Dites adieu à votre anxiété avec le mindfulness

30 mai 2017 dans Psychologie 456 Partagés

L’être humain a la capacité de faire l’expérience d’un type de peur différent de celui des autres animaux : la peur psychologique. Sa grande particularité est qu’elle n’a rien à voir avec un danger réel, objectif ou immédiat. Le mindfulness peut nous aider à surmonter cette peur psychologique.


La peur psychologique fait toujours référence à quelque chose qui pourrait se passer ou à quelque chose qui s’est passé et qui pourrait recommencer. Elle ne se réfère pas à quelque chose qui se produit au moment même.


L’organisme de la personne qui en souffre se trouve dans le « ici et maintenant ». Cependant, son esprit est déjà dans le futur en anticipant des réalités possibles ou des répétitions de réalités passées.

Le mindfulness et la maladie de la pensée

La maladie de penser est un état non-coordonné de l’esprit et du corps. Les pensées vont d’un côté, les émotions d’un autre et les sensations physiques vont dans une troisième direction. Avec le mindfulness, nous essayerons de coordonner ces éléments pour qu’ils atteignent une harmonie parfaite.

Pour l’expliquer simplement, il ne s’agit pas seulement de ne pas être dans le présent : nous vivons en étant fragmentés. Notre perception de la réalité est divisée et c’est ainsi qu’apparaît immanquablement la distorsion. Les biais de l’attention et de l’interprétation viennent ensuite, pour finalement laisser place à une pathologie anxieuse.

L’esprit de la personne anxieuse a une vie propre, une vie séparée du corps et de la réalité objective. L’esprit anxieux vit pour éviter le danger futur. Et ceci à un point tel que l’organisme finit par souffrir de différents troubles de l’anxiété.


La maladie de penser est un état non-coordonné de l’esprit et du corps. Les pensées, les émotions et les sensations physiques se trouvent à des « fréquences » différentes.


L’anxiété comme évitement expérientiel dans le mindfulness

La manière particulière dont se comportent les personnes qui souffrent d’anxiété s’appelle (en termes de mindfulness) « évitement expérientiel ». L’évitement expérientiel se produit quand une personne ne veut pas rester en contact avec des expériences déterminées (sensations corporelles, émotions, pensées, souvenirs…) ; la personne altère donc la fréquence et la forme de ces événements ainsi que les contextes qui les produisent.


L’évitement expérientiel ne nous permet pas de rester en contact avec des expériences déterminées et nous altérons la forme de ces dernières. Cela contribue au développement et au maintien des troubles de l’anxiété.


De tels efforts pour éviter ces expériences conduisent directement à l’effet inverse. Ils ne font que les exacerber jusqu’à ce que la personne se sente encore plus hors de contrôle. Ainsi, les personnes avec un patron d’évitement expérientiel auront beaucoup plus de probabilités de développer davantage de peur.

Elles fuiront également davantage face à une crise de panique inattendue que les personnes qui acceptent mieux leurs expériences internes. La suppression de pensées et de sentiments contribue clairement au développement et au maintien du trouble de l’anxiété généralisé, des phobies spécifiques et du trouble de stress post-traumatique.

Application clinique du mindfulness dans le traitement des troubles de l’anxiété

Les caractéristiques les plus importantes, communes à tous les troubles de l’anxiété et vers lesquelles se dirige directement la pratique du mindfulness, sont :

  • L’évitement comportemental ou expérientiel (que nous avons déjà expliqué précédemment).
  • Une rigidité cognitive (ou, ce qui revient au même, avoir tendance à toujours penser de la même manière et à ne pas envisager d’alternatives).
  • Un répertoire rigide de réponses (faire toujours la même chose, en restant immobiles).

Comment le mindfulness peut-il nous aider à réduire les effets de l’anxiété

La guérison de l’anxiété par le mindfulness est un processus qui consiste à unir. Pour que cela se produise, toutes les parties séparées et isolées ou niées doivent être intégrées dans la conscience. Le mindfulness s’appuie sur trois objectifs fondamentaux pour le traitement de l’anxiété :

  • Etendre notre prise de conscience sur nos expériences. Il s’agit d’observer nos réponses émotionnelles avec une plus grande clarté et d’être davantage conscient des actions externes et internes d’évitement que nous menons pour contrôler l’anxiété.
  • Provoquer un changement radical d’attitude vitale. Nous essayerons de changer notre attitude mentale, beaucoup trop critique et sujette au contrôle, contre une attitude amoureuse, pleine de compassion et non pas de jugement. Nous accepterons les contenus, quels que soient leurs signes.
  • Améliorer notre qualité de vie en général. Nous nous concentrerons sur la flexibilité cognitive et nous nous impliquerons complètement dans notre présent vital pour provoquer des changements qui enrichiront notre vie.

Le traitement de l’anxiété par le mindfulness consiste à unir. Les parties séparées et isolées ou niées doivent être intégrées dans la conscience et, pour cela, nous nous concentrons sur trois objectifs fondamentaux.


Que pouvons-nous atteindre à travers la pratique continue du mindfulness ?

La pratique continue du mindfulness peut être vue comme le suivi de trois processus qui se développent progressivement :

  • Se rendre compte de tous les contenus internes avec une lucidité intense.
  • Elargir la vision que nous avons de nous-mêmes et visualiser avec profondeur ce qui nous arrive et les causes de ces événements.
  • Permettre consciemment, et non pas bloquer, les phénomènes de pensées, d’émotions, de souvenirs, de sensations, d’images, etc.

La dissolution naturel de ces contenus finira par se produire. Ce cycle de dissolution naturelle est comme celui de tout être vivant. Les contenus apparaissent devant notre conscience observatrice, se développent et meurent.

C’est pour cela que la pratique du mindfulness nous aide à voir comment nos pensées, nos émotions et nos sensations changent rapidement. Nous nous rendons compte qu’il n’y a aucun moyen de maintenir et de fixer les états de « plaisir » et d’écarter définitivement les états de « non-plaisir ».


Le cycle de dissolution naturelle d’une pensée est comme celui de tout être vivant. Les contenus apparaissent, se développent et meurent.


Exposition Mindful ou cesser d’échapper à ce qui nous fait peur

Dans l’exposition du mindfulness, nous utilisons le même principe que celui de « l’exposition avec prévention de réponse » que l’on utilise dans la thérapie comportementale cognitive. Nous nous rapprochons de ce qui nous fait peur et nous restons là jusqu’à ce que l’anxiété diminue et disparaisse.

L’observation soutenue, sans jugement, des sensations liées à l’anxiété, sans essayer d’y échapper ou de les éviter, peut réduire la réactivité émotionnelle. En général, le mal-être émotionnel se ressent comme étant moins intense. Moins menaçant également, dans un contexte d’acceptation, car il change le sens subjectif. Cela peut mener à une amélioration de la tolérance face aux affectations et aux situations aversives.

Ainsi, à travers le mindfulness, nous pouvons délibérément générer une situation anxiogène et pratiquer cette habitude d’être présent-e avec elle. Cela augmente notre capacité à la supporter. Nous savons que l’anxiété requiert de la résistance pour être maintenue et pour grandir. Le défi consiste à l’observer et à être suffisamment présent-e avec elle.

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