Dites-moi ce dont vous êtes fier et je vous dirai ce qui vous fait défaut

· 19 septembre 2016

Le proverbe dit : “Dis-moi ce dont tu es fier et je te dirai ce qui te fait défaut” pour synthétiser ces situations au cours desquelles une personne s’attribue une qualité, mais finit par faire preuve du contraire.

Dans ce cas, ce dont on “fait étalage” est un trait ou un attribut que l’on s’attribue à soi-même.

Ça ne veut pas dire qu’une personne qui parle fièrement de ce qu’elle est et de ce qu’elle a fait est toujours porteur de cette logique.

Ce qui trahit l’existence de ce mécanisme de se vanter de ce qui nous fait défaut est le fait qu’il y a “un plus” dans une telle attitude.

On met trop l’accent sur cela et trop fréquemment. On porte ça comme un étendard. Il y a une exagération un peu trop notoire.

En réalité, quand on est plongé dans ce mécanisme, on n’en est pas conscient. Au contraire.

La personne croit vraiment que promouvoir certaines idées ou valeurs, en se servant d’elle-même comme d’un modèle pour vanter cela, est une authentique croisade.

Au fond, son intention n’est pas tant de convaincre d’autres personnes que de se persuader elle-même que cela est vrai.

Elle essaie tout le temps de prouver ce qu’elle met en avant par des actions et des arguments concrets.

Vous affichez trop ce que vous voudriez être, mais que vous n’êtes pas

Celui qui semble être un charlatan qui se vante plus que ce qu’il fait en réalité est en fait une personne piégée dans la cadre d’un mécanisme de défense.

Un tel mécanisme est aussi appelé une “formation réactive” et consiste à mettre en marche un comportement pour éviter un désir réprimé.

En d’autres termes, la personne souhaite quelque chose qui lui paraît peu convenable. Et pour se défendre de cette impulsion inconsciente, elle commence à agir en se forçant à faire tout le contraire.

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Les exemples ne manquent pas. C’est le cas de ceux qui veulent manger jusqu’à en être écœurés, mais qui croient que ce désir est blâmable parce qu’ils peuvent grossir et être rejetés.

Ils font alors ardemment la promotion de régimes et se montrent dégoûtés de la malbouffe.

Ou bien il y a des gens qui ont des gros désirs sexuels, mais qui les considèrent comme immoraux et font alors l’apologie de la chasteté, tout le contraire.

On voit plus fréquemment le cas des personnes qui font preuve de grandes attentions face à quelqu’un qu’au fond, elles détestent ou méprisent.

Ce n’est pas que la personne mente ou fasse semblant délibérément, mais qu’elle est incapable de reconnaître ses propres sentiments à cause d’une censure morale qu’elle s’impose à elle-même.

La formation réactive peut être dirigée sur un aspect spécifique, comme l’ordre ou l’hygiène, par exemple. Mais elle peut aussi devenir un modèle de conduite qui s’installe dans la structure de la personnalité.

Dans ce cas, il y a une espèce de “fausse personnalité” qui impose que toutes les actions d’un individu soient effectuées dans le but de conserver son masque.

Ce sont le genre de personnes à qui on dit : “Tu n’es pas celui que tu prétends être”.

Vous vous vantez pour vous défendre de vous-même

Ce qui entrave l’expression du désir est une conscience morale extrêmement rigide, ou un commandement externe que vous avez peur de transgresser.

Voilà pourquoi vous prétendez être quelqu’un que vous n’êtes pas, sans que ce soit réellement votre intention.

Ce qui vous permet d’identifier qu’un mécanisme de formation réactive s’est mis en marche est le caractère emphatique ou exagéré des mots ou des actions.

Les “non” trop catégoriques, ou les “oui” particulièrement soulignés sont des signes qu’il y a un désir caché qui oriente vers le contraire.

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Actuellement, les réseaux sociaux se font véritablement l’écho de ce mécanisme. 

On dirait parfois qu’ils ont été précisément conçus pour que chacun s’efforce d’être “quelque chose” qu’il n’est probablement pas.

Vous exhibez des photos souriantes, alors que vous n’êtes pas aussi heureux que vous le laissez apparaître.

Vous affichez vos voyages, votre nouveau travail, vos conquêtes, mais il y a forcément quelque chose de faux quand vous avez besoin que d’autres soient au courant de tout cela.

Les formations réactives peuvent donner lieu à une personnalité obsessive.

Vous prétendez être quelque chose que vous n’êtes pas, ou penser quelque chose que vous ne pensez pas, et pour conserver cette auto-supercherie, vous devez tout le temps être en alerte.

La situation peut devenir étouffante, parce que le désir contenu se retournera une fois après l’autre, et vous vous sentirez harcelé à cause de ça.

Dans cette volonté de contrôler le désir inconscient que vous ne voulez pas accepter, vous pouvez être amené à ressentir une grosse dose d’angoisse.

Cela peut générer une énorme tension intérieure, entre ce que vous vous efforcez d’exprimer et le gros effort que vous devez faire pour tout garder sous contrôle.

Dans ces conditions, votre force peut être diminuée et vous pouvez développer des comportements compulsifs.

C’est pourquoi vous ne devez pas oublier que les désirs sont indépendants de ce que l’on laisse apparaître. Dites-vous qu’ils ne deviennent inoffensifs que quand vous les reconnaissez.

Puis, c’est vous qui décidez, consciemment, si vous devez les assouvir ou non.