prône l'idée selon laquelle le succès est à la portée de tous et de toutes.

Le succès est-il inné ou appris ? C’est une des questions au centre de la théorie du Grit, développée par l’auteure américaine Angela Duckworth. Cette théorie tente de fomenter le développement personnel au travers de la passion et de la persévérance, lorsque l’on poursuit un objectif de vie.

Les idées construisant cette philosophie sont présentées dans son livre Grit : le pouvoir de la passion et de la persévérance (dont le titre original en anglais est Grit: the power of passion and persévérance). Suite à la publication de cet ouvrage, de nombreux journaux et revues américains ont encensé les idées proposées par l’auteure. C’est ainsi que ce phénomène s’est répandu dans le monde. Ce qui a donné lieu à un grand intérêt pour les principes du Grit et la psychologie du succès.

Les débuts de la théorie du Grit

Au cours de l’été 2004, Angela Duckworth était la professeure de plus de mille jeunes cadets de l’Académie militaire de West Point, aux Etats-Unis. Ces jeunes étaient en première année dans cette académie, que l’on connaît sous le nom de Beast Barracks (« baraquements de la bête », littéralement en français), pour la dureté des épreuves y étant proposées. Et ce aussi bien au niveau physique qu’an niveau théorique.

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Tout au long de cet entraînement de sept semaines, les cadets travaillaient pendant 17 heures d’affilée. Ces épreuves faisaient office de filtre et permettaient aux recruteurs de sélectionner uniquement les candidats les plus aptes, laissant ainsi de côté des centaines de cadets. Face à cette situation, l’auteure a voulu savoir quelles étaient les qualités qui caractérisaient les nouvelles recrues. Et qui avaient pu déterminer leur succès au cours des épreuves.

C’est pourquoi Duckworth a conçu un test qui s’éloignait des méthodes d’évaluation plus traditionnelles. Elle voulait en effet tenter de mesurer les habilités de leadership et de rendement physique ainsi que la volonté de persévérer et d’atteindre des objectifs sur le long terme. C’est cela, précisément, que l’auteur appelle Grit. Au travers de ses études, Duckworth a atteint un degrés de prédiction très haut, qu’elle a utilisé plus tard comme référence pour son oeuvre future.

Les fondements de la théorie du Grit

Pour Angela Duckworth, ni l’éducation, ni l’intelligence, ni la situation familiale ni le niveau financier ne sont des facteurs qui déterminent le succès. Bien sûr, tout cela influe sur la trajectoire personnelle et professionnelle d’une personne. Mais selon l’auteure, ce qui compte réellement, c’est le caractère. Le célèbre journal The New York Times a simplifié ce concept en quelques mots, avec une sorte d’équation : « Talent + Effort = Habilité. Habilité + Effort = Succès ».

En d’autres termes, un des principes de la théorie du Grit est que « l’effort vaut pour deux ». Si bien que la persévérance sera le facteur déterminant au moment d’atteindre n’importe quel objectif. Par conséquent, toute personne, indépendamment de sa situation, peut apprendre et développer n’importe quelle qualité, si tant est qu’elle fasse les efforts suffisants pour y arriver.

Le Grit tent de prédire le succès de manière plus fiable. Et cela dépasse même le quotient intellectuel. Cette théorie défend ainsi l’idée selon laquelle le talent s’apprend. Et qu’il n’est pas inné. Selon l’auteure, le cas échéant, nous cesserions de lutter pour atteindre un objectif puisque nous le considérerions comme impossible. Ainsi, le Grit invite quiconque le désire à suivre ses principes, et à faire preuve d’espoir et de résilience.

D’un autre côté, Juan Carlos Cubiero, un des meilleurs experts en développement de talent, de leadership et de coaching pour les professionnels, affirme qu’il existe quatre ingrédients fondamentaux pour cultiver le Grit : intérêt, pratique, but et espoir.

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La validité du Grit

Malgré tout cela, les discours d’Angela Duckworth ne semblent pas avoir une grande profondeur. Sa théorie peut ressembler à d’autres idées très répandues aujourd’hui, telles que « la culture de l’effort ». Par conséquent, les idées de l’auteure ont éveillé des débats au sein de la société américaine quant à son aptitude et son effectivité. Et d’autant plus au moment d’instaurer ces principes à l’école.

De plus, la théorie de Duckworth a été taxée à plusieurs reprises d’élitiste et de raciste, puisque l’auteure a mené à bien son étude auprès de groupes privilégiés, au sein de l’Université de l’Ivy League ou encore à l’Académie de West Point précédemment citée dans cet article. Par conséquent, de prime abord, les idées de Duckworth peuvent semblent très attirantes, mais finalement, seules certaines personnes partant déjà d’une bonne situation peuvent les appliquer. Et cela irait à l’encontre des bases mêmes du Grit, selon lesquelles le succès est à la portée de tous.